Ancien gilet jaune, étudiant, lycéen, fonctionnaire, agriculteur, danseur ou encore tatoueuse : des manifestants aux profils variés se sont mobilisés samedi dans plusieurs villes de France contre la "vie chère" pour faire entendre leurs revendications.
- Raphaël, 19 ans, étudiant en droit à Paris
"L'idée n'est pas de passer par la violence mais qu'il y ait une sorte de sifflement continu, plus chiant à réprimer qu'à écouter". Vêtu de noir, devant la gare Montparnasse, il estime que "les lycéens ont eu plus d'effet que des syndicats qui sont là depuis deux siècles".
- Stéphanie Delbouys, éleveuse de chevaux
"Le gouvernement a vraiment désuni tout le monde", observe cette manifestante de 49 ans à Montauban. "En fait on revendique tous les mêmes choses. On n'a peut-être pas les mêmes idéaux politiques, mais on a le fond qui est exactement le même, et je pense que tant qu’on ne sera pas tous unis, on arrivera peut-être pas à faire bloc pour pouvoir survivre".
- Florine Pigny, 36 ans, tatoueuse dans le 93
"Depuis quelques décennies, petit à petit, un petit bout par-ci, un petit bout par-là, nos gouvernants grignotent nos services publics, alors que dans le même temps, les ultra-riches s'enrichissent toujours plus et proportionnellement payent beaucoup moins d'impôts". "Il y a plein d'ultra-riches qui pourraient participer davantage au bien commun et ils ne le font pas, dans un contexte où on devrait justement se concentrer sur la transition écologique".
Frédéric Bordes, 58 ans, agent hospitalier à Agen
"Ça fait bien longtemps qu'on a du mal à aller boire un café au bistrot, à se faire un petit resto, à aller dans une boutique avec ma compagne pour acheter une fringue neuve. J'ai vraiment l'impression que le salaire que je gagne en me levant à 5h du matin ou en rentrant à 23h chez moi le soir, je le mets dans la poche des pétroliers (…) Cette colère qui rejoint celle des lycéens est parfaitement légitime".
Valentin, élève de première dans un lycée à Guéret
"Ça fait plaisir de voir cette solidarité entre jeunes et adultes, même des retraités. On est tous dans la même galère. Peut-être que le gouvernement nous entendra en voyant que toutes les générations sont mobilisées. On n’est pas des casseurs mais on peut bloquer ".
- Sadok, 68 ans, danseur retraité à Rennes
"Oui je vais aller à la manif parce que là, ras-le-bol ! Ils sont tous en train de se gaver, ils sont en train de nous étrangler. J'espère qu'on va se mobiliser pour la bonne cause, pas pour foutre le bazar, mais pour faire prendre conscience aux élus et aux élites qu'aujourd'hui, on court à la catastrophe".
"Aujourd'hui les gamins n'ont pas d'avenir, je vous le dis franchement. Et attention, ça fait que commencer, parce qu'avec l'arrivée de l'IA là, tous les boulots qui vont être supprimés, vous allez voir !".
Franck, quadragénaire fonctionnaire à Guéret
"J’étais déjà là en 2018 et depuis, rien n’a changé sauf le prix du carburant qui a quasi doublé ! Le seul moyen de se faire entendre, c’est de bloquer le plus possible. Aujourd’hui, on a aussi les jeunes avec nous, on espère que ça va peser davantage (…) À la fin du mois, je n’ai plus rien, les prix augmentent mais pas les salaires. On n’en peut plus, on étouffe".
Julien Aurières (Coordination rurale):
"L'Etat nous abandonne, je pense que les étudiants c’est un peu la même chose (...) donc ils ont une crise sur l’avenir, ils ne savent pas où ils vont, il y a un mal-être général dans notre société", indique ce co-président de la CR 82, qui manifeste devant la préfecture du Tarn-et-Garonne à l'appel du syndicat agricole Coordination rurale (CR)
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AFP / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP
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