Alors que les prix de l’essence et du gazole s’envolent dans les stations-service, le superéthanol E85 résiste. Au micro de Laurence Péraud et Jean-Luc Moreau dans On parle Auto, Nicolas Kurtsoglou, ingénieur responsable carburants chez Bioéthanol France, revient sur cette stabilité surprenante, sur fond de fortes tensions sur les marchés de l’énergie.
Une hausse limitée face à l’explosion des carburants
Le contraste est net, en quelques jours, les prix des carburants fossiles ont fortement augmenté, quand le superéthanol E85 reste presque inchangé. "Deux centimes, entre le 27 février et le 13 mars donc sur les deux premières semaines en fait de mars on est passé de 75 centimes à 77 centimes, pour l'E85 donc 2 centimes seulement", détaille Nicolas Kurtsoglou, ingénieur responsable carburants chez bioéthanol. Dans le même temps, "le sans plomb E10 est à plus 16 centimes, et pour le gazole on est à plus 32 centimes". Cet écart s’explique en grande partie par l’origine des matières premières.
Augmentation du prix des carburants :
— Sud Radio (@SudRadio) March 21, 2026
Nicolas Kurtsoglou, (Bioethanol France) : « Sur les 2 premiere semaine de mars, pour le gazol on est a +32 centimes »
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Un carburant moins dépendant des tensions géopolitiques
Contrairement au pétrole, largement importé, le bioéthanol repose sur des ressources agricoles produites en grande partie en Europe. "Le jus de betterave ça passe pas par le détroit d'Hormuz", résume l’ingénieur. Une formule qui illustre une réalité : le bioéthanol est beaucoup moins exposé aux tensions internationales.
En France, il est principalement fabriqué à partir de betterave, de blé et de maïs. Une production majoritairement nationale, même si depuis 2022, la France est devenue importatrice nette pour répondre à la forte demande.
Un prix fixé différemment… et plus avantageux
Le prix du bioéthanol ne suit pas les mêmes règles que celui du pétrole. Il est en partie déterminé à l’avance, via des accords entre producteurs et distributeurs. "Le prix de l'éthanol sur l'année 2022 était fixé par le prix conclu fin 2021", explique Nicolas Kurtsoglou.
Même lors des périodes de hausse, l’avantage économique reste significatif. "En moyenne on est à 700 euros d'économie sur l'année 2025 (…) et forcément en ce moment on est à plus de 700 euros pour 13 000 kilomètres." Un argument de poids pour les automobilistes, dans un contexte de flambée des prix.
Un avenir lié à la réglementation
Enfin, Nicolas Kurtsoglou souligne que le développement du bioéthanol dépendra surtout de la visibilité donnée par la réglementation européenne, notamment sur les émissions de CO₂ et les motorisations autorisées après 2035. "Dire qu'après 2035 il n'y aura pas que des voitures électriques permettra de construire des nouvelles usines", explique-t-il.