Voici les derniers développements de la journée de mobilisation contre la "vie chère", à l'appel notamment d'anciens gilets jaunes et de jeunes, qui est marquée dans plusieurs villes par des tensions et affrontements.
A six mois de la présidentielle, cet appel à faire renaître le mouvement des gilets jaunes de 2018/19, qui avait marqué le premier mandat du président Emmanuel Macron, a rencontré la protestation des lycéens et étudiants pour de meilleures conditions d'études.
Sur le site 17octobregiletjaune.net, les organisateurs s'adressent aussi aux habitants des quartiers, paysans, ouvriers ou retraités, invités à descendre dans la rue et sur des ronds-points ou autour de stations-services, de péages ou d'axes de circulation.
Une antenne de l'office du tourisme de Lyon incendiée
Une antenne de l'office du tourisme de Lyon a été saccagée et incendiée en marge du mouvement. Les pompiers ont été empêchés d'y accéder.
L'incendie volontaire est survenu sur un côté de la place Bellecour où des groupes de jeunes cagoulés lançaient des projectiles et des mortiers d'artifice contre les forces de l'ordre, qui ont répliqué par des gaz lacrymogènes et des grenades de désencerclement.
La police a par ailleurs fait usage d'un canon à eau face à des manifestants et des individus cagoulés.
Départ de la principale manifestation à Paris
La principale manifestation à Paris a débuté à l'heure prévue, 14h30, en dépit d'affrontements entre des centaines de personnes et les forces de l'ordre au centre de la capitale.
Ce cortège qui réunit des gilets jaunes, des lycéens et étudiants mais aussi des militants du climat ou des "antifascistes", doit rallier la place de Clichy plus au nord, un itinéraire autorisé par la préfecture de police.
Mais elle a interdit de manifester autour de plusieurs lieux de pouvoir (Elysée, Matignon) et de l'avenue des Champs-Elysées.
Plus de 130 interpellations à Paris
Les forces de l'ordre ont procédé à 133 interpellations à Paris, essentiellement pour "groupements en vue de commettre des violences ou dégradations", selon un bilan de la préfecture de police à 14H00.
La préfecture de police a fait valoir que depuis 13H00, place de la République, lieu de départ du cortège, plusieurs centaines de personnes violentes "essentiellement de l'ultragauche" s'étaient attaquées "directement aux forces de l'ordre" avec des jets de projectiles divers dont des pierres.
Il a été fait usage de lacrymogènes et d'un canon à eau pour "faire cesser ces actions violentes et permettre à d'autres manifestants d'accéder au cortège".
Des manifestants dans la mairie de Marseille
Plusieurs dizaines de manifestants ont pénétré brièvement dans le hall de la mairie de Marseille, renversant un buste de Marianne et cassant du mobilier, des violences face auxquelles le maire de la ville a indiqué avoir obtenu des renforts de forces de police après un échange téléphonique avec M. Macron.
Criant "c'est la Révolution, on prend la Bastille", les manifestants sont parvenus à forcer la double porte en bois de la mairie située sur un quai de l'emblématique Vieux-Port de la ville à l'aide de barrières de sécurité et à coups de pied.
Le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG), a "demandé des comptes" sur l'organisation du maintien de l'ordre.
Des "professionnels du chaos" selon Bardella
Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a estimé que "seuls les professionnels du chaos" étaient dans les rues et pas "la France du travail".
"La France du travail, qui subit de plein fouet l'inflation et les difficultés de pouvoir d'achat, n'est pas dans la rue aujourd'hui", a écrit M. Bardella.
"Comme toujours, l'extrême gauche de Jean-Luc Mélenchon, qui prône le désordre, est la meilleure alliée des macronistes pour discréditer toute revendication sociale", a accusé le leader d'extrême droite.
A Bordeaux, la manifestation dégénère en affrontements
La manifestation annoncée à Bordeaux a dégénéré rapidement en affrontements entre individus radicaux et forces de l'ordre.
Un cortège impressionnant de plusieurs milliers de personnes, mêlant étudiants, militants politiques et syndicaux et agriculteurs à de nombreux individus vêtus de noir et cagoulés scandant des slogans hostiles à la police, mais très peu de gilets jaunes, s'est élancé.
Mais le rassemblement a dégénéré rapidement en affrontements directs entre éléments radicaux et forces de l'ordre, avec jets de projectiles et tirs de grenades lacrymogènes.
"Revoir" la doctrine du maintien de l'ordre, pour Tondelier
La patronne des Ecologistes et candidate à la présidentielle Marine Tondelier a appelé le gouvernement à "revoir" sa doctrine du maintien de l'ordre.
"J'en ai ras-le-bol de la doctrine de maintien de l'ordre dans ce pays. Il faut la revoir et vite, parce que ça finit par être une atteinte aux libertés publiques. Et en plus, ça met tout le monde en danger, les manifestants et les policiers", selon elle.
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