Après la flambée des prix à la pompe, c'est désormais le gaz qui menace de peser lourdement sur la facture des Français... et la note pourrait être salée dès le mois de mai. Certaines offres pourraient bondir jusqu'à +20 %, soit plusieurs centaines d'euros en plus chaque année. Faut-il s'alarmer ? Existe-t-il des moyens de limiter la casse ? Décryptage avec Sylvain Le Falher, cofondateur de Hello Watt, au micro de Sud Radio.
Une hausse inévitable
L'accord de cessez‑le‑feu conclu cette nuit entre les États‑Unis et l'Iran fera‑t‑il réellement baisser le prix à la pompe ? La réponse est incertaine. En revanche, le prix du gaz, lui, devrait bel et bien augmenter dès le 1er mai, a confirmé Emmanuelle Wargon, présidente de la Commission de régulation de l'énergie. Elle évoque une hausse d'environ 15 %.
"Les prix du gaz pour les particuliers évoluent avec un temps de retard par rapport au marché. Or, les prix de marché ont augmenté dès le début du conflit en Iran. Il y a un décalage d'environ deux mois : au 1er mai, ce sont en réalité les prix de mars qui s'appliquent. La hausse est donc inévitable", explique Sylvain Le Falher.
"Un retour à la normale n'est pas possible"
La question, ensuite, est de savoir si les prix du gaz peuvent revenir à la normale, même en cas d'accord de paix. "A priori, plutôt non. Parce qu'il y a aussi des installations de production et de liquéfaction, nécessaires pour exporter le gaz naturel, qui ont été détruites dans la région", indique le cofondateur de Hello Watt.
Des augmentations entre 15% et 20%
"On va avoir des augmentations entre 15% et 20%", affirme Sylvain Le Falher, selon le profils de clients. Alors, comment éviter cette hausse ? Près des deux tiers des consommateurs sont aujourd'hui sur des offres à prix indexés, directement liées aux marchés et susceptibles d'évoluer chaque mois. À l'inverse, un tiers des clients bénéficie déjà d'un tarif fixe sur un, deux ou trois ans, et échappe donc à la hausse prévue au 1er mai.
"Pour les autres, l'enjeu est donc de comparer les offres : certaines propositions à prix fixe restent compétitives, surtout chez des fournisseurs qui avaient anticipé leurs achats avant la crise." Résultat : opter pour un tarif bloqué dès maintenant peut permettre d'éviter la hausse dès le mois prochain. "Pour la période de chauffe de l'hiver prochain, fixer dès à présent le prix du gaz est vraiment la décision à prendre", affirme Sylvain Le Falher.
La pompe à chaleur comme alternative
Autre piste pour alléger la facture : changer de mode de chauffage. Parmi les solutions, la pompe à chaleur apparaît comme une alternative de plus en plus attractive. Alimenté avec de l'électricité, dont les prix restent stables pour le moment, elle permettrait "de diviser la facture de chauffage jusqu'à deux", assure notre spécialiste. Un investissement soutenu par des aides de l'État, avec un plan d'électrification attendu cette semaine.
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