Dimanche encore, Flavio Bolsonaro était candidat à la présidence du Brésil. Trois jours après sa défaite face au président sortant Lula da Silva, réélu avec 52 % des voix, le fils de l’ancien président Jair Bolsonaro a quitté le pays et n'est plus qu'un citoyen brésilien en exil pour esquiver la justice de son pays. Après des escales en Argentine puis en Equateur, il a finalement atterri à Miami ce mercredi où l’administration de Donald Trump - grand allié de la famille Bolsonaro - n’a pas hésité à lui accorder des visas.
Par voie terrestre puis aérienne
Le départ de Flavio Bolsonaro s’est accéléré après sa défaite. Le sénateur a franchi d'abord la frontière terrestre avec l’Argentine avant d’embarquer à bord d’un avion privé à destination de l’Équateur. L’appareil a, en fait, effectué une escale avant de repartir vers les États-Unis.
Durant plus de 24 heures, la localisation du candidat battu a alimenté de nombreuses spéculations. Les autorités brésiliennes avaient donc annulé ses passeports mardi, en raison du non-respect d’un ordre judiciaire lui imposant de les remettre aux autorités.
Soupçonné de corruption et de blanchiment d’argent
Âgé de 45 ans, il est soupçonné de corruption et de blanchiment d’argent dans le cadre du financement d’un film consacré à son père. Un juge de la Cour suprême a également ordonné l’ouverture d’une enquête sur un éventuel financement étranger de sa campagne. Le sénateur, quant à lui, nie toute irrégularité.
Son frère, Eduardo Bolsonaro, qui vit aux États-Unis, avait prédit ce scénario avant sa défaite, en raison des enquêtes visant le candidat. Flavio Bolsonaro avait contesté cette éventualité, expliquant n’avoir « jamais pensé à quitter le pays ». Un mensonge, visiblement.
Son père avait lui aussi pris la fuite
Le président brésilien Lula a évidemment critiqué le départ de son adversaire. Il a qualifié cette fuite de « honteuse » et dénoncé la proximité de la famille Bolsonaro avec Donald Trump.
De son côté, Donald Trump a dénoncé lundi, sans apporter de preuves, des élections « truquées » au Brésil. Cette prise de parole va évidemment dans le sens de Flavio Bolsonaro, qui n’a pas reconnu sa défaite au second tour. Peut-être prend-il exemple sur son père, Jair Bolsonaro, qui avait rejoint les États-Unis à la veille de l’investiture de Lula, en janvier 2023, avant de rentrer au Brésil trois mois plus tard.