Marine Le Pen "fragilise les institutions en disant qu’elle est complètement innocente. Ce n’est pas une réalité. Ce n’est pas une réalité ni juridique ni judiciaire." Au micro de Sud Radio, Jonas Haddad a répondu aux questions de Jacques Cardoze.
Marine Le Pen "n’est plus présumée innocente, étant donné qu’en France, il n’y a pas de troisième degré de juridiction."
Jacques Cardoze : L’actualité de la semaine, c’est évidemment Marine Le Pen. Premier jour de campagne pour elle hier, après les épisodes judiciaires que l’on a connus. On ne va pas les rappeler, on les a tous en tête. Est-ce que vous pensez, comme certains, que Marine Le Pen prend la démocratie en otage ? Je cite là des phrases qui ont été entendues.
Jonas Haddad : "Je ne pense pas. Ce qui aurait pris la démocratie en otage, c’est qu’elle ne soit pas en capacité de se présenter. Moi, ce que je considère, c’est que ce n’est pas au magistrat de décider qui est sur la ligne de départ. En revanche, ce que je veux dire à votre micro, c’est que depuis quelques jours, j’entends des analyses juridiques qui ne sont même pas dignes d’un étudiant en droit de première année."
Jacques Cardoze : Ah bon ?
Jonas Haddad : "Elle n’est plus présumée innocente, étant donné qu’en France, il n’y a pas de troisième degré de juridiction. Si je dois vous le résumer en une phrase : la première instance et la cour d’appel ont jugé les faits. Ces faits-là, ils sont jugés définitivement. Et donc elle n’est plus innocente. Elle n’est pas innocente. Ce dont on va débattre, c’est l’application de la peine. Et donc je veux bien que nos auditeurs comprennent : lorsqu’on se lance dans une campagne présidentielle, mais qu’une cour d’appel a décidé que vous et tous vos lieutenants — parce que ce n’est pas qu’elle ; moi, j’ai lu la décision en intégralité — plusieurs personnes ont été condamnées. Ça veut donc dire que l’intégralité de l’équipe dirigeante du RN a été condamnée sur des faits."
Jacques Cardoze : Alors, j’entends aussi : « elle fragilise les institutions ». En quoi elle fragilise les institutions ? Vous êtes d’accord avec ça ou pas ? C’est notamment la phrase de Gabriel Attal ou de Othman Nasrou, votre collègue Les Républicains, qui est également secrétaire d’État.
Jonas Haddad : "Je pense qu’elle fragilise les institutions en disant qu’elle est complètement innocente. Ce n’est pas une réalité. Ce n’est pas une réalité ni juridique ni judiciaire."
"Est-ce que les Français veulent plus d’exemplarité, ou est-ce qu’ils veulent donner la chance à des gens qui ont été condamnés ?"
Jacques Cardoze : Vous ne croyez pas que l’opinion a un peu évolué face à ça ? Je me fais l’avocat du diable, hein. C’est arrivé à d’autres, une condamnation avant une réélection. Il y en a eu des cas par le passé.
Jonas Haddad : "Oui, mais alors dans ce cas-là, c’est une injonction paradoxale. C’est-à-dire que d’un côté, on nous dit toute la journée que les gens veulent plus de transparence, plus de probité. Et je me souviens des phrases elles-mêmes de Marine Le Pen, qui disait : « Ils sont tous pourris, nous on est les seuls, au RN, à ne pas avoir mis les mains dans le pot de confiture. » Alors moi, je ne comprends plus : est-ce que les Français veulent plus d’exemplarité, ou est-ce qu’ils veulent donner la chance à des gens qui ont été condamnés ? C’est assez curieux."
Jacques Cardoze : C’est très intéressant ce que vous dites, parce que les premières enquêtes d’opinion sont en train de tomber et on a le sentiment que plus il y a d’affaires judiciaires, en tous les cas contre Marine Le Pen, et mieux c’est pour elle. Elle vient de progresser à nouveau dans les sondages. Comment vous réagissez à ça ?
Jonas Haddad : "Je pense que ça dépend aussi de la typologie de la population qui est interrogée. Et ça vient de tomber. Donc il faut aussi un peu de pédagogie pour que les gens comprennent, et c’est ce que j’essaie de faire à votre micro ce matin, que ce n’est pas n’importe quoi que d’être condamné."
"En revanche, j’observe que chez des pans entiers de notre électorat, notamment l’électorat de droite, le fait d’avoir quelqu’un qui serait condamné, qui soit candidat, c’est gênant."
"Marine Le Pen n’est pas de droite. Elle est économiquement et foncièrement politiquement de gauche"
Jacques Cardoze : On va venir sur cet aspect-là, mais en tous les cas, sur le fait que l’actualité judiciaire, elle est là et elle va demeurer en toile de fond de l’élection jusqu’en avril, puisqu’on vient de l’apprendre : la Cour de cassation dit qu’elle se prononcera au plus tard en avril. Mais en avril, c’est aussi la date du premier tour, fin avril.
Jonas Haddad : "Regardez, en 2022, l’élection a été confisquée par la guerre en Ukraine. On n’a pas eu vraiment de débat, on ne savait pas trop ce qui allait se passer, etc. Moi, je ne voudrais pas que 2027 soit confisquée par le fait de savoir si Marine Le Pen porte un bracelet ou pas. Ce n’est pas à la hauteur des enjeux de notre pays."
"Et c’est pour ça qu’on essaie de dérouler, avec Bruno Retailleau, un programme, des propositions. On va faire quoi ? On va attendre, en gros, on va savoir qui va gagner l’élection présidentielle en sortant du bureau du juge d’application des peines. Est-ce que c’est au niveau des enjeux du pays ? Je ne le crois pas."
Jacques Cardoze : Son premier déplacement hier, à La Flèche, a dû être écourté précisément. On voit bien qu’il y a un niveau de tension à cause d’un comité d’accueil hostile. Est-ce que ça augure du type de campagne que nous allons voir ? Vous faites référence à la sortie d’un bureau d’un juge, mais on a le sentiment que les protestations vont être permanentes et que cette campagne va être très difficile. Vous le redoutez ?
Jonas Haddad : "On peut le redouter. Après, c’est la petite bande d’agitateurs LFI qui a fait la même chose à l’époque avec d’autres candidats de droite. Et je pense que ce sont des gens qui, de toute façon, tant que vous n’êtes pas de leur camp, continueront à vous ennuyer. Donc ce n’est pas vraiment ça le débat. Moi, je pense qu’on a un débat de fond sur ce que veut Marine Le Pen, et non pas : est-ce qu’elle va porter ou pas un bracelet ?"
Jacques Cardoze : Alors, allons-y justement à ce débat de fond. Bruno Retailleau a répété hier, il était l’invité du 20h de France 2, qu’il est le seul candidat de droite. En quoi il est plus à droite que Marine Le Pen ?
Jonas Haddad : "D’abord, il ne veut pas revenir sur la réforme des retraites. D’abord, il n’a pas varié sur le nucléaire, puisque je rappelle que Marine Le Pen voulait sortir du nucléaire. Et enfin, dernier point, il considère que l’assistanat ne peut pas poursuivre."
"Je vous prends un exemple tout bête : le Rassemblement national considère que les gens qui sont au RSA n’ont pas l’obligation de donner un peu de leur temps pour la collectivité. Ils considèrent qu’ils peuvent toucher le RSA simplement, sans contrepartie. Et par ailleurs, le Rassemblement national, lors du dernier budget, a voté avec LFI 34 milliards d’impôts en plus. Dieu merci, ça n’est pas passé. Mais 34 milliards d’euros d’impôts en plus."
"Et enfin, vous savez quoi ? Je ne vais pas être très compliqué. Je vais citer Marine Le Pen elle-même. Lorsqu’on lui donne des exemples qui réussissent à l’étranger, des Meloni, des Milei, elle dit : « Non, ça, je ne veux pas en entendre parler. Ce sont des trucs de droite. » On ne va pas être plus à droite que droite."
"Marine Le Pen n’est pas de droite. Elle est économiquement et foncièrement politiquement de gauche, et je dirais avec un logiciel collectiviste. Et c’est ce logiciel collectiviste qui nous a placés dans la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui."
"Si nous sommes élus, le montant maximal des aides que vous pourrez toucher, ce ne sera jamais au-dessus de 70 % du montant du SMIC."
Jacques Cardoze : Sauf que les grands thèmes, pour les Français, les plus importants c’est l’immigration, c’est la sécurité, c’est le pouvoir d’achat. Quelles sont les différences sur ces trois thèmes-là ?
Jonas Haddad : "Eh bien je réponds : si le déterminant principal, c’est le pouvoir d’achat, il faut que nous baissions les impôts pour que les gens touchent plus. C’est tout simple, en fait. Vous savez, nous, on est la droite du bon sens."
Jacques Cardoze : Ils ont fait un certain nombre d’annonces, notamment sur les factures énergétiques. Il y a d’autres propositions qui vont dans ce sens, dans le sens du pouvoir d’achat.
Jonas Haddad : "C’est à la marge. Mais nous, ce dont on parle, c’est le salaire. Comment on fait pour faire en sorte que demain, votre brut soit plus proche de votre net ? Et eux, ils ne peuvent pas le proposer."
Jacques Cardoze : Et ce serait quoi, votre proposition ?
Jonas Haddad : "La proposition, elle serait assez simple. C’est de dire : lorsqu’on a le choix entre l’assistanat et le travail, le travail doit toujours payer plus. Et donc nous, ce que nous proposons, c’est de limiter, de plafonner n’importe quelle aide sociale à 70 % du montant du salaire. Donc qui que vous soyez, sachez que si nous sommes élus, le montant maximal des aides que vous pourrez toucher, ce ne sera jamais au-dessus de 70 % du montant du SMIC. Comme ça, on incite les gens à aller bosser."
"Puisqu’aujourd’hui, nous avons encore du chômage, je dirais, de façon résiduelle. Et dernier point, ça permet aussi de régler le problème de l’immigration. Quand vous entendez aujourd’hui des gens — vous savez, les bobos de certaines villes — qui vous disent : « Ah mais on a besoin d’immigrer pour aller dans les restaurants, pour aller dans le BTP, parce que personne ne veut y aller. » Ce n’est pas vrai, d’abord parce que dans les villes — moi je viens de Normandie — ce ne sont pas que des immigrés dans les restaurants et dans le BTP. Et deuxièmement, pourquoi les gens ne veulent pas y aller ? Parce qu’ils font le calcul et ils se disent : « Si je reste au RSA, parfois ça a plus d’intérêt que d’aller bosser. » Et donc ils ne vont pas aller bosser. Vous savez, c’est très simple, en fait, la politique."
Jacques Cardoze : Je ne sais pas si vous avez vu cette information qui est tombée hier. Il y a des chiffres qui sont tombés en Italie, avec une disposition qu’a prise Giorgia Meloni de supprimer le RSA, ou l’équivalent du RSA en Italie, et on a constaté un retour à l’emploi assez fort et un non-appauvrissement. Les chiffres sont tombés hier.
Jonas Haddad : "Mais si à votre micro il y avait eu Marine Le Pen et que vous aviez cité Meloni, elle vous aurait dit : « Ah, je ne veux pas en entendre parler, c’est un truc de droite… »"
Jacques Cardoze : Elle vous obsède, Marine Le Pen. Ce n’est pas votre principal adversaire, quand même, sur cette campagne électorale ?
Jonas Haddad : "Si, parce que je pense que Bruno Retailleau doit se retrouver au deuxième tour face à elle. C’est ça le risque."
Jacques Cardoze : Oui, mais enfin, vous voyez les sondages : elle est à 30, 36 %, vous êtes à peine à 10 %.
Jonas Haddad : "Oui, mais c’est pour ça qu’il faut que nous soyons en capacité d’être face à elle au deuxième tour, pour avoir un match droite-gauche."
"Le RN est un adversaire, mais LFI est un ennemi"
Jacques Cardoze : Et votre adversaire, ce n’est pas LFI ?
Jonas Haddad : "Ah bah non, évidemment. Et moi, je ne mets pas de signe égal entre le RN et LFI. Non, mais si vous voulez, si je dois classer quelque chose, je vous dirais les choses comme ça : le RN est un adversaire, mais LFI est un ennemi. Vraiment, c’est un ennemi, parce que je pense que c’est un ennemi non seulement pour nous, la droite, mais c’est un ennemi pour la démocratie et la stabilité de ce pays. Et je l’ai beaucoup dit à ce micro précédemment."
Jacques Cardoze : Si le RN devait l’emporter, est-ce qu’au final, à la fin de l’histoire, vous accepteriez des ministères ? Vous pourriez faire équipe avec le Rassemblement national ?
Jonas Haddad : "Mais dans quel intérêt ? Si c’est pour appliquer la politique qui n’est pas la nôtre…"
Jacques Cardoze : Pour appliquer, pour influencer votre politique. Ça s’est fait dans d’autres gouvernements.
Jonas Haddad : "Regardez la tête de Jordan Bardella hier. Regardez dans quel état il était. Il n’a pas l’air très à l’aise, parce qu’il sait que finalement il y avait deux lignes au RN. Moi, je le résume comme ça : il y a la ligne RN d’Hénin-Beaumont et il y a le RN de Monaco. Et on voit bien que c’est le RN d’Hénin-Beaumont qui a plutôt pris le pas, et tant mieux, avec une ligne économique et sociale plutôt de gauche. Et donc je pense qu’on ne va pas se forcer à appliquer un programme économique de gauche. Moi, ça ne me va pas."
Jacques Cardoze : Donc vous dites : jamais, jamais, jamais nous ferons équipe avec le Rassemblement national. Jonas Haddad, porte-parole des Républicains.
Jonas Haddad : "Vous savez, il y a Éric Ciotti qui a fait la tentative de partir en plein milieu d’une élection législative. On l’a tous exclu. Et je pense que d’ailleurs les gens qui ont cru pendant un moment à cette alliance potentielle — vous savez, ceux qui sont allés à ce qu’on appelle l’UDR — doivent être bien déçus ce matin. Parce qu’eux qui se disent libéraux économiquement, ils doivent se dire : « Bon, finalement, on va avoir Marine Le Pen. » Ils font des grands sommets des libertés avec Éric Ciotti, où ils parlent de libérer l’économie. Je ne vois pas."
Jacques Cardoze : Vous ne croyez pas qu’ensuite, dans l’exercice du pouvoir, il peut y avoir, au-delà de la campagne électorale, une influence de l’intérieur parce qu’on participe à un gouvernement, parce qu’on influence avec ses idées ? Vous n’y croyez pas à ça ?
Jonas Haddad : "Moi, je n’y crois pas. Vous savez, ce sera la neuvième candidature d’un Le Pen à l’élection présidentielle. Je ne vois pas comment, après une neuvième candidature, quelqu’un qui serait potentiellement en capacité de gagner va changer sa ligne politique."
France-Maroc et risque de violences : Laurent Nuñez "est dans le déni"
Jacques Cardoze : Ce soir, il y a le match France-Maroc. Est-ce que vous avez un pronostic ? J’imagine que vous êtes évidemment totalement derrière l’équipe de France.
Jonas Haddad : "Oui. Et je pense que ça va faire 2-1, parce que l’équipe marocaine est très belle. Et vraiment, notre équipe est exceptionnelle. Je regrette juste une petite chose."
Jacques Cardoze : Qu’est-ce que vous pensez de toutes les polémiques qui entourent cette Coupe du monde ?
Jonas Haddad : "Surtout pour ce soir, j’imagine que le président de la FIFA n’en a rien à faire de mon avis, mais voir qu’il y a cinq arbitres argentins pour un France-Maroc, bon, ça nous interroge un petit peu."
Jacques Cardoze : Ce soir, on pourrait à nouveau parler sécurité, malheureusement, parce qu’il y a des risques. La direction du ministère de l’Intérieur et de la sécurité publique a été très claire. Et puis il y a l’exemple du match du PSG en finale de la Ligue des champions. On sait que tous les matchs, c’est dit comme ceci, contre le Maroc, l’Algérie et la Turquie, font l’objet d’une attention très particulière. Ce soir encore, il y a des risques.
Est-ce que vous trouvez que le ministre de l’Intérieur agit bien, comparativement à ce que votre représentant, monsieur Retailleau, a pu faire lorsqu’il était ministre de l’Intérieur ? Il a eu des soucis lui aussi, hein.
Jonas Haddad : "Non. Je trouve que le ministre actuel est dans le déni. Parce qu’il a dit la dernière fois qu’il y avait eu « quelques événements », alors qu’il y a eu de la casse partout. Donc moi, ce que je veux dire, c’est que je suis scandalisé par ce qui se passe. Deuxièmement, je ne veux jamais m’y habituer. Et j’ai l’impression que maintenant, chaque instant de bonheur nous est volé, chaque instant de joie. J’avais résumé ça la dernière fois. J’avais dit que la douce France est devenue la France aigre-douce. C’est-à-dire qu’à chaque fois, on se dit : c’est un instant de bonheur collectif, et puis quelques minutes après, quelques heures après, on s’attend, comme si c’était une fatalité, à ce qu’il y ait de la casse."
"Eh bien, je peux vous assurer que si nous étions en responsabilité, et que nous avions pour le coup une majorité avec les pleins pouvoirs, ça n’arriverait pas. Et il faudrait que la peur change de camp, parce que finalement le foot, ça doit être une joie et une fête, et pas la fête de la casse."
Jacques Cardoze : Dernière question. Bruno Retailleau, lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, avait qualifié les émeutiers ainsi, en disant : « Certes, ce sont des Français, mais ce sont des Français par leur identité, et malheureusement, pour la deuxième, la troisième génération, il y a comme une sorte de régression vers les origines ethniques. » Vous reprenez ces propos ?
Jonas Haddad : "Il suffit de regarder les réseaux sociaux. Quand on pose la question à certaines personnes : « Dis, toi, tu es d’où ? », « Moi, je suis de tel pays, de tel pays, de tel pays », alors que les personnes sont françaises. Enfin, c’est hallucinant. Ne pas le voir, c’est ne pas être connecté à la réalité. Vous regardez les plus gros influenceurs, vous regardez quand ils font des interviews. Ils disent : « Toi, tu es d’où ? » Et les personnes disent les pays d’origine des parents, des générations."
Jacques Cardoze : Vous regrettez qu’il n’y ait pas cette assimilation et cette envie d’intégrer, de porter le drapeau français ?
Jonas Haddad : "Regardez, moi, mon grand-père est tunisien, d’accord ? Et il s’est marié avec une femme, et puis après avec des familles qui viennent d’autres origines. Il ne me viendrait jamais à l’idée, à votre micro, de dire : « Je suis tunisien », s’il y avait la Tunisie qui jouait. Donc il y a eu un effort d’assimilation qui a été réalisé, et je pense que cet effort d’assimilation, c’est la garantie de faire en sorte qu’il n’y ait plus de différence."
"On ne peut pas d’un côté dire : « Oh, mais il y a du rejet, il y a du ressentiment », sans faire en sorte également d’assimiler. On ne peut pas être en permanence dans la différence et demander l’indifférence."
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