Les Français changent de département... mais aussi de manière de consommer. C'est ce que révèle une étude menée par l'application française de cashback 10%, qui a analysé 227 353 tickets de caisse enregistrés entre le 1er et le 25 juillet 2026. En croisant le lieu d'achat avec le département de résidence des consommateurs, l'entreprise dresse le portrait d'un été où les habitudes alimentaires suivent les vacanciers.
Un Français sur quatre fait ses courses hors de son département
Premier enseignement de cette étude : les déplacements estivaux se reflètent directement dans les achats. Entre le 1er et le 25 juillet, 12,7 % des tickets de caisse ont été émis hors du département de résidence de leur propriétaire. Au total, près d'un foyer sur quatre (24,6 %) a effectué au moins une fois ses courses en dehors de son département.
Le phénomène s'intensifie à partir de la mi-juillet, période correspondant aux premiers grands départs en vacances. Les départements les plus touristiques voient ainsi leur clientèle se transformer. En Ardèche, plus d'un ticket de caisse sur quatre est réalisé par un visiteur (26,7 %), devant la Lozère (26,3 %), la Vendée (23,3 %), les Hautes-Alpes (23,2 %) ou encore les Landes (22,9 %).
À l'inverse, l'Île-de-France apparaît comme le principal bassin de départ. Les huit départements franciliens enregistrent davantage d'habitants faisant leurs courses ailleurs que de visiteurs venant consommer sur place. La Vendée, le Calvados, le Var et la Charente-Maritime figurent parmi les destinations privilégiées des Franciliens.
Cidre en Bretagne, pastis dans le Var : les vacanciers adoptent les spécialités locales
L'étude met également en évidence un phénomène marquant : une fois arrivés sur leur lieu de vacances, les Français adaptent très rapidement leurs achats aux spécialités régionales.
En Bretagne, les visiteurs achètent 6,7 fois plus de cidre dans le Morbihan, 5,7 fois plus dans les Côtes-d'Armor et 4,1 fois plus dans le Finistère que les vacanciers présents ailleurs en France. Dans le Var, les achats de pastis sont multipliés par 2,1, tandis qu'en Corse, le rosé est particulièrement plébiscité.
Les produits alimentaires régionaux connaissent également un véritable succès. Dans le Finistère, le beurre demi-sel apparaît 3,4 fois plus souvent dans les paniers des vacanciers. Dans les Landes, pâtés, rillettes et foie gras sont deux fois plus présents qu'ailleurs, tandis qu'en Ardèche, les saucisses et les grillades dominent les achats.
Le panier type des vacances : eau, apéritif et crème solaire
Au-delà des spécialités locales, certains produits connaissent une forte progression partout en France.
L'eau est la catégorie qui progresse le plus, apparaissant dans 27,5 % des tickets de caisse, contre 22,8 % habituellement. Les apéritifs et les chips suivent de près, tout comme les bières, les cidres et les vins.
La plus forte hausse en pourcentage concerne cependant les produits solaires et les autobronzants, dont les achats bondissent de 63 % durant la période estivale.
À l'inverse, les produits liés au quotidien reculent nettement. Les Français achètent moins de lessive, de produits ménagers, de farine, de pâtes à tarte ou encore de surgelés pendant leurs congés. Même les aliments destinés aux animaux de compagnie enregistrent une baisse, avec un recul de 23 % pour les chats et de 18 % pour les chiens.
Des courses plus importantes dès l'arrivée sur le lieu de vacances
Contrairement aux idées reçues, les vacanciers ne multiplient pas les petites courses d'appoint. Les données montrent au contraire qu'ils réalisent souvent un gros ravitaillement dès leur arrivée.
Le montant médian d'un panier effectué en vacances atteint 41,96 euros, contre 39,28 euros à domicile. Plus d'un quart des tickets de caisse (27,6 %) dépassent même les 80 euros.
Cette tendance s'observe particulièrement dans les destinations éloignées des grands bassins de population. Dans l'Hérault, par exemple, les pâtes, le riz et les sauces sont nettement plus présents dans les paniers des visiteurs, signe qu'ils constituent leurs réserves pour plusieurs jours de séjour.
Une consommation qui suit les vacances
Pour Clémence Luc, cofondatrice et directrice générale de 10%, cette étude montre que les vacances modifient profondément les habitudes des consommateurs : « On mesure d'habitude les vacances des Français par leurs départs. Chez 10%, nous, nous les voyons arriver dans les rayons. On observe un vacancier acheter du cidre en Bretagne, du pastis dans le Var, comme s'il adoptait le territoire en même temps que son lieu de séjour. »
Au-delà de l'anecdote, ces données constituent également un indicateur précieux pour les distributeurs et les industriels, qui peuvent ainsi mieux comprendre les évolutions de la consommation pendant la saison estivale.