Jacques Cardoze : Vous avez démarré les consultations des groupes parlementaires sur le budget. Allez-vous devoir composer sans La France insoumise qui boycotte ces échanges ?
Laurent Panifous : « Oui, nous avons commencé hier et ces consultations vont se prolonger jusqu'au début de la semaine prochaine. La volonté, la commande du Premier ministre est claire, c'est que nous puissions consulter, avant que l'arbitrage final sur la copie du budget du Premier ministre arrive dans quelques jours, que nous puissions consulter l'ensemble des forces politiques sur leur position vis-à-vis de la retraite, qui est un sujet sensible parmi les autres.
Que la France Insoumise ait refusé cette consultation, c'est leur droit, c'est regrettable, mais ils avaient déjà refusé les consultations l'année dernière, dans la préparation du précédent budget. »
🗣️ @LPanifous : "Il y aura peut-être la nécessité de demander aux retraités de participer à un effort collectif. Mais l'essentiel sera fait par l'État" #retraites #GrandMatin
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Budget : "L'essentiel de l'effort sera fait par l'État"
Vous allez présenter aux groupes la désindexation des plus fortes pensions ou la suppression de l'abattement fiscal pour frais professionnels. Quelle est la piste privilégiée aujourd'hui ?
« L'arbitrage sera donné après ces consultations, après que nous ayons eu l'avis de toutes les sensibilités politiques présentes au Parlement. Effectivement, il y a deux pistes. Pour l'instant, nous n'avons reçu qu'un des groupes parmi les 11 à l'Assemblée nationale et parmi les 7 au Sénat, puisque sur tout le Parlement. Vous avez 18 groupes parlementaires, c'est beaucoup.
Donc, nous allons les consulter. En tout cas, c'est le Premier ministre qui tranchera. L'idée, effectivement, c'est qu'il y a quand même la nécessité, peut-être, de demander aux retraités de participer à un effort collectif. L'essentiel de l'effort, et ça, c'est certain, sera fait par l'État, très largement.
Je crois que c'est ce qu'attendent les Français, nous l'avons bien compris. L'État montrera l'exemple, et vous le verrez dans les prochains jours. Ensuite, il n'y aura absolument aucune baisse des retraites. C'est une ligne rouge qui a été fixée par le Premier ministre. Donc, s'il doit y avoir quelque chose, ça sera éventuellement une hausse moins forte que prévue des retraites. C'est important. »
"L'État va montrer l'exemple"
Une hausse moins forte que prévue des retraites signifie-t-elle une désindexation de l'inflation ?
« Oui. Concrètement, pour les Français, la retraite augmentera un peu moins vite que l'inflation, ce qui permet de réaliser des économies budgétaires. Soyons clairs, mais concrètement, en numéraire, l'euro touché, ça ne baissera pas. Ça augmentera, mais moins que prévu. »
L'État va-t-il appliquer des réductions de dépenses significatives dans ses propres services ?
« Oui, dans le budget qui sera présenté par le Premier ministre dans les prochains jours, l'essentiel de l'effort budgétaire que nous devons faire pour faire face à ce déficit majeur, à cette crise de croissance, à la crise internationale que toutes les Françaises et les Français constatent, c'est l'État qui va le faire. Et depuis plusieurs années maintenant, nous voyons bien que les Françaises et les Français demandent à l'État de montrer l'exemple. Nous allons le faire.
L'État va montrer l'exemple. Nous demanderons peut-être à d'autres sphères, peut-être les retraités, dans la sphère publique, peut-être aussi les collectivités, mais d'abord l'État, de faire des efforts dans des proportions très importantes. »
"On utilise des mots qui peuvent faire peur"
Les collectivités locales seront-elles également mises à contribution ?
« Les collectivités, si elles devaient être mises à contribution, seront aussi probablement mises à contribution sur une hausse comme les retraités, moins importante que prévu, mais certainement pas par une baisse et certainement pas non plus par une stabilité. »
Si je résume, à la fois pour ces retraités et à la fois pour les collectivités, c'est un frein dans la progression.
« Exactement, un frein dans l'augmentation, qui n'est pas neutre, c'est une décision qui doit être prise en compte, notamment dans les collectivités. Je suis élu local dans la gestion de sa collectivité, mais ça n'est pas une année blanche et ça n'est pas un recul, donc c'est quand même significatif.
C'est pour ça que je fais attention aux mots. On utilise des mots qui peuvent faire peur. En revanche, pour ce qui concerne l'État, ses administrations, ses opérateurs, là nous verrons que l'effort va être significatif. »
"Des filières seront préservées, sur tout le reste, des efforts significatifs seront demandés"
Faut-il s'attendre à la fermeture de certaines agences de l'État ou à des coupes ciblées ?
« Non, pas en particulier des agences qui vont fermer, mais un effort qui va être demandé à l'ensemble des services de l'État dans le budget à venir. Je ne sais pas si ce sera une baisse. En tout cas, on sait que par exemple, la défense sera préservée. Le Premier ministre a toujours dit qu'il y avait certaines administrations. La question de la transition écologique, la question de la sécurité intérieure et extérieure, il y a des filières, c'est l'agriculture, la difficulté que nous rencontrons sur ce sujet. Il y a des filières qui seront préservées. Sur tout le reste, il y aura des efforts significatifs qui seront demandés. »
Comment faire adopter ce budget face à l'opposition de LFI et du RN ?
« Le budget présenté sera celui du gouvernement après consultations. Je trouve que c'est de bonnes politiques que d'écouter l'avis de l'ensemble des parlementaires, de l'ensemble de la représentation nationale. Ils ont été élus par les Françaises et les Français, tous. Certains choisissent de ne pas débattre. Ensuite, c'est au gouvernement de prendre ses responsabilités, de présenter un budget. Ce budget, ensuite, sera débattu pendant de longs mois, de longs mois, au Parlement. »
💰Budget 2027
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🗣️ @LPanifous : "Le Gouvernement n'attend de cadeau de personne. C'est un budget de compromis, et sera mis au débat pendant deux mois. Le Gouvernement prendra ensuite ses responsabilités" #GrandMatin
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"Le PS a été un acteur majeur de la solution l'année dernière"
Pourriez-vous trouver des compromis avec le Parti socialiste pour faire passer le budget ?
« C'est le Parti Socialiste qui avait dénoué le même problème l'année dernière. Le Parti Socialiste a été un acteur majeur de la solution l'année dernière pour le budget et c'est heureux. Je suis originaire du Parti Socialiste que j'ai quitté suite à l'accord NUPES puis Front Populaire que je dénonçais. Mais je dois dire que le Parti Socialiste, l'année dernière, a été un acteur majeur de la stabilité que nous avons pu trouver avec le gouvernement.
Cette année, quels seront les acteurs qui permettront encore de trouver une stabilité ? Et finalement, pour dire les choses très clairement à celles et ceux qui nous écoutent, l'objectif du gouvernement, c'est de donner un budget à la France. Un budget sérieux qui tient compte du déficit, un budget acceptable pour les forces politiques et un budget pour l'équipe qui va nous succéder.
Parce que si les uns et les autres sont honnêtes et responsables, je parle des responsables politiques, ils savent très bien, en tout cas celles et ceux qui croient qu'ils peuvent gagner l'élection présidentielle, c'est qu'ils vont avoir besoin d'un budget. »
"C'est un budget de compromis"
Mais vous savez bien, et j'ai envie de dire même mieux quiconque, que le Parti Socialiste est en campagne et qu'il risque de ne pas avoir très envie de vous faire de « cadeaux ».
« Le gouvernement n’attend de cadeaux de personne. Ce que nous essayons de faire, c'est un budget sérieux, à l'image de ce gouvernement. C'est déjà en soi un budget de compromis. Ce gouvernement est fait de personnalités d'horizon différents. Et ce budget sérieux, qui peut même être un petit peu dur en termes d'ambition vis-à-vis de l'État lui-même, sera mis au débat. C'est un budget de compromis.
Et le gouvernement va proposer, nous allons débattre avec les parlementaires pendant deux mois, mais à la fin ce sont les parlementaires qui vont voter. Et si ce budget ne pouvait pas être voté, ce qui est possible, alors le gouvernement, selon la situation, selon les accords qu'il y aura eu ou pas, pas dans ce débat. Mais il faut que le débat ait lieu, le gouvernement alors prendra ses responsabilités. »
Le recours aux ordonnances ou au 49.3 est-il envisageable ?
« Nous ferons en sorte que la France ait un budget. On verra quel est le chemin. Il y a les ordonnances, le 49-3, le vote, on sait bien que le vote c'est hautement improbable. Rien n'est écarté à ce stade. »
💰Un budget par ordonnances ?
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🗣️ @LPanifous : "La question du moyen pour faire adopter le budget n'est pas fixée aujourd'hui. Mais sur un passage en force, @BrunoRetailleau a tort" #GrandMatin
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"La commande du Premier ministre est claire : pas de hausse de la fiscalité"
Sur les arrêts maladie et les niches fiscales, est-ce que là aussi il faut s'attendre à des pistes que vous pourriez explorer, qui ne l'ont pas encore été ?
« Alors sur la question de la fiscalité, ce que je dois vous dire d'abord, c'est que la commande du Premier ministre est claire, ce n'est pas de hausse de la fiscalité. C'est, je crois, ce qu'attendent les Françaises et les Français. On a un niveau d'imposition dans ce pays parce qu'on a des services publics importants, un niveau de fiscalité qui est important puisque c'est l'un qui finance l'autre. Le Premier ministre ne souhaite pas qu'il y ait augmentation d’impôts.
En revanche, sur ce qui concerne certaines niches fiscales qui restent à ce stade à déterminer et de quelle manière peut-être elles pourraient être plafonnées, mais ça, ce sera l'arbitrage du Premier ministre, il peut y avoir certains mouvements. Mais globalement, dans ce budget qui sera présenté, il n'y aura pas d'augmentation de la fiscalité, c'est là aussi une ligne qui a été fixée par le Premier ministre. »
Donc peut-être quelques coups de rabot sur certaines niches fiscales ?
Oui, en tout cas sur des niches qui ne sont pas opérantes.
"M. Retailleau, laissez-nous faire ce budget"
Que répondez-vous à Bruno Retailleau qui préconise d'utiliser les ordonnances au bout de 70 jours et de remettre la réforme des retraites sur la table ?
« Sur la question des retraites, qui est une question majeure puisqu'elle est en partie responsable des déficits que nous connaissons, il y a une évolution démographique qui est ce qu'elle est. Il y a un décalage et un déficit dans le financement de retraite.
C'est un fait que l'on soit de gauche ou de droite, c'est un fait comptable. Est-ce qu'il faut une réforme de nos retraites ? Oui, il en faut une. Vous savez, j'ai fait partie de celles et ceux qui ont dénoncé la réforme des retraites que je considérais comme injuste.
La question du moyen pour faire adopter le budget, on en a parlé à l'instant, il n'est pas fixé aujourd'hui. Il dépendra de la qualité des débats budgétaires pendant deux mois et de la capacité ou non à trouver un compromis. A la fin des fins, le gouvernement prend la responsabilité.
M. Retailleau cible le fait qu'il faut trouver une solution sur les retraites, il a raison. Le moyen qu'il propose, c'est-à-dire passer en force aujourd'hui, je considère qu'il a tort. Nous avons trouvé de la stabilité politique il y a un an, justement, en suspendant, en renvoyant l'élection présidentielle, elle arrive dans quelques mois. Donc moi, ce que je veux dire à M. Retailleau, c'est, laissez-nous faire ce budget. C'est un budget sérieux que nous allons présenter, que le débat ait lieu, le compromis a lieu.
Ce n'est pas un budget fixé, ce n'est pas ça ou rien. Et l'élection présidentielle dans huit mois, j'ai cru comprendre qu'il était candidat. Il mettra, lui, sur la table ses propositions pour faire en sorte qu'on équilibre le régime des retraites. »
"La voiture est absolument vitale pour vivre en milieu rural"
Redoutez-vous la colère sociale face à la hausse des prix des carburants en milieu rural ?
« Écoutez, moi, je regarde, et le gouvernement, et mes collègues du gouvernement, on regarde avec beaucoup d'attention ce qui est en train de se passer. Vous savez, moi, je viens d'Ariège, c'est un milieu très rural. Et vous savez que la crise énergétique que l'on vit, elle n'est pas vécue de la même manière quand vous vivez dans un milieu rural où vous devez prendre votre voiture pour aller chercher le pain, pour amener les enfants à l'école, pour aller travailler, pour travailler, les aides soignantes, les aides à domicile, la voiture est absolument vitale pour vivre en milieu rural, ce qui n'est pas forcément le cas en milieu urbain.
Donc, croyez-moi, au quotidien, je vois les difficultés que cette crise énergétique majeure que nous subissons, on ne produit pas de pétrole en France, ça se saurait, et aujourd'hui, on le voit clairement. Donc, nous, on a deux solutions, en fait, et puis il n'y a que deux choses à faire. Un, des actions concrètes, des aides. Il y a des aides qui ont été annoncées, hier, le Premier ministre en a prolongé certaines. J'entends que ça ne suffit pas. Le Premier ministre a aussi dit, la porte-parole du gouvernement hier, que la porte restait ouverte et nous étions attentifs.
"Ce n'est pas à moi d'être aidé pour faire le plein de ma voiture"
Depuis plusieurs mois, les Françaises et les Français le voient, le Premier ministre a fait le choix d'être ciblé et pas d'être généralisé, comme s'est demandé, qui coûterait des dizaines de milliards d'euros, dont nous n'avons tout simplement pas les moyens, il faut dire les choses tout simplement.
Donc, nous allons aider celles et ceux qui ont besoin d'être aidés, on essaie de le faire. Peut-être qu'il faudra aller plus loin, c'est la décision du Premier ministre. Je n'ai pas besoin d'être aidé pour faire le plein de ma voiture, je fais le plein de ma voiture le week-end. Peut-être que d'autres ont plus besoin que moi. Une aide généralisée, ça veut dire que moi aussi, je suis aidé. Non, je crois qu'en ce moment, ce n'est pas à moi d'être aidé pour faire le plein de ma voiture. »
📅Calendrier parlementaire
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🗣️ @LPanifous : "Le budget sera présenté le 1er octobre. Ensuite, le premier texte à l'ordre du jour sera celui sur la loi intégrale contre les violences sexuelles puis la cybersécurité" #GrandMatin
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"Le premier texte sera la loi intégrale"
Quel est le calendrier parlementaire de la rentrée et quel sera le premier texte examiné ?
« Le budget sera présenté le 1er octobre. Le premier texte, ce sera la loi intégrale. C'était un engagement du Premier ministre. La loi intégrale, c'est cette loi qui vise à prévenir les violences sexuelles et sexistes vis-à-vis des femmes et des enfants. C'est un texte transpartisan qui a rassemblé, après l'affaire Lyhanna, il y a eu un émoi général dans notre pays.
Et donc, le gouvernement s'est engagé à le faire dès le 1er octobre à l'Assemblée nationale. Ce texte sera sur la table. Ensuite, celui qui suivra immédiatement après, c'est celui sur la cybersécurité. Là aussi, ceux qui nous écoutent savent à quel point ce sujet devient majeur. On doit se protéger, nos administrations, nos entreprises, nous-mêmes en tant que particuliers. C'est quelque chose que l'on doit intégrer. Comment se protéger sur l'aspect cyber ? Tout est numérisé aujourd'hui. »
Écart de Philippe Brun : "Une décision majeure, forte, presque brutale"
Quel regard portez-vous sur la mise à l'écart de Philippe Brun au Parti socialiste ?
« Je vais être prudent, je ne suis pas membre du Parti socialiste, je ne suis plus depuis 2022. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, je n'ai pas d’informations. J'ai constaté qu'il avait été écarté à la fois de la primaire et Philippe Brun, et à la fois même de son groupe à l'Assemblée nationale.
Je n'ai pas d'informations, donc cette décision est une décision majeure, forte, je dirais presque brutale, qui doit se baser sur des faits importants. Je n'ai pas le début d'une information, donc je dois être prudent sur la réponse que je vous fais. Je ne sais pas ce qui s'est passé. Je ne serai pas à ma place en vous disant ce que je pense précisément de cette situation, puisque je n'ai pas d'informations. »