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Détroit d'Ormuz : une réouverture avec un ''péage'' à 2 millions de dollars par bateau ?

Par Elliott Léonard

Les États-Unis et l'Iran se sont accordés dans la nuit sur un cessez-le-feu de deux semaines avec au cœur de cette trêve, la réouverture du détroit d'Ormuz. Même si Téhéran semble vouloir la respecter, il convient d'en mesurer la portée réelle.

L'Iran a annoncé dans la nuit sa réouverture, tandis que Donald Trump a déclaré qu'il aiderait « à désengorger le trafic dans le détroit d'Ormuz ». Pour l'heure, seuls des navires ayant obtenu l'accord de Téhéran ont pu emprunter ce corridor. Mais qu'en est-il exactement ?

« Un passage sécurisé (…) possible en coordination avec les forces armées iraniennes »

Les États-Unis ont fait de la réouverture du détroit d'Ormuz une priorité absolue — une nécessité, tant la fermeture mettait en péril l'approvisionnement pétrolier mondial. « Pendant une période de deux semaines, un passage sécurisé du détroit d'Ormuz sera possible en coordination avec les forces armées iraniennes et compte tenu des limitations techniques », a annoncé le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

Reconstruire l'Iran avec l'argent récolté

Ce qui n'a pas été déclaré publiquement, ce sont les conditions suivantes : l'Iran imposerait des péages obligatoires s'élevant à 2 millions de dollars par navire, et partagerait ces revenus avec Oman, situé de l'autre côté du passage. Téhéran utiliserait cet argent pour financer la reconstruction du pays.

« D'après les spécialistes, le prix serait de 2 millions de dollars par pétrolier, soit 1 dollar par baril transporté, ce qui représente plusieurs milliards de dollars par an pour ces deux pays », précise Éric Revel, journaliste et éditorialiste au micro de Sud Radio.

Une réouverture qui a un goût de défaite

La réouverture n'est donc pas véritablement effective : 600 navires restent bloqués, malgré les 80 bateaux dont le passage a été autorisé par l'Iran. Alors, peut-on réellement parler de victoire ? Rien n'est moins sûr.

Les navires qui circulaient librement avant la guerre sont donc désormais soumis au contrôle iranien et devront s'acquitter de 2 millions de dollars de frais de passage. Le cessez-le-feu a un prix.

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