La proposition du patronat (Medef) de créer un contrat à durée indéterminée (CDI) pouvant être rompu plus facilement pour lutter contre le chômage des jeunes "n'est pas à l'ordre du jour" des travaux du gouvernement, a appris l'AFP lundi auprès de Matignon, confirmant une information du Parisien.
"La priorité du Premier ministre, c'est que les négociations des partenaires sociaux en cours sur les ruptures conventionnelles se terminent", a ajouté la même source. "L'urgence est de faire atterrir les négociations".
Syndicats et patronat ont entamé en janvier une négociation, à la demande du gouvernement, pour chercher 400 millions d'économies sur l'indemnisation des salariés ayant conclu une rupture conventionnelle. Elle doit se conclure fin février.
Le Medef reste absent par ailleurs de la conférence Travail Emploi Retraites, initiée elle aussi par le gouvernement, qui s'est fixé vendredi un programme de travail jusqu'au mois de juin, pour dégager non pas un accord mais des "points de convergence".
La proposition du Medef a suscité le courroux de la CGT et du syndicat étudiant Unef, qui a brandi la menace d'une "mobilisation massive" contre cette demande patronale.
Selon des documents remis mercredi aux organisations syndicales, à l'occasion d'une autre réunion entre patronat et syndicats, et consultés par l'AFP, le Medef a proposé la création d'un CDI "pouvant être rompu sans motif pendant les premières années", avec "une indemnisation croissante en lien avec l'ancienneté du salarié en cas de rupture".
Ce dispositif comporte des similitudes avec le "contrat première embauche" (CPE), créé en 2006 par Dominique de Villepin alors Premier ministre, qui avait généré une mobilisation historique et amené le gouvernement à le supprimer avant son application.
La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, le 2 décembre 2025 lors d'une manifestation à Paris
Dimitar DILKOFF - AFP/Archives
"C'est une déclaration de guerre contre les jeunes et les salariés",a estimé lundi sur France 2 la patronne de la CGT Sophie Binet, en accusant le patronat de n'avoir "d'autre horizon à proposer aux jeunes que la précarité à vie".
Le président du Rassemblement national Jordan Bardella sur BFMTV y voit un "nivellement vers le bas" et propose plutôt de "revaloriser de manière significative l'apprentissage et les savoirs manuels".
"Aujourd'hui, il n'y a pas de système qui fonctionne", a redit sur RMC Fabrice Le Saché, vice-président du Medef, qui évoque une "piste de réflexion" visant à remettre les jeunes dans l'emploi.
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