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El Niño, ce phénomène climatique redouté qui (re)montre les dents

Par Hugo Paillart

GROS PLAN SUD RADIO - L'état d'urgence en matière de sécheresse a été décrété dans une partie de l'Amérique centrale. Le responsable n'est autre qu'El Niño, ce phénomène climatique naturel qui se produit tous les deux à sept ans, et qui fait craindre le pire ces prochains mois. Explications.

L'ouragan El Niño fait des ravages en Amérique Centrale
L'ouragan El Niño fait des ravages en Amérique Centrale

Hier mardi, le Panama et le Salvador ont chacun déclaré l'état d'urgence face à une sécheresse sévère provoquée par El Niño, qui affecte cultures et réserves d'eau dans toute la région. Ce dérèglement des courants marins perturbe la circulation atmosphérique à l'échelle mondiale et entraîne généralement un temps plus sec en Amérique centrale et dans certaines régions d'Asie, tout en favorisant des pluies plus abondantes ailleurs, comme sur la côte ouest de l'Amérique du Sud. En 2023, la tempête avait déjà frappé violemment touché le continent.

Vers une aggravation de la situation

El Niño est un phénomène climatique naturel qui se produit tous les deux à sept ans, lorsque les eaux du Pacifique tropical est se réchauffent anormalement. Ce dérèglement des courants marins bouleverse la circulation atmosphérique à l'échelle mondiale et provoque, en Amérique centrale, une baisse sensible des précipitations.

Selon les prévisions de l'agence américaine NOAA, publiées en juillet, El Niño aurait 81 % de chances d'atteindre le stade de phénomène "très fort" entre octobre et décembre 2026, et 97 % de chances de se prolonger jusqu'au printemps 2027. De quoi laisser craindre une aggravation de la situation dans les prochains mois.

Des conséquences déjà visibles

Au Salvador, le manque de pluie en pleine saison humide affecte fortement les cultures et a conduit les autorités à déclencher une alerte rouge. Au Panama, le déficit pluviométrique touche directement le canal interocéanique, qui dépend des réserves d'eau douce des lacs Gatún et Alajuela pour faire fonctionner ses écluses : les précipitations depuis mai y sont inférieures de 34 % à la moyenne, et l'Autorité du canal a annoncé une réduction du nombre de navires autorisés à transiter chaque jour à partir de septembre.

Au-delà du commerce maritime, c'est bien l'accès à l'eau potable des populations locales qui est en jeu dans plusieurs pays de la région, les mêmes réservoirs servant souvent à l'irrigation, à la consommation domestique et, au Panama, au fonctionnement du canal.

D'une intensité exceptionnelle

El Niño reste un phénomène cyclique bien identifié par les scientifiques, mais son intensité exceptionnelle cette année en fait un sujet de vigilance majeure pour les mois à venir. Les prochaines actualisations de la NOAA et du Met Office permettront de préciser si cet épisode confirme sa trajectoire vers l'un des plus puissants jamais mesurés, avec des répercussions qui pourraient s'étendre bien au-delà de l'Amérique centrale.

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