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Incendies en Gironde : "Il ne faut pas que les gens soient oubliés"

Par Aurélie Giraud

ENTRETIEN SUD RADIO - Les incendies en Gironde, la solidarité, la reconstruction : Pierre-Alexandre Jeandel, entrepreneur qui lance un projet pour soutenir Le Porge, était “L’invité Actu” sur Sud Radio.

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Incendies en Gironde : la solidarité pour les victimes s'organise sur les réseaux sociaux.


Incendies en Gironde : "Pourquoi n’aurait-on pas, au moment du nettoyage, le soutien des grands géants du BTP, comme Vinci, Bouygues et Eiffage ?" Au micro de Sud Radio, Pierre-Alexandre Jeandel a répondu aux questions de Jacques Cardoze.

Victimes des incendies : "Je n’ai pas envie qu’ils deviennent les grands oubliés"

Jacques Cardoze : On poursuit notre chemin, notre balade autour du bassin d’Arcachon, évidemment compte tenu de la situation de ce mégafeu qui a ravagé une bonne partie de la Gironde. On est avec Pierre-Alexandre Jeandel. Vous êtes gérant d’une société d’activités nautiques. Vous avez fait grand bruit sur les réseaux sociaux. On posait la question de savoir s’il fallait aller très, très vite, s’il fallait prendre son temps, ou bien peut-être qu’il faut faire la synthèse aussi. Peut-être qu’on est capable de faire très vite, de prendre aussi les bonnes décisions et de comprendre quels sont les enjeux. On avait cet auditeur qui nous appelait de Lyon et qui nous disait : « Mais il faut aller très vite. Les pare-feux, on sait le faire, les habitants savent le faire. » Et vous, c’est un peu votre message. Vous voulez que cette reconstruction s’installe là, dans les jours qui viennent ?

Pierre-Alexandre Jeandel : "C’est surtout, d’abord, d’apporter du soutien aux habitants. La première chose, puisque j’ai poussé un coup de gueule, je me suis dit le lendemain : la colère ne sert à rien. Il faut leur apporter ce soutien. Ce que je voulais, c’était maintenir ce soutien médiatique qui a eu lieu, parce que je n’ai pas envie qu’ils deviennent les grands oubliés quand on va tourner la page dans quelques jours. Donc, c’est profiter de cet élan pour que les gens restent mobilisés et puissent les aider. C’est aussi un appel aux artistes, pour pouvoir leur témoigner un soutien, parce que cela ne va pas reconstruire leur maison, c’est clair, mais cela peut leur donner la force de tenir le coup."

"Vous savez, la reprise, la reconstruction, vous ne pouvez pas aller vite. Vous avez des démarches, vous avez des procédures administratives, vous avez des procédures d’assurance. Voilà : il faut que cet élan soit là, qu’on soit tous mobilisés, mais cela prendra du temps, malheureusement."

Jacques Cardoze : Vous disiez, et c’était le sens des interventions que vous avez diffusées sur Facebook notamment, qui ont été suivies par des millions de personnes et partagées par des millions de gens : dans un premier temps, il faut faire appel aux sportifs, il faut faire appel également aux artistes. Pourquoi ? Qu’est-ce que vous demandez exactement, pour qu’on comprenne bien ?

Pierre-Alexandre Jeandel : "Si vous voulez, ils ont un spectre beaucoup plus grand pour pouvoir attirer du public, puis sensibiliser, et surtout faire en sorte que ces personnes ne soient pas oubliées, que la solidarité continue après l’engouement médiatique autour des feux. Moi, ce que je souhaite, c’est que cela dure dans le temps. Il ne s’agit pas que les gens soient oubliés d’ici quelques semaines."

"Cela peut créer des vocations. Je reçois des milliers de messages de gens qui disent : « Je suis dans les Ardennes, je suis dans les Côtes-d’Armor, je vais venir en vacances, mais je vais aussi partager mes vacances en apportant de l’assistance et du bénévolat. » Parce qu’il ne faut pas oublier une chose : Le Porge, c’est un petit village, c’est une très belle plage. Moi, je suis du Temple, on bénéficie aussi des commerces du Porge. Si Le Porge va mal, si les commerçants vont mal, à la fin, on va aller vers une situation bien pire. Donc, il faut malheureusement savoir se remonter les manches et savoir dire : on a besoin de faire encore vivre ce tourisme, de faire travailler les commerçants et de finir la saison, comme les artistes, d’ailleurs, ont commencé à le dire très justement et intelligemment."

"Pourquoi n’aurait-on pas le soutien des grands géants du BTP, comme Vinci, Bouygues et Eiffage ?"

Jacques Cardoze : Pour qu’on comprenne bien cet élan de solidarité que vous appelez de vos vœux : quand vous avez un certain nombre de messages de gens qui vous appellent de part et d’autre, de différentes régions de France, ils vous disent : « On veut participer. » Participer à quoi exactement ? Cela consiste en quoi ?

Pierre-Alexandre Jeandel : "Vous avez des procédures. Vous avez d’abord besoin de faire venir un expert. Il ne faut pas brûler les étapes. Donc, un expert d’assurance viendra constater. Ensuite, une fois que vous aurez les acceptations des dossiers de prise en charge, là, il faudra déblayer. Alors, j’ai lancé une idée l’autre jour. On a eu un soutien énorme de bénévoles de toute la France. Pourquoi n’aurait-on pas, au moment du nettoyage, le soutien des grands géants du BTP, comme Vinci, Bouygues et Eiffage ?"

"Je le vois et je félicite Bouygues qui, avec sa filiale Colas, au Temple, a envoyé huit chefs d’équipe, huit chefs de chantier, vingt personnes, avec des citernes, trois fois 8 000 litres, vingt citernes de 1 000 litres et une chargeuse de trente tonnes. Et cela, ils l’ont fait sur la base du volontariat rémunéré. Donc, on a aussi cette possibilité. Pourquoi est-ce que ce serait seulement un artisan, une TPE ou un agriculteur qui devrait aider, alors qu’on a aussi de grands groupes qui ont des moyens et qui peuvent venir aider ? Je suis sûr qu’ils ont commencé, d’ailleurs. C’est l’exemple, là, au Temple, et d’autres vont venir."

"Mais, si vous voulez, ce que je souhaite, c’est qu’il n’y ait personne d’oublié, parce qu’il y a beaucoup, beaucoup de gens qui vont souffrir de cela. Il y a des maisons qui ont été détruites. Je discutais encore une fois, je prends cet exemple, avec cet apiculteur. Il me dit : « Moi, j’ai perdu quatre-vingts ruches. Qui va se rappeler de moi ? Qui va parler de moi ? Mon activité, elle est foutue. » Cet élan médiatique, je veux qu’on le conserve pour que personne ne soit laissé sur le bord de la route."

Jacques Cardoze : Et, à travers ce que vous dites, on comprend bien quel est le sens de votre intervention. Il ne faut pas partir tête baissée, en dépit du bon sens, en se disant : « Je vais aider. » Ce n’est pas comme cela que cela marche. Ce sont, en réalité, tous les professionnels et chaque secteur qui doivent pouvoir aider. Par exemple, vous faites référence à cet apiculteur. Pour qu’on puisse l’aider, peut-être qu’il faut créer un site Internet spécial, spécifiquement dédié à ces incendies, et donc faire appel à des gens de la communication.

Vous faisiez référence à ceux qui sont dans la construction et à cette filiale de Bouygues qui vient aider, c’est tant mieux. Et peut-être que, dans tous les secteurs, ce sont un peu tous les secteurs que vous sollicitez, pour que chacun apporte sa pierre à cet édifice et à la reconstruction.

Pierre-Alexandre Jeandel : "Voilà, c’est exactement cela. Si vous voulez, il y a une chose qui est claire : je ne me substitue pas au travail qui est fait par les élus, et qui est très bien fait par la mairie du Porge, par le maire et son équipe municipale. C’est simplement que, sans le faire exprès, parce que j’ai vraiment eu un coup de gueule quand j’ai traversé Le Porge — j’ai dit : « Ce n’est pas possible » —, j’ai obtenu l’écoute de millions de personnes."

"Je me suis dit : on va le transformer en un élan. Donc, aujourd’hui, les gens qui me disent : « Qu’est-ce que je peux faire ? Comment est-ce que je peux aider ? », je les renvoie soit vers Le Porge, soit vers la communauté de communes. Mais voilà, je suis juste un petit relais."

Incendies : "Ce que je veux : que toutes ces personnes arrivent à garder de l’énergie et ne baissent pas les bras"

Jacques Cardoze : Il ne faut pas se sous-estimer. Les relais de l’opinion, c’est aussi comme cela que fonctionne aujourd’hui la communication. Vous êtes sur l’antenne de Sud Radio. C’est aussi parce que vous avez fait des millions de vues, parce que vous avez sensibilisé et parce que, effectivement, vous mettez aussi en avant le travail, en l’occurrence, de Bouygues ou d’autres entreprises qui ne manqueront pas, j’en suis sûr, d’aider la Gironde. Je lisais que le Medef Gironde redoute un effondrement de l’activité économique. On parle de 20 000 entreprises touchées sur 130 000. Il y a 130 000 entreprises dans ce département et 82 000 salariés, aujourd’hui, qui sont contraints à une activité partielle. Donc, il va falloir de l’aide. On est avec Myriam, qui est à La Destrousse, dans les Bouches-du-Rhône, et qui souhaite intervenir également sur ce sujet. On s’interroge sur la manière de reconstruire la Gironde.

Myriam Blancard : "Je voulais déjà intervenir pour remercier Pierre-Alexandre, qui doit encore être là, en ligne, parce que, franchement, il m’a fait prendre conscience de beaucoup de choses. Les Bouches-du-Rhône, c’est très loin de la Gironde et on ne se rendait pas vraiment compte de ce qui se passait là-bas, malgré les réseaux sociaux, les télés et les informations. Par contre, quand j’ai vu sa première vidéo, j’avais les larmes aux yeux. Je l’ai suivi jusqu’à aujourd’hui, je le suis encore, et je voulais juste lui dire que son intervention n’est pas vaine."

"Toujours sur les réseaux sociaux, je suis tombée sur une vidéo de Julien Courbet, que tout le monde connaît très bien, qui a été très touché en voyant la vidéo de Pierre-Alexandre également, et il a décidé de monter un événement. Dans sa dernière vidéo, Julien Courbet annonçait qu’il avait créé un événement. Il avait une chaîne de télévision qui allait relayer cet événement, il avait des vedettes, il avait des stars et, apparemment, il a une guest-star dont il garde le nom jusqu’à la dernière minute. Tous les artistes devraient faire cela. Et merci, Pierre-Alexandre, de nous avoir fait prendre conscience de la réalité des choses sur le terrain."

Jacques Cardoze : Les artistes et les sportifs bénéficient, eux, de communautés gigantesques. Il n’y a qu’à voir le nombre d’abonnés dont ils bénéficient sur Facebook, Instagram ou TikTok, par exemple. C’est aussi cela qui fait bouger les lignes.

Pierre-Alexandre Jeandel : "Exactement. Et d’ailleurs, il y a un artiste du Porge qui a perdu sa maison, qui est dans l’événementiel depuis vingt-sept ans. Son profil Facebook, c’est Marc Dala Samba. Il a posé ses émotions sur une chanson, sur un texte. Je vous invite vraiment à écouter sa chanson. Il a le ton juste et il donne de l’énergie pour se battre et reconstruire. C’est ce que je veux : que toutes ces personnes arrivent à garder de l’énergie et ne baissent pas les bras."

Retrouvez "L’invité Actu" chaque jour à 8h15 dans le Grand Matin Sud Radio

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