Prime à la conversion : 70.000 dossiers en attente de paiement

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La prime à la conversion victime de son succès ?

Si la prime à la conversion "explose" littéralement, dans les faits, tout n'est pas si rose : près de 70.000 dossiers seraient en attente de remboursement.

Déjà plus de 200.000 dossiers de prime à la conversion ont été déposés depuis le début de l'année. Une véritable déferlante, alors que le gouvernement tablait sur 500.000 dossiers sur toute la durée du quinquennat...

180 millions d'euros en plus

Instaurée le 1er janvier 2018, cette prime prévoit le versement de 1.000 voire 2.000 euros pour les ménages non imposables désirant opter pour un véhicule propre. Il faut dire qu'à la pompe, les tarifs des carburants flambent avec, depuis la semaine dernière, un prix du diesel supérieur à celui de l'essence dans un grand nombre de stations-service.

Conséquence : le gouvernement a annoncé qu'il va augmenter et élargir cette prime. Le Parlement a notamment voté, dans la nuit de lundi 22 au mardi 23 octobre 2018, la hausse du malus pour les véhicules polluants afin de financer la hausse de cette prime à la conversion. Ainsi, 180 millions d’euros de plus que prévu y seront consacrés l’année prochaine.

Des dizaines de milliers de dossiers en souffrance

Hélas, dans les faits tout n'est pas si rose... En effet, près de 70.000 dossiers seraient en attente de remboursement. Ainsi, au début de l'année, Pascal décide de changer son vieil utilitaire de 26 ans pour un véhicule neuf. Bénéficiaire des minimas sociaux, il peut recevoir 2.000 euros d'aide. Mais "toujours aucune nouvelle sur mon compte en banque depuis mai. Je ne sais pas si je les aurai. J’ai un véhicule mais je fais comment pour mettre de l’essence dedans ?", confie-t-il.

Son dossier n'est en fait toujours pas validé par l'administration du fait d'un document manquant : les émissions en CO2 et la classe environnementale ne figurent pas sur la carte grise de son ancienne voiture : "Je me suis battu comme un fou pour avoir cette attestation que j'ai dû payer 55 euros ! C’est un plein pour ma voiture, on marche sur la tête".

Les professionnels aussi

Et ce cas est loin d'être isolé... Des milliers de particuliers seraient dans la même situation que Pascal. Les concessions automobiles aussi attendent leur argent, depuis deux mois, parfois trois. "De nombreux garages seront en difficulté si l'on ne réduit pas les délais de paiement de ces primes, confirme Claude Fournis, membre du directoire du CNPA, le Conseil national des professions de l'automobile. Il est indispensable que l’État réagisse et se mette en règle. C’est de l’argent que l’État a touché par la TVA !".

Reportage de Mathilde Choin pour Sud Radio.

 

 

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