Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon s'emparent des violences en marge des manifestations du 17 octobre: le candidat Inoumis dénonce la stratégie du maintien de l'ordre qui conduit, selon lui, au "désordre", quand la patronne du RN accuse LFI de "précipiter le pays dans le chaos".
À six mois de la présidentielle, la mobilisation sociale est plus que jamais un terrain d'affrontement entre les deux candidats, dont de récents sondages dessinent un possible duel au second tour.
"Les revendications sociales légitimes ont une nouvelle fois été prises en otage par l'extrême gauche", a accusé sur X Marine Le Pen, alors que de nombreux affrontements ont éclaté dans plusieurs villes de France en marge des manifestations.
- "Fascisme rouge" -
"Les discours des députés de Jean-Luc Mélenchon, en légitimant la violence, en considérant l'ordre comme une oppression et le désordre comme un droit, cherchent à précipiter le pays dans le chaos", a attaqué la favorite des sondages.
Le président du parti d'extrême droite, Jordan Bardella, a lui aussi fustigé les "professionnels du chaos", tandis qu'Éric Ciotti, allié du RN, a dénoncé la présence de ce qu'il qualifie de "fascisme rouge" dans les rues.
"Nous ne nous laisserons pas intimider", a assuré de son côté le premier ministre Sébastien Lecornu, mettant en garde, dans une allusion directe à LFI, ceux qui veulent faire des violences "un tour de chauffe" avant l’élection présidentielle, en avril prochain.
Contraste total de l'autre côté du spectre politique : Jean-Luc Mélenchon a défilé dans le cortège parisien qui a gagné dans le calme la place de Clichy. Tout sourire au passage de jeunes scandant des "Jean-Luc président".
Sur X, il a violemment critiqué la stratégie du maintien de l'ordre à Paris.
À Paris, "le désordre est organisé par le préfet qui interdit l'accès à la place de la République en gazant sans relâche", accuse-t-il. "L'affrontement semble être le but de cette stratégie de +maintien de l'ordre+. Lamentable".
- "Signal de renouveau" -
Il a aussi déploré les images de violences diffusées en continu sur les chaînes d'information et qui, à ses yeux, masquent le fond et la légitimité des revendications.
"Pendant que les chaînes d'info inondent d'images de violence dans des dizaines de villes, tout se déroule dans le calme avec des dizaines de milliers de gens calmement mobilisés", a-t-il assuré.
(g-d) Mathilde Panot, présidente du groupe parlementaire La France Insoumise - Nouveau Front Populaire, Jean-Luc Mélenchon, candidat de LFI à la présidentielle et Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, participent à une manifestation contre la vie chère, le 17 octobre 2026 à Paris
Matthieu RONDEL - AFP
Pour Jean-Luc Mélenchon, qui a fait de la jeunesse l'un des piliers centraux de sa stratégie électorale et soutient activement la mobilisation lycéenne depuis ses débuts, l'enjeu politique est de taille.
Le candidat salue la "créativité" des manifestants mobilisés, leurs pancartes et slogans, qu'il présente comme un "signal de renouveau", "plus puissant que Mai 68".
La candidate écologiste à la présidentielle Marine Tondelier, tout juste revenue de son congé maternité, n'a pas non plus mâché ses mots sur la réponse du gouvernement.
La candidate écologiste à la présidentielle Marine Tondelier s'adresse à la presse avant une manifestation contre la vie chère place de la République à Paris, le 17 octobre 2026
Guillaume Saligot - AFP
"J'en ai ras-le-bol de la doctrine du maintien de l'ordre dans ce pays. Il faut la revoir et vite, parce que cela devient une atteinte aux libertés publiques. Et, en plus, cela met tout le monde en danger, les manifestants comme les policiers".
Le candidat LR Bruno Retailleau a au contraire dénoncé une "violence anti-flic qui se déchaîne", estimant que face à cela, "la force implacable de l’État est la seule réponse possible".
"Ces gens ne méritent rien d’autre que la prison", a-t-il ajouté.
Les autres candidats à la présidentielle, comme celui de la gauche social-démocrate Raphaël Glucksmann, du bloc central, Gabriel Attal ou Edouard Philippe ne se sont pas encore exprimés sur les manifestations de ce samedi.
Par Camille MALPLAT et Laura AKHOUN / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP