single.php

Prisca Thevenot (EPR) : "Le droit de vote aux étrangers non-européens, c'est du populisme"

Par Aurélie Giraud

INTERVIEW SUD RADIO - Affaire Epstein, Attal 2027, Macron et ses nominations polémiques : Prisca Thevenot, députée Ensemble Pour la République des Hauts-de-Seine, était “L’invitée politique” sur Sud Radio.

Prisca Thevenot
Prisca Thevenot, interviewée par Jean-François Achilli sur Sud Radio, le 11 février 2026, dans “L’invité politique”.

Affaire Epstein et transparence judiciaire, commission d’enquête parlementaire, municipales à Paris autour de Pierre-Yves Bournazel, rivalités entre Édouard Philippe et Gabriel Attal, nomination d’Amélie de Montchalin, tensions à l’Assemblée nationale sur l’eau potable et droit de vote des étrangers. Au micro de Sud Radio, Prisca Thevenot a répondu aux questions de Jean-François Achilli.

"Pour pouvoir voter dans notre pays, il faut être citoyen français"

Jean-François Achilli pour Sud Radio : Un texte écologiste propose d’autoriser le droit de vote aux étrangers non-européens aux élections locales. Êtes-vous favorable au droit de vote aux étrangers ?
Prisca Thevenot : “Je suis absolument contre. Le droit de vote n’est pas un droit à prendre à la légère, c’est un droit qui est couplé, adossé au sujet de la citoyenneté. Pour pouvoir voter dans notre pays, il faut être citoyen français.”

Les défenseurs du texte dénoncent une position idéologique.
“C’est de la démagogie, du populisme. Ce n’est pas anodin que la gauche se saisisse de ce sujet. Ils ont fait beaucoup de tapage au sein de l’hémicycle et finalement ils mettent ce texte en cinquième ou sixième position parce qu’ils savent très bien qu’ils ne veulent pas le mettre à l’ordre du jour.”

Les citoyens européens peuvent déjà voter aux municipales. Pourquoi refuser l’extension aux étrangers non-européens ?
“Parce que le droit de vote est adossé à la citoyenneté. Ce n’est pas un droit symbolique. Il engage l’appartenance à la communauté nationale.”

Vous accusez les écologistes d’utiliser leur niche parlementaire à des fins politiques ?
“On a une journée parlementaire mobilisée autour des écologistes qui passent leur temps à pourrir les niches parlementaires des autres groupes pour que nous ne puissions pas avancer sur les défis du quotidien des Français. Et quand il s’agit de leur journée, ils choisissent soit des sujets mal travaillés, soit du marketing politique. Ce n’est pas à la hauteur.”

Un mot sur les débats internes autour d’un texte écologiste sur la protection de l’eau potable. Y a-t-il eu un clash dans votre groupe ?
“J’étais à cette réunion. Il n’y a pas eu de clash, il y a eu des débats. On va regarder texte par texte. Si le but est de faire de la surnorme pour empêcher celles et ceux qui nous nourrissent au quotidien, vous connaissez ma réponse. Il faut accompagner nos agriculteurs.”

"Je ne suis pas opposée à une commission d’enquête sur l’affaire Epstein"

Le ministre des Affaires étrangères a saisi la justice après la mise en cause d’un diplomate français dans l’affaire Epstein. A-t-il raison d’agir rapidement ?
“Il faut pouvoir faire toute la transparence possible sur ce dossier extrêmement important où l’on voit qu’il y a des liens tentaculaires un peu partout. Je pense que c’est important que la justice, si elle doit être saisie, le soit. En l’occurrence, c’est le cas. Les gens ont besoin de savoir. On parle d’un dossier lourd, avec des vies brisées.”

Yaël Braun-Pivet s’oppose à une commission d’enquête parlementaire. Êtes-vous sur la même ligne ?
“Toutes les commissions d’enquête sont par défaut transpartisanes. Elles sont demandées par une famille politique dans le cadre de son droit de tirage. Si une famille politique veut se servir de son droit de tirage pour ouvrir une commission sur ce sujet, je ne vois pas pourquoi je m’y opposerais.”

Faut-il laisser exclusivement la justice travailler ?
“J’entends ce que dit la présidente de l’Assemblée nationale. Mais on doit respecter aussi la liberté de droit de tirage des familles politiques présentes à l’Assemblée nationale. Je n’y serais pas opposée.”

Emmanuel Macron a rappelé que l’affaire concerne d’abord les États-Unis. Cela ferme-t-il le débat en France ?
“Le président de la République rappelle que les institutions étrangères doivent être respectées. Un sujet de cet ordre doit trouver sa finalité dans la justice. Si des parlementaires français veulent se saisir du sujet dans le cadre de leur droit de tirage, qu’ils le fassent.”

"Je ne vois pas ce qui choque dans la nomination d’Amélie de Montchalin"

La nomination d’Amélie de Montchalin à la Cour des comptes suscite des critiques. Emmanuel Macron prépare-t-il déjà l’après ?
“Que le président de la République fasse œuvre de ses compétences et de ses prérogatives, à savoir nommer à ce poste une personne compétente, je ne vois pas ce qui choque. Est-ce que sa compétence a été remise en cause ? Non.”

Certains évoquent déjà 2032. N’est-ce pas prématuré ?
“Nous sommes en 2026. Emmanuel Macron est encore président pour un an. Ne commençons pas à adresser un bilan alors que le quinquennat n’est pas terminé et que nous avons encore beaucoup de pain sur la planche.”

L’opposition parle de copinage. Que répondez-vous ?
“Ce qui devrait nous préoccuper, c’est comment continuer à avancer alors que le monde s’accélère et que les rapports de force sont bien présents. Certains veulent nous faire sombrer dans le commentaire politique. Ce n’est pas à la hauteur.”

Édouard Philippe et Gabriel Attal : “Je pense qu’il ne faut pas sauter les étapes”

Mardi 10 février à Paris, Édouard Philippe et Gabriel Attal soutenaient Pierre-Yves Bournazel. Alliés aujourd’hui, rivaux demain ?
“Je pense qu’il ne faut pas sauter les étapes. Tout le monde a vu une affiche municipale de deux anciens Premiers ministres. On parle de la capitale de la France. Le dépassement politique est important pour pouvoir rassembler largement en vue d’une alternance.”

Certains y voient déjà la présidentielle en toile de fond. N’est-ce pas inévitable ?
“On ne peut pas dire que les élus locaux sont ceux en qui les Français ont le plus confiance et balayer les municipales d’un revers de main. Paris mérite une alternance et je suis fière d’avoir été au premier rang de ce rassemblement.”

Rachida Dati devrait-elle quitter le gouvernement si elle est candidate ?
“On a le droit d’avoir des projets distincts. N’y voyez pas de querelle de personnes. On parle de projet.”

Gabriel Attal et Édouard Philippe seront-ils rivaux en 2027 ?
“Je ne sais pas sur la base de quel projet vous parlez. On commente beaucoup les noms et pas assez les programmes. C’est cela qui devrait nous mobiliser.”

Retrouvez "L’invité politique" chaque jour à 8h15 dans le Grand Matin Sud Radio

Cliquez ici pour écouter "L’invité politique"

Toutes les fréquences de Sud Radio sont ici !

L'info en continu
09H
08H
07H
06H
04H
Revenir
au direct

À Suivre
/