• Le Medef veut réformer les contrats de travail

    Soumis par Jeremy Jeantet le Mercredi 14 novembre 2018 à 11:37
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    Le patron des patrons a affirmé hier qu'il travaillait, pour début 2019, à une refonte des contrats de travail.

    Tout cela peut paraitre très juridique. Mais c’est très important. D’abord parce que c’est lié à la grande discussion qui a commencé sur la refonte de l’assurance-chômage. Ensuite parce que nous avons un système en France qui mélange les CDD et les CDI qui ne convient ni au gouvernement, ni aux syndicats, ni au patronat. Enfin parce que c’est la première fois qu’on entend le président du Medef dire qu’il faut changer ce système qui ne marche pas.

    Ça ne marche pas parce que plus de 80 % des embauches ont lieu en CDD, donc à durée déterminée. Ce qui témoigne de la peur des patrons à embaucher en CDI à cause de la conjoncture ou des procédures sociales. Et de l’autre côté, beaucoup de chômeurs apprécient ce système qui leur permet de reprendre un travail momentané avant de toucher à nouveau l’indemnisation au chômage pendant deux ans. À tel point que 30 % des contrats en CDD ne durent qu’un seul jour…

    Alors que peut proposer le Medef ? On ne le saura que dans quelques semaines. Mais Geoffroy Roux de Bézieux réfléchit à des contrats de travail qui comporteraient 20 jours par mois flottants en fonction de l’activité.

    Ce qui éviterait de licencier des collaborateurs lorsqu’il y a une chute des commandes. Mais en même temps, c’est précieux pour des secteurs comme l’automobile ou le bâtiment, qui ont besoin de vrais CDD en période de suractivité, et qui sont exposés à des vrais cycles de production.

    Je ne vous cache pas que c’est un vieux projet. Lorsque Geoffroy Roux de Bézieux faisait partie de la Commission Attali – dont le rapporteur s’appelait Emmanuel Macron – il avait évoqué, avec d’autres, la fusion du CDD et du CDI. Précisément parce que le CDD ne fonctionne pas. Et puis parce que ce système crée un système à deux vitesses sur le marché du travail.

    Laisser-moi vous citer deux chiffres. Depuis le début de l’année 87 % des embauches ont eu lieu en CDD, c’est-à-dire en contrats précaires. Mais si vous regardez l’ensemble des salariés français, 88 % d’entre eux sont en CDI. Cette dualité est injuste, injustifiée et surtout inefficace. C’est donc tout l’honneur du patronat que de proposer une telle réforme…qui serait même une révolution.

     

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  • Les compagnies pétrolières se frottent les mains

    Soumis par Jeremy Jeantet le Vendredi 9 novembre 2018 à 10:01
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    Dans le feuilleton sur les carburants on ne parle pas beaucoup des compagnies pétrolières qui s’enrichissent en dormant.

    C’est vrai que le débat s’est focalisé sur les taxes. Parce que les taxes ont augmenté dans le prix du litre de gazole notamment. Mais les pétroliers, ils font toujours le même travail. Ils extraient ou achètent le pétrole brut, Ils le raffinent. Ils transportent ensuite l’essence et le fioul. Et puis il faut que le pompiste se rémunère. Si bien que sur un litre de gazole vendu 1 euro cinquante à la pompe un groupe comme Total touche moins de 9 centimes.

    Total voit tout de même ses bénéfices battre des records et c’est normal. Parce que ce groupe, comme c’est le cas pour Esso, pour Shell ou pour d’autres ont deux activités principales. L’une qui consiste à chercher du pétrole et l’autre qui vise à distribuer de l’essence. Quand Total fait la découverte d’un beau gisement en Afrique, dans le Golfe persique, en Mer du Nord ou en Sibérie, il a dépensé beaucoup d’argent pour ça. Mais ensuite, c’est vrai, c’est de l’or en barre. Et c’est cela qui fait les très beaux comptes de Total.

    Car Total va réaliser un bénéfice record cette année.

    Les analystes tablent sur presque un doublement du bénéfice qui serait de l’ordre de 15 milliards de dollars, soit un peu plus de 13 milliards d’euros. Concrètement ça voudrait dire qu’avec son bénéfice Total pourrait acheter trois compagnies de la valeur d’Air France. C’est colossal. Mais on aurait tort de tirer sur ces bénéfices, car ils sont réinvestis pour faire chaque année de nouvelles découvertes de gaz ou de pétrole et par ailleurs investir dans le renouvelable.

    Malgré tout, les pouvoirs publics ont convoqué les pétroliers pour leur demander d’être exemplaires.

    Et ils ont raison. Car lorsque le prix du pétrole baisse il faut qu’ils répercutent immédiatement cette baisse au consommateur final. Ce qui n’est pas toujours le cas. Mais certains vont régulièrement jusqu’à imaginer un impôt sur les superprofits de Total. C’était déjà le cas de Nicolas Sarkozy qui s’était engueulé avec Christophe de Margerie, l’ancien patron du groupe. C’est une aberration.

    Bien sûr que Total doit payer ses impôts comme tout le monde. Mais pas davantage, au risque de ne plus découvrir assez de pétrole ou de gaz. Tirer sur Total c’est se tirer une balle dans le pied. Car n’oublions jamais que ce groupe participe de notre indépendance énergétique.

     

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  • Chute inquiétante du marché de l'immobilier

    Soumis par Lorraine Rdd le Mardi 30 octobre 2018 à 10:45
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    La croissance française n’est pas au mieux et un des secteurs clef de notre économie voit sa situation se dégrader trimestre après trimestre, ce secteur c’est le marché de la construction.

    Le marché de la construction n’en finit plus de s’effondrer puisque le nombre de permis de construire accordés a nettement baissé au troisième trimestre tandis que les mises en chantier ont continué elles aussi à baisser selon le ministère de la Cohésion des territoires. Entre juillet et septembre, 122.100  permis de construire ont été octroyés, soit une baisse de 10,2% par rapport à la même époque de 2017. Le nombre de mises en chantier, lui, a diminué de 7,9% à 85.100. Mais tous les types de constructions ne sont pas frappés de la même manière. 

    Le marché des logements individuels groupés – ce qu’on appelle des lotissements- marque un léger redressement, les maisons individuelles "pures" et  les "logements collectifs" sont en nette baisse puisque les permis de construire ont reculé de 10,9% et 17,1% sur le dernier trimestre. Pour ce qui est des mises en chantier, qui sont la conséquence des permis de construire, leur nombre recule dans toutes les catégories. 

    Mais alors quelles sont les causes de cette baisse ? Pour certains ce sont les élections municipales en 2020 qui rendent la plupart des élus réticents à accorder des permis de construire. Il y a aussi les économies demandées aux offices HLM par le gouvernement, à hauteur de 1,7 milliard d’euros par an. Les bailleurs sociaux, qui représentent 75% des ventes en bloc ont donc réduit leur investissements. Le ministre du Logement, Julien Denormandie reconnaît que les réformes du gouvernement ont pu créer des "interrogations" et susciter "des décalages de projets".

    Il y a aussi probablement une cause fiscale avec la suppression de l’ISF, l’impôt de solidarité sur la fortune, qui a été remplacé par l’IFI, impôt sur la fortune immobilière, qui frappe les propriétaires immobiliers au delà d’un patrimoine immobilier de 1,3 millions d’euros. L’IFI a d’ailleurs été une bonne surprise pour le gouvernement puisqu’il a rapporté 1,2 milliards en 2018 et devrait rapporter 1,53 milliards en 2019. Des recettes supérieures de 70% aux prévisions du gouvernement. Le mauvais côté de l’IFI est que les investisseurs immobiliers qui n’ont pas atteint les 1,3 millions d’euros de patrimoine préfèrent arrêter d’investir dans la pierre pour mettre leur argent ailleurs.

    C’est inquiétant pour notre économie puisque fin 2017 le bâtiment embauchait 1 441 000 personnes dont 1 069 000 salariés pour un chiffre d’affaires de 135 milliards d’euros. Le bâtiment fait travailler de nombreux secteurs de l’industrie puisqu’il faut du béton, de l’acier, du verre, du plastique, du plâtre, des briques bref presque tous les secteurs travaillent pour le bâtiment. D’ailleurs comme disent les économistes : quand le bâtiment va tout va. Si la croissance est en panne aujourd’hui, c’est en partie parce que le bâtiment ne va pas bien !

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  • Des Français parmi les meilleurs patrons du monde

    Soumis par Lorraine Rdd le Vendredi 26 octobre 2018 à 10:07
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    La Harvard Business Review a publié son palmarès traditionnel de cent meilleurs patrons au monde.

    Celui qui ressort en tête est un habitué de ce palmarès, puisqu’il s’agit de Pablo Isla, le patron du géant espagnol Inditex, plus connu avec ses marques Zara ou Massimo Dutti. Mais l’évènement de cette année c’est que onze français figurent dans ce palmarès. Et encore mieux : quatre d’entre eux figurent dans le Top 10. Ce qui témoigne de l’aura des managers français dans le reste du monde et notamment aux Etats-Unis

    Les heureux élus sont tout d'abord Bernard Arnault, le premier des français qui occupe la troisième place de ce palmarès. Le patron de LVMH est un habitué de ces classements puisqu’il figure parmi les dix plus importantes fortunes mondiales. Il est suivi de près par François-Henri Pinault, le patron de Kering. Au septième rang figure Jacques Aschenbroich, le patron de Valeo. Et à la dixième place apparait Martin Bouygues. Ce qui est intéressant c’est que parmi ces quatre du TOP 10, trois patrons sont des managers actionnaires de leurs groupes.

    En dehors de ces quatre premiers, on retrouve encore Bernard Charlès, le patron de Dassault Systèmes qui occupe la treizième place, Benoit Potier, le PDG d’Air Liquide qui est en vingtième position, Xavier Huillard, le PDG de Vinci et Thierry Breton le patron d’Atos. A cela s’ajoutent les français qui dirigent des groupes étrangers. D’abord Pierre Nanterme le patron du groupe de conseil Accenture, Hubert Joly le CEO du groupe américain BestBuy et Gilles Andrier, le dirigeant du groupe suisse Gevaudan.

    Cela ne veut néanmoins pas dire qu’il y a vraiment un management à la française qui est reconnu de manière internationale. Chaque personnalité qui figure dans ce classement y est pour des raisons qui lui sont propres. En revanche le fait que l’on dénombre onze français dans ce classement très regardé partout dans le monde redore naturellement l’image des entreprises françaises. Cela montre qu’il n’y a pas que dans la Silicon Valley qu’on trouve des patrons exceptionnels. De même les groupes qu’ils dirigent appartiennent à la vieille économie. Et c’est sans doute plus difficile de diriger aujourd’hui Vinci ou L’Air Liquide qu’Amazon ou Google. Donc pour une fois où les patrons français sont salués au lieu d’être esquintés, on ne va tout de même pas bouder son plaisir.

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  • Le trafic aérien a de beaux jours devant lui

    Soumis par Lorraine Rdd le Jeudi 25 octobre 2018 à 10:10
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    L’association des Compagnies aériennes a mis à jour ses perspectives à vingt ans. Et elles ont encore de beaux jours devant elles, semble-t-il. 

    Les prévisions en matière de trafic aérien sont incroyables. Puisque le nombre de voyageurs devrait tout simplement doubler d’ici 2037 pour atteindre 8,2 milliards. Or au cours des vingt dernières années, il a déjà doublé. C’est considérable. L’Iata, le lobby des compagnies aériennes prévoit une croissance annuelle moyenne du trafic de 3,5 % sur les vingt prochaines années, qui pourrait même atteindre 5,5 % dans les hypothèses les plus favorables. Ce qui signifie du business supplémentaire pour les aéroports, pour les avionneurs et pour tous les services associés, bagagistes, duty free, restauration.

    Mais une fois encore c’est la Chine qui donne le la. Ce qui est certain, c’est que la hiérarchie mondiale du transport aérien va être complètement chamboulée. Dés 2025 – c’est-à-dire pratiquement demain, la Chine sera devenue le premier marché aérien mondial avec 1 milliard de passagers en plus qu’aujourd’hui. J’ai fait au printemps dernier un vol Pékin-Canton. Ca se passait déjà dans un A 380, et il y avait un vol de ce type toutes les heures. Les Etats-Unis vont donc être relégués à la deuxième position devant l’Inde et l’Indonésie. Avec un peu de chance la France sera encore dans les dix principaux acteurs du transport aérien. 

    En revanche il y a une grosse incertitude du côté du Royaume-Uni, naturellement, à cause du Brexit. Les experts de l’Iata envisagent une interruption des liaisons aériennes entre les iles britanniques et l’Union européenne à compter du 29 mars prochain. Ce qui représente tout de même 12 % du trafic européen et 57 % de l’activité des aéroports britanniques. Afin d’éviter un tel chaos l’association des transporteurs aériens recommande de mettre en place une période transitoire de deux ans. Mais tout dépend des politiques et d’eux seuls.

    Tous ces développements sont une bonne nouvelle, sauf pour l’environnement. Actuellement on estime que les émissions de dioxyde de carbone provenant du trafic aérien représentent environ 2 à 3 % de la pollution mondiale. Soit autant que celles d’un pays comme l’Allemagne. Si le trafic double d’ici 2037, les émissions de gaz à effet de serre vont aussi doubler. Et c’est un vrai problème dont on parle trop peu. Surtout lorsque l’on sait que le kérosène qui est le carburant des avions est totalement détaxé partout dans le monde. Il y a là sans doute un sujet dont les diplomates et les politiques devraient se saisir.

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