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Marine Le Pen (RN) : "Je ne suis pas résignée, ni pessimiste"

Par La rédaction

INTERVIEW SUD RADIO - Municipales, Présidentielle, carburants : Marine Le Pen, présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale, députée du Pas-de-Calais, était “L’invitée politique” sur Sud Radio.

Marine Le Pen
Marine Le Pen, interviewée par Jean-François Achilli sur Sud Radio, le 11 mars 2026, dans “L’invité politique”.

Guerre au Moyen-Orient et stratégie américaine, position de la France face au conflit, flambée des prix de l’énergie, nucléaire et politique européenne, élections municipales et stratégie du Rassemblement national (RN), perspective de la présidentielle 2027 et question de son inéligibilité. Au micro de Sud Radio, Marine Le Pen a répondu aux questions de Jean-François Achilli.

Guerre en Iran : "La stratégie de Trump est erratique"

Jean-François Achilli pour Sud Radio : La guerre au Moyen-Orient est-elle quasiment terminée comme l’affirme Donald Trump ? Doit-il aller au bout de cette intervention ?
Marine Le Pen : “Au bout de quoi ? Le problème, c’est que la stratégie américaine paraît quand même un tout petit peu erratique. Les buts donnés par le président américain sont pour le moins changeants et parfois même contradictoires. Est-ce qu’il s’agit d’anéantir le programme nucléaire militaire iranien ? Est-ce qu’il s’agit d’anéantir le programme balistique ? Est-ce qu’il s’agit d’obtenir un changement de régime ? Et si oui, par l’intérieur ou par l’extérieur ? On a du mal à connaître précisément les objectifs de cette intervention.”

Donald Trump vous inquiète-t-il ? Certains vous disent proche de lui.
“Donald Trump ne m’inquiète pas. Cette idée selon laquelle je serais pro-Trump est une facilité utilisée par nos adversaires. Moi, je suis pro-France. Ce qui m’intéresse, ce sont les intérêts de la France. Si les intérêts américains convergent avec les nôtres, tant mieux. S’ils divergent, cela pose un problème. Donald Trump défend les intérêts américains, c’est parfaitement logique.”

Emmanuel Macron a évoqué une intervention défensive française avec le porte-avions Charles-de-Gaulle. Soutenez-vous cette décision ?
“Oui, je pense que c’est une décision raisonnable. Cette guerre affecte directement nos intérêts. Nous devons protéger nos ressortissants, nos bases militaires et soutenir nos alliés si nécessaire, par exemple Chypre ou les Émirats arabes unis. Mais nous pouvons rester dans une situation défensive. Il y a également un enjeu majeur : la préservation des routes maritimes afin de garantir la permanence de nos flux d’approvisionnement.”

La France peut-elle garantir la sécurité des routes maritimes dans la région, notamment dans le détroit d’Ormuz ?
“Hélas non, la France n’a pas seule la capacité d’assurer la sécurité du transport de gaz et de pétrole dans le détroit d’Ormuz. C’est pour cela que les coalitions d’États européens expérimentés sont utiles. Les Néerlandais, les Italiens ou les Espagnols savent agir ensemble. Ce type de coopération fonctionne souvent mieux que la Commission européenne, qui est parfois inefficace.”

Carburants : "Il faut libérer nos stocks stratégiques, avec un contrôle temporaire des marges"

La guerre pourrait faire grimper les prix de l’énergie. Que proposez-vous pour faire baisser les prix à la pompe ?
“Le problème ne concerne pas seulement l’essence. Il concerne aussi le gaz et l’électricité. L’Union européenne a créé un système absurde où le prix de l’électricité est indexé sur celui du gaz. Quand le prix du gaz augmente, le prix de l’électricité augmente.”

Vous proposez toujours une baisse de la TVA sur les carburants ?
“Nous y sommes favorables. Passer la TVA de 20% à 5,5% permettrait de soulager les Français. Cela représente une baisse de recettes pour l’État, mais quand on renonce à une recette, on peut faire des économies ailleurs.”

Quelle mesure immédiate faudrait-il prendre selon vous ?
“Il faut libérer nos stocks stratégiques. La France dispose d’environ 120 jours de stocks. Mais cela doit être associé à un contrôle temporaire des marges. Sinon, la libération des stocks bénéficiera aux spéculateurs et pas aux Français.”

"Nous avons toujours été pro-nucléaire, il faut arrêter la désinformation !"

La présidente de la Commission européenne reconnaît que l’Europe a peut-être commis une erreur en réduisant ses investissements dans le nucléaire civil. Votre réaction ?
“C’est extraordinaire. Ils arrivent toujours avec une guerre de retard. L’Union européenne a poussé les États à abandonner le nucléaire, ce qui a fait exploser le prix de l’électricité. Et aujourd’hui ils découvrent que le Rassemblement national avait raison.”

Emmanuel Macron défend lui aussi le nucléaire civil. Est-ce la bonne stratégie ?
“Le nucléaire est une source d’énergie dangereuse, c’est vrai, mais de moins en moins grâce aux progrès technologiques. Il faut limiter ces risques grâce à la technologie et à la recherche. Mais nous avons toujours été pro-nucléaires. Le premier livret du Front national en 1974 défendait déjà le nucléaire.”

Municipales : "Dans les cas où le RN est au deuxième tour, nous nous maintiendrons"

Les élections municipales approchent. Quel est votre objectif ?
“Nous avons 725 listes présentées ou soutenues par le Rassemblement national. Toutes les villes sont importantes. La guerre aura une fin, mais la gestion municipale dure six ans. Je dis aux Français : allez voter. Le changement commence dans la commune.”

Certains médias évoquent des “brebis galeuses” parmi vos candidats.
“De quels médias parle-t-on ? Certains considèrent que dire “je suis contre l’immigration” suffit à être une brebis galeuse. Des médias d’extrême gauche mènent un combat politique contre le Rassemblement national. C’est leur droit. Mais que les grands médias reprennent leurs informations pose un problème de crédibilité.”

Appellerez-vous à soutenir d’autres partis au second tour pour faire barrage à La France insoumise ?
“Quand le Rassemblement national est au second tour, nous nous maintiendrons. C’est le respect des électeurs. La vraie question est plutôt : que feront les partis qui se sont désistés au bénéfice de LFI il y a un an ? Le cordon sanitaire devrait être une obligation morale pour la classe politique française.”

"Si je suis inéligible en 2027, oui, c’est une mort politique !"

Si la justice vous rend inéligible, comment continueriez-vous à agir politiquement ?
“Si je suis inéligible, ce serait une mort politique. Je ne pourrais plus être candidate. Mais je continuerais à me battre pour mes idées. Je le ferai aux côtés de celui qui sera candidat, probablement Jordan Bardella, là où je serai la plus utile.”

Craignez-vous une décision judiciaire politique ?
“La décision de première instance était déjà politique. Les magistrats ont écrit que l’objectif était de m’empêcher de me présenter et d’être élue. J’espère que la cour d’appel fera du droit et non de la politique.”

Êtes-vous résignée pour la présidentielle de 2027 ?
“Non, je ne suis pas résignée. Et je ne suis pas pessimiste non plus. Mon rôle est d’anticiper les empêchements possibles, c’est pourquoi j’ai permis à Jordan Bardella de faire ses preuves et d’apparaître comme un candidat de substitution si j’étais empêchée.”

Retrouvez "L’invité politique" chaque jour à 8h15 dans le Grand Matin Sud Radio

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