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Bombe sale : "les accusations russes sont complètement fantaisistes" assure Olivier Lepick

Une bombe sale utilisée par les Ukrainiens ? Olivier Lepick, spécialiste des armes chimiques, était l’invité de Jean-Jacques Bourdin sur Sud Radio le 25 octobre 2022 dans "Parlons Vrai chez Bourdin". 

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"Parlons Vrai chez Bourdin" du lundi au vendredi de 10h30 à 12h30 sur Sud Radio et en podcast.

"Parlons Vrai chez Bourdin" : La Russie a déclaré que l’Ukraine préparerait une attaque avec une bombe sale. Des accusations sans preuve qui posent de nombreuses questions, notamment sur le plan militaire.

 

"Parlons Vrai chez Bourdin" : une bombe sale est un "dispositif explosif relativement rudimentaire"

Olivier Lepick, spécialiste des armes chimiques, explique qu’une bombe sale est un "dispositif explosif relativement rudimentaire", à ne pas confondre avec une bombe atomique. Il est "composé d’un explosif conventionnel qui est couplé à des matières radioactives". Ces matières sont "dispersées lors de l’explosion" afin de "contaminer une cible, une zone". "L’effet de ce type de bombe est restreint, c’est quelques centaines de mètres carrés, quelques kilomètres au maximum."

Le spécialiste tient à rassurer : "on est très loin de la capacité de destruction d’une arme atomique". "C’est même incomparable en termes de capacité de destruction." Il n’y a pas de "destruction massive" avec les bombes sales.

Selon lui, "c’est plutôt une arme de terreur", notamment contre "les populations". "D’ailleurs, son emploi n’a jamais été envisagé dans le cadre d’un conflit inter-étatique." Olivier Lepick est formel : "en général, on évoque les bombes sales plutôt dans un cadre terroriste".

 

"Aucun intérêt militaire, tactique ou stratégique sur un champ de bataille comme celui de l’Ukraine".

Les bombes sales ont pour effet premier de répandre des particules radioactives. Dans l’atmosphère, en premier lieu, "et ensuite l’objectif c’est qu’elles retombent au sol", souligne Olivier Lepick. La bombe sale va donc rendre cette zone "dangereuse pour la population qui y vit". Le risque pour la population peut durer des mois, voire des années. "Avec des matières très radioactives, ça peut rendre des zones inhabitables."

Quant au nombre de victimes, il est "très compliqué à évaluer", souligne le spécialiste des armes biologiques. En effet, il s’agit d’effets "induits" de l’exposition à la radioactivité. Or, "on imagine évidemment que les populations seraient très rapidement évacuées" de la zone touchée par la bombe sale. Les effets induits "pourraient prendre plusieurs semaines voire années" à se manifester. La bombe sale n’est pas "une arme à impact immédiat, c’est une arme à impact différé", précise Olivier Lepick.

 

La nature de la bombe sale fait qu’elle n’a "aucun intérêt militaire, tactique ou stratégique sur un champ de bataille comme celui de l’Ukraine". De fait, pour Olivier Lepick, "les accusations russes sont une nouvelle fois complètement fantaisistes".

Toutefois, la bombe sale est "assez facile à fabriquer". Elle ne demande, en réalité, que de l’explosif conventionnel et des "substances radioactives". Et ces dernières sont légion : déchets industriels, déchets biologiques… Or, si c’est compliqué de mettre la main sur ce type de substances, "ce n’est pas insurmontable, en particulier pour un État".

 

L’accusation de la Russie concernant la bombe sale de l’Ukraine "ne repose sur rien"

La Russie avait déjà fait planer l’ombre de la bombe sale lors du conflit en Syrie en 2018. Pour Olivier Lepick, dans le cadre de la guerre en Ukraine, les deux pays se sont "accusés mutuellement d’un certain nombre de forfaitures".

L’accusation de la Russie concernant la bombe sale de l’Ukraine "ne repose sur rien", analyse le spécialiste des armes chimiques. Les Russes n’ont donné "absolument aucun détail : c’était vraiment extrêmement liminaire, voire mystérieux". Pour Olivier Lepick, le but est de "détourner l’attention" concernant les difficultés de l’armée russe en Ukraine.

 

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Retrouvez "Parlons Vrai chez Bourdin" du lundi au vendredi de 10h30 à 12h30 sur Sud Radio et en podcast.

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