Parlons Vrai chez Bourdin - Ukraine : Poutine menace, Biden répond : une escalade inquiétante ?

Guerre en Ukraine : Poutine menace, Biden répond. Bruno Tertrais, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), était l’invité de Jean-Jacques Bourdin sur Sud Radio dans "Parlons Vrai chez Bourdin".

Bruno Tertrais Bourdin
Bruno Tertrais, invité de Jean-Jacques Bourdin sur Sud Radio le 22 février.

Intense activité diplomatique autour de l'Ukraine depuis le 21 février. Après Vladimir Poutine, qui s'est exprimé mardi 21 février dans la matinée pour son discours annuel à la nation russe, le président américain a pris la parole pour réaffirmer son "soutien" à l'Ukraine. "La soif de territoire et de pouvoir de Poutine le mènera à l'échec, l'Ukraine l'emportera" a affirmé Joe Biden à Varsovie.

 

Ukraine : "La Russie a choisi de provoquer quelque chose qui ressemble à une nouvelle guerre froide"

Joe Biden rencontre les 9 dirigeants des pays d'Europe centrale et de l'Est membres de l'Otan. Il réitère son soutien à l'Ukraine. "Biden a réussi une très belle manœuvre diplomatique", explique Bruno Tertrais. "Cet homme qui va probablement se représenter à la présidence surprend son monde avec un voyage historique. C'est une marque de confiance pour un président américain d'aller dans un pays en guerre jamais vue". Par ailleurs, "la Pologne est en train de devenir ce qu'était l'Allemagne au temps de la guerre froide. L'avant-poste de l'Europe et du monde occidental. Elle est protégée par l'Amérique et a besoin d'être rassurée. Biden a dit 'l'Amérique sera toujours avec vous'".

"On mesure plus que jamais l'opposition entre les États-Unis et la Russie", souligne Jean-Jacques Bourdin. "On la sentait monter depuis une bonne dizaine d'années", confirme Bruno Tertrais. "La Russie a choisi de provoquer quelque chose qui ressemble à une nouvelle guerre froide pour l'Europe de l'Est et orientale. Vladimir Poutine est un homme de la guerre froide. Il y a un confort politique pour lui à se dire que c'est de nouveau le monde contre nous. Ça le conforte intérieurement, malgré l'échec militaire patent". Sur le discours de Vladimir Poutine, "c'était quasiment un discours soviétique !" estime Bruno Tertrais. "On avait l'impression d'être dans les années 1970".

 

Bruno Tertrais : "Les milices russes réussissent 'mieux' que l'armée classique"

La situation est figée aujourd'hui militairement et diplomatiquement. "D'autant plus que Vladimir Poutine a coupé le dernier lien qui reliait l'Amérique à la Russie. Le dernier canal de dialogue qui est celui du contrôle des armements nucléaires". Pour autant, "on ne va pas se diriger vers une nouvelle course aux armements nucléaires comme au temps de la guerre froide". "Il n'y a pas d'escalade nucléaire", assure Bruno Tertrais. "Ni les États-Unis ni la Russie n'en ont les moyens". Il en souligne toutefois la "portée symbolique", "puisque c'était le dernier canal permanent entre Américains et Russes".

Bruno Tertrais revient sur le groupe Wagner, milice russe privée, déployé dans plusieurs pays d’Afrique et présent sur le front en Ukraine. "Ces milices sont très utiles pour le Kremlin mais il ne faut pas non plus qu'elles prennent trop de place. Si elles donnent l'impression d'être plus efficaces que l'armée régulière, c'est un camouflet pour Poutine lui-même. C'est un jeu compliqué entre le ministre de la Défense et Poutine, il y a une part de théâtre. Les milices sont importantes pour la Russie en Ukraine, car elles réussissent 'mieux', avec d'énormes pertes humaines, que l'armée classique. Son chef Prigojine est quelqu'un qui compte mais ça ne veut pas dire qu'il va renverser Poutine du jour au lendemain". "En grand classique des régimes autoritaires, Poutine a organisé la rivalité entre ses services".

 

 

 

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Retrouvez "Parlons Vrai chez Bourdin" du lundi au vendredi de 10h30 à 12h30 sur Sud Radio et en podcast.

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