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Agriculteurs en colère : "Nous sommes la base de la société depuis la nuit des temps"

Par Jean Baptiste Giraud

Au lendemain d'une rencontre entre le Premier Ministre et les syndicats agricoles, les jeunes agriculteurs sont tout sauf satisfaits.

agriculteurs
Des agriculteurs bloquent l'autoroute A64 - Toulouse-Bayonne - à hauteur de Carbonne en Haute-Garonne, le 20 janvier 2024 (Ed JONES - AFP)

Le mouvement de protestation des agriculteurs se répand peu à peu. La rencontre entre les syndicats et Gabriel Attal n’a rien changé pour l’instant. Les Jeunes Agriculteurs réagissent à cette rencontre avec le Premier Ministre.

"Mon seul revenu est le RSA"

"Aucune réponse, aucune annonce, constate Pierre-Edouard Lesbegueris, jeune agriculteur du côté de Tarbes (Hautes-Pyrénées). On se bat quand même depuis début novembre. Ils ont eu le temps d’y réfléchir. Pour moi, il va falloir que ces technocrates cravatés se réveillent un peu. Là, nous allons durcir le mouvement, et il pourrait y avoir des surprises."

Pourquoi durcir le mouvement ? "On attend du concret, pas de la subvention à un instant T. Souvent, ils proposent des mesurettes pour faire baisser la pression, mais ce n’est pas cela que l’on veut. Nous voulons du concret sur du long terme. Faire ce qu’il y a à faire, car cela devient critique. L’an dernier, le prix des engrais, et de l’énergie en général, a explosé. Parfois, on se pose la question de pourquoi on travaille. Nous sommes la base de la société depuis la nuit des temps, mais mon seul revenu est le RSA."

 

 

 

Des agriculteurs plus concurrentiels

Qu’attend cet éleveur de chèvres dans les Hautes-Pyrénées ? "Chaque département a ses mesures, explique Pierre-Edouard Lesbegueris, jeune agriculteur du côté de Tarbes (Hautes-Pyrénées). Mais nous avons tous des problématiques communes : l’excès de normes, l’excès de charges. Quand je me suis installé en 2019, on payait le GNR 60 centimes le litre. Aujourd’hui, il est à 1,10 euros, en grande partie de taxes. Moi, en petite exploitation, je ne consomme que 6 à 7000 litres par an. Mais pour une grande exploitation, c’est différent."

Les négociations ne doivent-elles pas être européennes ? "En 1992, la PAC était créée pour produire pas cher, et on nous subventionnait. Nous faisons face à la concurrence étrangère, avec des accords de libre-échange. Aujourd’hui, nous ne sommes plus concurrentiels. Avant la PAC, nous avions des prix planchers, des prix garantis. On savait à peu près où l’on allait. Aujourd’hui, le marché est instable, en approvisionnement comme en vente. "

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