Face aux marques historiques françaises et européennes, les constructeurs chinois multiplient les innovations pour s’imposer sur le marché automobile. Xpeng fait partie des acteurs qui proposent au grand public de découvrir la conduite autonome directement dans les rues de la capitale.
« On a décidé de proposer ces tests au grand public, pas uniquement à la presse », explique Thomas Rodier, directeur marketing France de Xpeng, au micro de Sud Radio. Entre les feux de circulation, les vélos, les trottinettes et les comportements parfois imprévisibles des usagers, Paris constitue un terrain d’essai exigeant. « Ça montre bien que c’est l’anarchie dans la ville, en fait, et qu’à un moment donné il va falloir réguler », souligne Sylvain Reisser, rédacteur en chef adjoint du service Auto du groupe Figaro.
De l’autoroute aux rues de Paris, jusqu’où peut aller la conduite autonome ?
Derrière le terme de conduite autonome se cachent plusieurs niveaux d’automatisation. Les systèmes de niveau 2 permettent déjà de maintenir une trajectoire ou d’adapter la vitesse, mais le conducteur doit rester attentif et surveiller la route. Le niveau 3 va plus loin : dans certaines conditions définies, le véhicule peut prendre en charge la conduite, même si le conducteur doit pouvoir reprendre le contrôle. Le niveau 4 permet, quant à lui, de rouler sans intervention humaine dans un domaine d’utilisation précis, comme certains services de robotaxis.
🗣️ Thomas Rodier, Directeur marketing France de Xpeng : « Le niveau 3, c'est la capacité d'une voiture à se mouvoir dans la ville, mais les conditions de circulations parisiennes sont affreuses » #OnParleAuto ☎️ 0 826 300 300 📻 https://t.co/y4VcQ5a6lt https://t.co/BBvYDphRLs
— Sud Radio (@SudRadio) October 17, 2026
Pour démocratiser ces technologies, Xpeng mise sur l’intelligence artificielle et les caméras. « C’est des technologies qui vont se démocratiser grâce à des solutions plus simples, grâce à des caméras sur les véhicules qui permettent, avec l’IA finalement, de rendre ces véhicules autonomes », avance Thomas Rodier. Le constructeur entend ainsi rendre ces fonctionnalités accessibles au plus grand nombre, sans recourir systématiquement à des équipements coûteux comme certains dispositifs LiDAR. Pour son directeur marketing France, la conduite autonome en ville représente une étape majeure : « C’est un vrai progrès dans l’automobile de pouvoir passer sur des phases de conduite autonome dans la ville. C’est ça la vraie révolution. »
Brouillard, fortes pluies : les limites persistent
Malgré ces avancées, les systèmes d’assistance restent dépendants des conditions dans lesquelles ils sont utilisés. Jean-Luc Moreau raconte notamment comment une voiture équipée d’un système semi-autonome s’est désactivée sur autoroute à cause du brouillard. « Au moment où on se dit : “Chouette ! Je vais avoir une technologie qui va me permettre de rouler dans le brouillard en sécurité”, vous avez la voiture qui vous dit : “Ah ben non, ça ne fonctionne plus parce que les conditions ne sont pas bonnes” », raconte-t-il.
Les fortes pluies peuvent également compliquer la détection de l’environnement. Thomas Rodier rappelle que la vigilance humaine reste indispensable : « Le brouillard, c’est les conditions… C’est mieux d’avoir les mains sur le volant et d’être bien concentré. » La conduite autonome ne signifie donc pas encore que l'on peut abandonner toute attention. Les véhicules doivent fonctionner dans les conditions prévues et le conducteur doit être en mesure de reprendre le contrôle lorsque cela est nécessaire.
« L’objectif zéro accident » : la promesse de Xpeng
Pour Xpeng, l’automatisation doit avant tout contribuer à améliorer la sécurité routière. Les aides au freinage d’urgence et les systèmes de détection sont déjà conçus pour prévenir certaines collisions. « Si on développe cette technologie-là, c’est vraiment cet objectif zéro accident », affirme Thomas Rodier.
Le constructeur met également en avant le stationnement automatisé, avec des manœuvres que le conducteur peut commander à distance depuis un smartphone ou une télécommande. Mais une question demeure : à mesure que les voitures prennent en charge davantage de tâches, les conducteurs risquent-ils de relâcher leur attention ? Pour Thomas Rodier, ces technologies doivent justement permettre de limiter les risques. « Les conducteurs ont déjà moins d’attention et c’est pour ça qu’on équipe autant nos véhicules avec des aides de freinage d’urgence, etc. », observe-t-il.
L’enjeu sera donc de trouver le bon équilibre entre assistance technologique et responsabilité humaine.
Xpeng veut démocratiser la conduite autonome
Arrivée sur le marché français en 2024, Xpeng revendique 100 points de vente dans le pays et plus de 10 000 véhicules vendus. La marque propose désormais cinq modèles, avec l'ambition de combiner technologies embarquées et tarifs plus accessibles.
Thomas Rodier cite notamment le L03, présenté à partir de 35 000 euros, qui doit bénéficier d’une évolution logicielle destinée à lui permettre d’accéder à des fonctionnalités de conduite autonome de niveau 3. Leur disponibilité effective dépendra toutefois des développements techniques et du cadre réglementaire.