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François-Xavier Bellamy : "La gauche et l'extrême gauche veulent détruire nos frontières"

Par Aurélie Giraud

ENTRETIEN SUD RADIO - Accord Iran-États-Unis, "hubs de retour", Retailleau : François Xavier Bellamy, député européen et premier vice-président des Républicains, était “L’invité politique” sur Sud Radio.

François-Xavier Bellamy
François-Xavier Bellamy, interviewé par Maxime Lledo sur Sud Radio, le 19 juin 2026, dans “L’invité politique”.

G7, accord avec l’Iran, immigration illégale, centres de retour hors de l’Union européenne, maîtrise des frontières, stratégie des Républicains pour 2027 et candidature de Bruno Retailleau. Au micro de Sud Radio, François Xavier Bellamy a répondu aux questions de Maxime Lledo.

"Le G7 est un succès diplomatique pour la France et pour Macron"

Maxime Lledo pour Sud Radio : Le G7 et la séquence internationale d’Emmanuel Macron illustrent-ils un retour de la puissance diplomatique française ?
François-Xavier Bellamy : “C’est incontestablement un succès diplomatique pour la France et pour Emmanuel Macron. Je ne suis pas un soutien du président de la République, mais il faut reconnaître quand quelque chose est réussi. Le G7 a été bien préparé et a permis d’aboutir à une déclaration commune, ce qui constitue un moment important dans la période que nous vivons. Il faut donc reconnaître la réussite diplomatique de cette séquence.”

L’accord conclu avec l’Iran constitue-t-il malgré tout une source d’inquiétude ?
“Cet accord porte avec lui une part de soulagement, mais aussi une part d’inquiétude, car personne ne doit être dupe. Le régime iranien n’a pas changé et ses intentions restent les mêmes. Cet accord lui accorde une bulle d’oxygène pour survivre, reconstruire ses capacités et continuer de soutenir des organisations terroristes comme le Hezbollah ou le Hamas. Le peuple iranien reste, lui, sous le joug d’un régime totalitaire islamiste.”

Craignez-vous également les conséquences de cet accord pour le Liban et l’ensemble de la région ?
“Je pense au peuple libanais, qui voit avec inquiétude la perspective du désarmement du Hezbollah être repoussée, alors qu’il est absolument indispensable. Nous continuerons à nous battre pour cet objectif, car le Liban ne retrouvera pas la paix sans le désarmement des milices iraniennes. Cet accord n’est pas la fin des hostilités, mais seulement leur suspension. Il n’y aura pas de sécurité ni de stabilité tant que le régime iranien restera l’auteur de cette déstabilisation massive.”

Donald Trump porte-t-il une part de responsabilité dans la situation actuelle ?
“Je ne suis pas un citoyen américain et ce n’est pas mon rôle de juger la politique américaine. Notre responsabilité consiste à protéger la France et les Français contre les risques qui sont devant nous. Il faut que tout le monde soit lucide sur le fait que le régime iranien est intrinsèquement terroriste. Les conséquences de cet accord préoccupent le Liban, Israël, mais aussi l’ensemble des pays du Golfe.”

"Est-ce que la France va créer un centre de retour ? Il faut désormais de la volonté politique"

Le vote du Parlement européen sur les retours de migrants doit-il permettre de sortir de l’impuissance face à l’immigration illégale ?
“L’idée fondamentale est de sortir de l’impuissance actuelle de l’Europe face à l’immigration illégale. Il ne s’agit pas seulement de personnes déboutées du droit d’asile, mais aussi de personnes entrées illégalement ou restées au-delà de la durée de leur titre de séjour. Aujourd’hui, elles peuvent s’établir durablement en Europe parce qu’elles savent qu’elles ont très peu de chances d’être expulsées. Cette situation entretient l’inefficacité de nos politiques migratoires.”

Les centres de retour hors des frontières de l’Union européenne sont-ils comparables au dispositif tenté par l’Italie en Albanie ?
“L’Italie tentait autre chose, puisqu’elle voulait placer dans ces centres des personnes dont la demande d’asile était encore examinée. Le texte dont nous parlons concerne des personnes qui sont déjà illégalement présentes sur le territoire de nos pays. En France, moins de 10% des obligations de quitter le territoire français, les OQTF, sont réellement exécutées. L’une des raisons est que certains pays de départ refusent de reprendre leurs propres ressortissants.”

Le refus de coopération de certains États, comme l’Algérie, justifie-t-il la création de ces centres ?
“Le problème est particulièrement visible avec le régime algérien, qui refuse de reprendre des citoyens algériens présents illégalement en France. En 2025, 51.000 Algériens en situation irrégulière ont été interpellés sur le territoire français. Les centres de retour permettraient de reconduire certaines personnes dans un pays tiers lorsque leur pays d’origine refuse de coopérer. Ils créeraient ainsi une dissuasion qui n’existe pas aujourd’hui.”

Ces centres risquent-ils d’être bloqués par les juridictions ou les institutions nationales ?
“Il s’agit désormais du droit européen. Pendant longtemps, on nous a expliqué qu’une politique migratoire plus ferme était impossible parce que l’Europe l’empêchait. Avec ce règlement, cet argument ne pourra plus être utilisé. Les États disposent maintenant des moyens juridiques nécessaires pour agir.”

La France doit-elle donc créer rapidement un centre de retour ?
“La question est très simple : est-ce que la France va créer un centre de retour ? Le texte a été approuvé par 26 États européens sur 27, avec des gouvernements de couleurs politiques très différentes. Il faut désormais la volonté politique nécessaire pour aller au bout de cette logique. Tous les moyens d’agir sont dans les mains de l’État et il ne manque plus que la volonté politique.”

"La gauche et l’extrême gauche veulent détruire nos frontières"

Comment réagissez-vous aux accusations de “déportation massive” formulées par une partie de la gauche ?
“Je crois au contraire que nous pouvons être fiers qu’une institution européenne, trop longtemps incapable d’agir, ait enfin débloqué ce sujet. La révision des textes était bloquée depuis huit ans. Le texte que j’ai proposé a permis de construire une majorité pour rendre à nos pays la maîtrise de leurs frontières. La gauche et l’extrême gauche veulent déconstruire la possibilité, pour nos démocraties, de décider qui a le droit d’entrer sur leur territoire.”

Cette opposition est-elle partagée par toutes les forces de gauche en Europe ?
“Cette fuite en avant n’est pas partagée par toute la gauche européenne. Des socialistes ont soutenu ce texte dans les pays nordiques ainsi qu’en Europe centrale et orientale. La ligne défendue par l’extrême gauche française ne représente donc pas l’ensemble de la gauche européenne. Beaucoup ont compris qu’il fallait apporter une réponse concrète à l’immigration illégale.”

Les manifestations de joie observées au Parlement européen étaient-elles adaptées à la gravité du sujet ?
“La question migratoire est tragique et touche directement des vies humaines, je ne la prends donc pas à la légère. Mais c’est précisément parce que la situation est grave qu’il faut agir. L’immigration illégale provoque des drames dans nos pays et pour les personnes qui empruntent les routes de l’exil. L’impuissance européenne nourrit le business sordide des passeurs et la traite des êtres humains.”

Une politique de fermeté peut-elle, selon vous, réduire le nombre de morts en Méditerranée ?
“Le jour où le monde entier saura qu’il est impossible de s’établir en Europe sans y avoir été légalement autorisé, il n’y aura plus de raison de payer les passeurs. Il y aura moins de morts en Méditerranée et moins de traite d’êtres humains à nos frontières. Je suis fier de vouloir préserver des vies humaines en mettant fin à cette impuissance. La gauche porte une responsabilité lorsqu’elle refuse toutes les mesures permettant de reprendre le contrôle.”

Immigration et hubs de retour : "C’est notre texte qui a permis ce résultat"

L’adoption du règlement marque-t-elle une alliance entre la droite et l’extrême droite au Parlement européen ?
“Lorsqu’un texte est soumis au Parlement européen, il est adopté avec les voix de parlementaires élus par les citoyens. Les suffrages ne sont pas triés en fonction des étiquettes politiques. Ce qui m’étonne davantage, c’est de voir une gauche qui affirme défendre le droit d’asile mais refuse de distinguer ceux qui en bénéficient de ceux qui n’y ont pas droit. Je m’étonne aussi de voir des députés macronistes parler d’État de droit tout en protégeant une situation dans laquelle les décisions de justice ne sont pas appliquées.”

Le vote favorable de partis situés à la droite des Républicains ne vous pose-t-il aucun problème ?
“Nous avons remis le droit à l’endroit avec tous ceux qui ont accepté de nous suivre sur la base du texte que nous avions proposé. Je n’ai pas changé de position pour obtenir leurs voix. Ce règlement a été approuvé par 26 États sur 27, y compris par des gouvernements socialistes ou des coalitions auxquelles participent des alliés des macronistes. Il ne s’agit donc pas d’un texte réservé à une seule famille politique.”

Considérez-vous que votre groupe a imposé sa ligne aux autres forces politiques ?
“C’est notre texte qui a permis ce résultat. Au départ, le Rassemblement national présentait cette proposition comme un projet mortel pour l’Union européenne, avant de finir par la soutenir. Le gouvernement français, Marine Le Pen et Jordan Bardella applaudissent aujourd’hui un dispositif que nous avons construit. Nous apportons les solutions alors que d’autres se contentent de commenter ou de suivre.”

Quel objectif politique poursuivez-vous avec ce règlement sur l’immigration illégale ?
“Notre but est de mettre fin à une tragédie, à l’inquiétude des Français et à l’impuissance de nos démocraties. Nous voulons également mettre fin au business des passeurs, qui prospère sur l’absence de maîtrise des frontières. Je mesure pleinement la dimension humaine et tragique de cette question. C’est précisément pour cette raison que je refuse les mauvais procès faits à ceux qui veulent agir.”

"Bruno Retailleau est la seule alternative crédible pour sortir du macronisme"

Bruno Retailleau veut-il apparaître comme le candidat de l’ouverture à droite ?
“Bruno Retailleau est une personnalité politique qui a le courage d’assumer ses convictions depuis toujours. Il porte une droite claire, ferme, paisible et sérieuse, qui veut apporter des réponses aux problèmes des Français. C’est peut-être pour cette raison qu’il est autant combattu. Il représente, avec notre famille politique, la seule alternative crédible à la faillite du macronisme et du socialisme.”

Sa candidature a-t-elle vocation à aller jusqu’au bout en vue de l’élection présidentielle de 2027 ?
“Cette aventure commence et elle ira jusqu’au bout. Je suis convaincu qu’elle peut gagner, car les Français veulent des responsables politiques qui ne se contredisent pas et ne se renient pas chaque matin. Ils attendent une action courageuse et solide pour relever le pays. Bruno Retailleau incarne cette constance et cette clarté.”

Un ralliement à Édouard Philippe est-il envisageable ?
“Je comprends l’intérêt d’Édouard Philippe à imaginer les ralliements dont il aurait besoin pour sortir de son déclin dans les sondages. Mais la véritable question de 2027 sera de savoir si nous continuons le macronisme ou si nous en sortons. Les Français ne veulent plus du “en même temps”, des ambiguïtés et des contradictions permanentes. La clarté est aujourd’hui portée par Bruno Retailleau.”

Les anciens électeurs d’Emmanuel Macron ou du Rassemblement national peuvent-ils rejoindre les Républicains ?
“Tous ceux qui veulent soutenir l’alternance sont les bienvenus, quel qu’ait été leur vote par le passé. Beaucoup de Français se sont détournés de la droite parce qu’ils ont été déçus ou frustrés. Mon message consiste à leur dire de revenir. Les Républicains sont la seule formation qui dispose de la clarté et du courage nécessaires pour réformer le pays.”

Que vous inspire la justification des sifflets contre La Marseillaise par un élu de la République ?
“Il n’y a qu’en France que l’on peut imaginer qu’un maire portant l’écharpe tricolore justifie le fait de siffler l’hymne national. La France insoumise choisit ainsi de combattre la France elle-même et ce qui nous réunit. Une telle déclaration n’a rien d’anodin. Elle est, au contraire, d’une immense gravité.”

Retrouvez "L’invité politique" chaque jour à 8h15 dans le Grand Matin Sud Radio

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