Lancée sous le gouvernement d'Élisabeth Borne puis portée par Gabriel Attal alors ministre de l'Éducation nationale, l'expérimentation du port de l'uniforme à l'école touche à sa fin dans la grande majorité des communes qui s'y étaient engagées. Jusqu'à présent, l'État prenait en charge jusqu'à 50 % du coût de la tenue, dans la limite de 100 euros par élève, le temps de l'expérimentation. Mais cette aide n'étant pas reconduite pour la rentrée 2026, la facture pourrait doubler pour les municipalités concernées.
Béziers persiste et double la mise
Ainsi, sur les 115 établissements engagés pour l'année scolaire 2025-2026, il n'en resterait plus qu'une dizaine à la rentrée. Au-delà de la question budgétaire, une étude menée en juin 2025 par le ministère de l'Éducation nationale nuance l'efficacité du dispositif : seuls 36 % des directeurs d'écoles primaires interrogés auraient constaté une évolution positive du climat scolaire, tandis qu'une partie des élèves exprimerait un certain mal-être face à l'obligation de porter une tenue commune.
Malgré ce retrait généralisé, quelques municipalités font le choix inverse. C'est le cas de Béziers, qui étend l'uniforme à l'ensemble de ses 21 écoles élémentaires publiques, pour un total de 4 545 élèves. Pour contenir la dépense, la tenue a été allégée à deux polos et deux sweats par enfant, pour un coût total estimé à 90 000 euros pris en charge par la ville. Interrogé sur Sud Radio par Jacques Cardoze, Robert Ménard assume complètes ce choix : « Bien sûr que ça marche, ça règle un certain nombre de problèmes », explique-t-il. Le maire de Béziers rappelle que la mesure a d'abord été testée « sur quatre écoles » depuis « deux ans ».
🇫🇷 À Béziers, l’uniforme à l’école reste en vigueur
— Sud Radio (@SudRadio) August 26, 2026
🗣️ Robert Ménard, maire de Béziers : « Ce n’est pas une révolution, mais bien sûr que l’uniforme fonctionne ! »
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« Ça ne gomme pas les différences sociales mais… »
Selon le maire divers droites, l'uniforme répond d'abord à une réalité sociale. Il y voit un habillement gratuit pour les familles les plus modestes de sa commune : « chez moi il y a beaucoup de familles pauvres. Pardon mais ce sont des vêtements gratuits ». Il évoque aussi les études internes menées auprès des enseignants, des parents et des enfants, qui feraient ressortir un sentiment d'appartenance à l'école via le blason porté sur les vêtements, tout en reconnaissant les limites de la mesure : « ça ne gomme pas les différences sociales mais ça les gomme en partie ».
Le maire de Béziers reproche par ailleurs au gouvernement d'avoir tranché sans étude sérieuse sur l'efficacité du dispositif : « je crains que ce soit pour des histoires d'argent plus que pour des histoires d'efficacité de l'uniforme à l'école ».
« Je ne crois pas qu'on tutoie son enseignant »
Au-delà de l'aspect financier, Robert Ménard défend une vision plus large, centrée sur l'autorité à l’école : « je suis sidéré du tutoiement dans un certain nombre d’écoles. Je ne crois pas qu'on tutoie son enseignant ». Selon lui, cette demande de cadre émane autant des enfants que des parents, qui souhaiteraient que l'école reste « un lieu différent de la rue où quelqu'un décide ». Le maire de Béziers y voit trois dimensions complémentaires : un besoin d'autorité, un sentiment d'appartenance, et une forme d'égalisation entre élèves face à l'institution. Il assume par ailleurs le caractère non obligatoire de la mesure, fondée sur l'adhésion volontaire des familles plutôt que sur une injonction : « On va juste demander aux parents » explique-t-il.
Malgré l'arrêt du financement de l'État, Robert Ménard maintient sa décision et la présente comme un investissement pour les enfants de sa commune plutôt qu'une charge : « c'est une aide qui a du sens. Ce n’est pas “je te donne de l'argent et tu en fais ce que tu veux” ». À Béziers, les uniformes doivent commencer à être distribués dès le premier jour de la rentrée, avec un délai de cinq jours accordés aux familles retardataires pour communiquer les tailles manquantes.