Selon l'Observatoire des comportements de la Fédération Française de Football (FFF), environ 1,8 % des rencontres nationales sont désormais marquées par des incidents, soit plus de 12 000 matchs par saison. Cette dérive touche particulièrement les arbitres, ciblés dans 38 % des cas, mais aussi les éducateurs et dirigeants.
Pour lutter contre ces incivilités dans le football amateur, le district du Var, présidé par André Vitiello, a été désigné département "pilote" pour expérimenter un dispositif de caméras embarquées sur les arbitres. Un système avant tout pensé pour les protéger, mais qui transforme aussi en profondeur le comportement des joueurs.
Une idée « venue assez simplement »
« L’idée est venue assez simplement », explique André Vitiello au micro de Sud Radio dans Le Petit Matin. Il a été inspiré par une expérimentation menée par Christophe Benoit président du district voisin, celui du Grand Vaucluse.
« Il avait déjà mis en place ce dispositif lors de certaines rencontres. À partir de là, je lui ai dit que je souhaitais expérimenter ces caméras pour voir ce que cela donnait et on s'est porté volontaire auprès de la Fédération. » Une première phase de test est lancée, avec un objectif clair : « L’objectif principal était avant tout de protéger les arbitres. »
Mais très vite, les effets dépassent cette seule ambition. « On s’est rendu compte que, oui, cela protège l’arbitre, mais que le comportement des joueurs change complètement. Même certains arbitres peuvent adopter une attitude différente lorsqu’ils portent la caméra. »
⚽️Violences dans le foot amateur : des caméras sur les arbitres dans le Var
— Sud Radio (@SudRadio) May 4, 2026
🗣️André Vitello : "Automatiquement, les comportements des joueurs changent. Il n'y a plus l'envie de se précipiter sur l'arbitre" #GrandMatin
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« Les rencontres se passent dans les meilleures conditions »
Aujourd'hui le disctrict du Var dispose de six caméras embarquées et de quatre supplémentaires données par la FFF pour le programme d'expérimentation. « Ce qui nous permet de couvrir pas mal de matchs », insiste le président. « Cette saison on les a mis en place sur notre division supérieure, la D1, et depuis les rencontres se passent vraiment dans les meilleures conditions », insiste André Vitello.
Un constat qui tranche avec les inquiétudes de la saison passée : « Les incivilités existent toujours, malheureusement », reconnaît-il. « L’an dernier, j’étais inquiet. Cette année, je le suis moins. On a quand même toujours des incivilités sur certains matchs, des petits problèmes. Mais globalement, elles se sont calmées cette saison ».
La commission de discipline peut visionner les images
L’un des principaux apports du dispositif réside dans son effet dissuasif. « Il peut y avoir des discussions, parfois des mots échangés entre joueurs et arbitres. » Mais désormais, chaque interaction peut être vérifiée. « Avec la caméra, en cas de problème, la commission de discipline peut visionner les images. Que ce soit le joueur ou l’arbitre, il devient impossible de contester les faits. »
Conséquence directe : « Il n’y a plus cette envie de se précipiter sur l’arbitre ou d’avoir des mots à son encontre », observe André Vitiello. Du côté des arbitres, le changement est net. « Les arbitres se sentent plus sereins, explique-t-il. Il y a une retenue aussi bien de l’arbitre, pour sa sécurité, mais aussi des joueurs. »
Un dispositif appelé à s’étendre
Au-delà du Var, l’expérimentation s’inscrit dans une dynamique nationale, avant une possible généralisation : «Il y a trente districts pilotes et dans les prochaines années, la Fédération française de football va amplifier ce phénomène de caméras embarquées », assure André Vitiello.