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Vladimir Fedorovski : "L'équilibre des intérêts de sécurité entre l'Occident et la Russie a été enterré"

Invité de Périco Légasse sur Sud Radio dans "La France dans tous ses états", l'ancien diplomate soviétique et aujourd'hui écrivain, Vladimir Fedorovski, qui publie un nouveau livre intitulé Le diable boiteux au Kremlin: Le vrai magicien de Moscou (Éditions Balland), a répété le narratif de Vladimir Poutine comme quoi les États-Unis avaient trahi leur promesse de ne pas rapprocher l'OTAN d'un pouce des frontières de la Russie.

Vladimir Fedorovski
Vladimir Fedorovski, invité de Périco Légasse dans "La France dans tous ses états"

Selon Périco Légasse, Boris Eltsine était une marionnette des Américains. Et selon Vladimir Fedorovski, Vladimir Poutine a d'abord été une marionnette, avant de devenir marionnettiste.

Vladimir Fedorovski : "Poutine, c'est un grand cabotin, il s'était déguisé dans le plus faible"

Périco Légasse : Chute de Gorbatchev, dissolution de l'URSS, arrivée au pouvoir de Boris Eltsine, marionnette des Américains. Boris Eltsine, corrompu, régime totalement débauché, enfante Vladimir Poutine qui lui, fait acte de nationalisme : "la fierté russe, on n'est pas la marionnette des Américains". Au départ, Vladimir Poutine, patron de la Russie, tend-il la main à l'Europe, à l'Occident, aux Américains pour trouver un accord ?

Vladimir Fedorovski : Évidemment, vous vous souvenez du 11 septembre, du coup de téléphone ! Poutine était en quelque sorte aussi un homme de l'ombre à l'époque. Il était choisi évidemment, c'est un grand cabotin, il s'est déguisé dans le plus faible, dans le plus béni. À l'époque, on avait choisi une marionnette. Il y a des personnages de l'histoire qui sont des marionnettes, mais le problème, c'est qu'après, il est devenu marionnettiste. Poutine, sa hantise, c'était l'alliance avec l'Allemagne.

"À mon époque, 80% des Russes étaient pro-occidentaux. Aujourd'hui, c'est 5%"

Périco Légasse : Pourquoi l'ami, celui qui voulait écrire des liens, une amitié, s'étonne que l'OTAN vienne faire acte de présence, alors que Poutine leur dit : "on n'est plus ennemis, le Mur est tombé, on va essayer de travailler ensemble" ? Pourquoi en arrive-t-on aujourd'hui au conflit ukrainien, qu'est-ce qui s'est passé?

Vladimir Fedorovski : Je l'explique dans mon livre, Le Diable boiteux : soit on prend en compte les intérêts de sécurité réciproques, on équilibre des intérêts, soit on nie, on dit que tout le monde a ce droit de sécurité, l'Israël, les États-Unis, éventuellement l'Europe, mais pas la Russie. L'équilibre des intérêts était enterré. J'étais présent quand Baker a dit à Yakovlev, à Gorbatchev que "nous n'allons pas bouger l'OTAN d'un pouce". Mais ça a continué à bouger tout le temps. Pourquoi ? La phrase de [Zbigniew Brzezinski] que je cite dans le livre : "Jamais on ne peut permettre à la Russie de se relever et dominer l'Eurasie".

Je tiens à vous dire : à mon époque, 80% des Russes étaient pro-occidentaux. Aujourd'hui, c'est 5%. Vous savez, pourquoi ? Parce qu'ils ont pensé qu'en faisant la Perestroïka et en anéantissant l'URSS, ils voulaient tuer le communisme. Les Russes aujourd'hui disent : "non non non, ils voulaient tuer la Russie". Et ça, Poutine l'a exprimé, il joue là-dessus.

https://www.youtube.com/watch?v=gq5yUz_VQ6U&pp=0gcJCd4KAYcqIYzv

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