Le géant américain Microsoft, a annoncé une vaste offre de "départ volontaire". Au total, près de 60 000 de ses employés, répartis dans quatre pays, sont concernés : le Canada, les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Inde. La mesure, certes facultative, illustre une bascule dans la priorité d'investissement. L'IA prend toujours plus l'ascendant sur l'humain.
Qui est concerné ?
L’offre vise les salariés jusqu’au niveau hiérarchique 70. Traduction ? Elle peut concerner jusqu'à certains vice-présidents, mais exclut les plus hauts dirigeants du groupe par souci de stabilité. Dans cette même démarche, toutes les divisions ne sont pas incluses dans l'annonce. C'est notamment le cas des équipes liées à l’intelligence artificielle, à Windows, aux appareils, à Xbox.
Les salariés des centres de données, des ventes et du marketing en sont aussi exclus. A l'inverse, de nombreuses autres fonctions financières et RH sont visées, car moins essentielles au virage IA-numérique que visent Microsoft, les GAFAM et l'ensemble des multinationales du secteur.
" L’opportunité de partir avec du soutien "
« Cette offre donne aux personnes qui envisagent déjà de quitter l’entreprise l’opportunité de partir avec du soutien », a détaillé la directrice des ressources humaines. Amy Coleman a précisé l'objectif Microsoft : « Elargir les opportunités de croissance et de flexibilité pour les employés et les organisations ».
Les conditions financières restent confidentielles, mais l’AFP estime des sommes comparables à une indemnité de licenciement classique, avec un soutien financier et des ressources d’accompagnement professionnel.
Déjà 4 800 emplois supprimés en juillet
Microsoft n’a pas communiqué d’objectif chiffré de départs. Le groupe ne cherche donc pas officiellement à faire partir un nombre précis de salariés, mais tout de même, la décision interroge. Cette approche survient après des vagues de suppressions de postes qui ont marqué le secteur technologique ces derniers mois. Microsoft avait déjà supprimé 4 800 emplois début juillet, après plus de 15 000 suppressions en 2025.
Si Microsoft ne lie pas explicitement cette annonce à l’IA, le contexte laisse peu de place au doute. Le groupe investit des sommes toujours plus considérables dans les datacenters, les processeurs et les infrastructures nécessaires à ses modèles d’intelligence artificielle.
Plus d'un employé sur quatre est concerné : Microsoft propose des départs volontaires à environ 60.000 salariés aux États-Unis, Canada, Inde et Royaume-Uni https://t.co/bUc0qywG6U
— BFM Business (@bfmbusiness) October 26, 2026Homme vs IA, Microsoft choisit le numérique
Au deuxième trimestre 2026, Microsoft a dépensé 41 milliards de dollars en investissements, et prévoyait d’en débourser plus de 50 milliards au trimestre suivant. Dans ce cadre, chaque économie sur les coûts salariaux peut être réinvestie dans la course aux capacités de calcul. Microsoft semble prêt à tout pour gagner du terrain sur la recherche et le développement IA, quitte à réduire drastiquement ses effectifs humains.
Un plan de "départs volontaires" déjà expérimenté en avril 2026
Ce plan de "départs volontaires" n'est pas sans précédents. En avril 2026, sur les 8 750 salariés américains éligibles, environ 30% avaient accepté de partir, entraînant une charge de 900 millions de dollars pour l’entreprise. Cette fois-ci, l'offre ne cible plus uniquement des salariés proches de la retraite : elle s’adresse à un public beaucoup plus large, y compris des cadres expérimentés.
La position du groupe correspond au pari Microsoft : réallouer les ressources vers l’intelligence artificielle, tout en limitant les tensions sociales liées à des licenciements massifs. Ce départ volontaire ? Un moyen de réduire les effectifs, sans rupture brutale.