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Jean-Philippe Tanguy : "Sophie Binet et Marylise Léon ont la trouille de Marine Le Pen"

Par Aurélie Giraud

ENTRETIEN SUD RADIO - Carburants, le RN et les patrons : Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme, était “L’invité politique” sur Sud Radio.

Jean-Philippe Tanguy
Jean-Philippe Tanguy, interviewé par Maxime Lledo sur Sud Radio, le 24 avril 2026, dans “L’invité politique”.

Taxes sur le carburant, TVA et TICPE, critique du gouvernement et des oppositions, relations avec le patronat, tensions avec les syndicats, immigration et économie, politique industrielle et critique du macronisme. Au micro de Sud Radio, Jean-Philippe Tanguy a répondu aux questions de Maxime Lledo.   

"Je pense que Raphaël Glucksmann n’a jamais fait un plein de sa vie, tout comme la patronne d’Engie, qui défend ses intérêts"

Maxime Lledo pour Sud Radio : Vous maintenez votre proposition de baisser la TVA sur le carburant à 5,5%. Pourquoi est-ce une priorité ?
Jean-Philippe Tanguy : “Parce que les dispositifs actuels sont devenus totalement illisibles. Avec les critères cumulés du gouvernement, une grande partie des classes moyennes ne touchera rien, alors même qu’elles sont les plus pénalisées. Nous proposons une mesure simple, visible et immédiate pour tous les Français. C’est une question de pouvoir d’achat et de justice fiscale.”

Vous proposez également une baisse de la TICPE. Quel serait l’effet concret pour les Français ?
“En cumulant la baisse de la TVA et celle de la TICPE, on arrive à une diminution de 40 à 45 centimes par litre. C’est une baisse très significative, qui se ressent immédiatement dans le budget des ménages. D’autres pays européens ont déjà pris des mesures comparables. Nous assumons d’aller au bout de cette logique.”

Comment garantir que cette baisse soit réellement répercutée à la pompe ?
“Nous proposons un contrôle temporaire des marges pour éviter les abus. Sans cela, certains acteurs pourraient être tentés de capter une partie de la baisse. Ce contrôle permet de sécuriser l’effet de la mesure pour les consommateurs. C’est une condition indispensable pour que la réforme soit efficace.”

Que répondez-vous aux critiques de Raphaël Glucksmann sur cette mesure ?
“Je pense qu’il n’a jamais fait un plein de sa vie. Il ne mesure pas ce que vivent les Français quand leur salaire passe dans le carburant. Il y a un décalage évident avec la réalité du quotidien. Donc ses critiques me paraissent assez éloignées du terrain.”

La patronne d’Engie, Catherine MacGregor, juge aussi vos propositions dangereuses…
“Elle défend les intérêts de son entreprise, ce qui est parfaitement normal. Engie est issue de la libéralisation du marché de l’énergie, un modèle que nous contestons. Nous voulons revenir à une forme de régulation avec des prix encadrés. L’énergie est un bien stratégique qui ne peut pas être abandonné aux seules logiques de marché.”

"Les députés n’ont pas à être éduqués. Je n’ai pas de leçon à recevoir du grand patronat"

Catherine MacGregor a aussi déclaré que le RN avait 123 députés, qu’il fallait aller les voir et "les éduquer". Est-ce que Jordan Bardella est devenu un bon élève du Medef ?
“Cette attitude est assez odieuse. Les députés sont les élus de la nation, quelle que soit leur famille politique, et ils n’ont pas à être “éduqués” par des dirigeants d’entreprise. Je n’ai pas de leçon à recevoir du grand patronat, pas plus que d’autres catégories. Les responsables politiques doivent écouter tout le monde : les salariés, les agriculteurs, les artisans, les retraités, les fonctionnaires et les patrons.”

N’y a-t-il pas un sujet en trompe-l’œil, avec une partie du RN qui souhaite se rapprocher du patronat et qui va devoir faire des compromis ?
“Je ne crois pas. Il est important de dialoguer avec tout le monde et de comprendre les réalités de l’entreprise, mais il n’y a pas un seul patronat. Entre un patron de TPE, un agriculteur, un auto-entrepreneur ou un grand dirigeant, les situations n’ont rien à voir. Nous cherchons une convergence de l’intérêt national et de l’intérêt général, sans être éduqués ni obéir à qui que ce soit.”

Les explications du RN ont-elles été convaincantes auprès des patrons et des partenaires sociaux ?
“Beaucoup de cette communication vient surtout des journalistes, qui créent des histoires parisiennes autour de ces rencontres. Sur les syndicats de salariés, il y a un vrai écart entre certaines élites et la base. Le Rassemblement national est le premier parti chez les ouvriers, les employés et les professions intermédiaires. Nous parlons avec cette base, et c’est cela qui compte.”

"Madame Binet et Madame Léon ont la trouille de Marine Le Pen"

Vos relations avec les syndicats restent tendues. Comment l’expliquez-vous ?
“Certaines directions refusent tout simplement le débat. Marine Le Pen leur avait proposé de débattre pendant la présidentielle de 2022 et elles ont fui. Elles ne veulent pas dialoguer avec nous. Madame Binet et Madame Léon ont la trouille de Marine Le Pen.”

Pourquoi, selon vous, refusent-elles ce débat ?
“Parce qu’elles n’ont rien à nous dire. Elles n’ont rien à défendre contre notre programme, qui correspond aux intérêts des travailleurs français. Elles sont dans l’idéologie, au service du macronisme, des socialistes, des communistes ou des insoumis. Elles ne défendent pas réellement les salariés.”

Vous pensez donc que le RN parle davantage aux salariés que les directions syndicales ?
“Oui, parce que nous parlons avec la base. Le Rassemblement national est le premier parti des ouvriers, des employés et des professions intermédiaires. Il y a un décalage entre les salariés et certaines élites syndicales. C’est cela que les directions refusent de voir.”

"Non, l’immigration ne soutient pas l’économie !"

Certains secteurs demandent la régularisation de travailleurs sans papiers. Quelle est votre position ?
“Nous pensons que c’est une erreur majeure. Dans un pays marqué par un chômage élevé, cela n’a pas de sens économique. L’immigration ne soutient pas l’économie dans ce contexte. Elle peut même aggraver certaines tensions sur le marché du travail.”

Comment expliquez-vous les difficultés de recrutement dans certains métiers ?
“C’est un discours ancien que l’on entend depuis des décennies. Pourtant, il existe des millions de chômeurs en France. Le problème vient surtout de la formation et des conditions de travail. Il faut agir sur ces deux leviers.”

Que proposez-vous concrètement pour améliorer la situation ?
“Il faut revaloriser les conditions de travail et mieux former les demandeurs d’emploi. Certains métiers sont délaissés car ils sont trop pénibles ou mal rémunérés. Il faut aussi alléger les charges qui pèsent sur les entreprises. C’est ainsi que l’on rééquilibrera le marché du travail.”

"Le macronisme, c’est l’asile des fous des 12 travaux d’Astérix !"

L’électrification massive de la société, promise par le gouvernement, va-t-elle dans le bon sens ?
“Encore faut-il avoir des entreprises françaises. Quand on met des milliards d’euros dans la transition énergétique, il faut que cela profite à notre industrie. Il faut créer des champions français. Sinon, on reproduit les mêmes erreurs qu’avec les panneaux solaires.”

Emmanuel Macron a annoncé la "méthode Notre-Dame". Est-ce révolutionnaire ?
“J’ai été complètement consterné par ce discours. Il ne faut pas 150 projets industriels en France, il en faut 150 par département. Il faut tout simplifier et déréguler l’ensemble des procédures. Aujourd’hui, la bureaucratie empêche les gens de travailler et d’investir.”

Que critiquez-vous précisément dans cette méthode ?
“On demande à la bureaucratie de choisir quelques projets qui échapperaient à la bureaucratie. C’est de la bureaucratie dans la bureaucratie. On garde les règles qui bloquent tout le monde, puis on crée des exceptions. C’est exactement ce fonctionnement absurde que je dénonce. On a l’impression d’être dans Les 12 travaux d’Astérix, quand Astérix et Obélix arrivent chez les fonctionnaires et que tout devient fou. Le macronisme, c’est cela : un asile administratif sur Terre. Le macronisme, c’est l’asile des fous des 12 travaux d’Astérix.”

Retrouvez "L’invité politique" chaque jour à 8h15 dans le Grand Matin Sud Radio

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