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Cessez-le-feu : le programme nucléaire iranien est-il anéanti ?

Par Elliott Léonard

GROS PLAN SUD RADIO - Les États-Unis et l'Iran se sont accordés cette nuit sur un cessez-le-feu de deux semaines. Si la République islamique a été bombardée pendant près d'un mois et demi, qu'en est-il de son programme nucléaire ?

US President Donald Trump speaks about the conflict in Iran (Photo by Kent Nishimura / AFP)

Les frappes israéliennes et américaines sur l'Iran ont cessé dans la nuit. Pour Donald Trump, « il n'y a aucun doute là-dessus » : le président américain voit cette intervention comme « une victoire totale et complète à 100 pour cent ». Pourtant, une réelle incertitude subsiste : celle du nucléaire et de l'uranium, mais aussi des missiles balistiques iraniens. 

Lors de la première opération coordonnée par les États-Unis et Israël, le 28 février dernier, les ambitions étaient multiples. D'abord, il y avait l'idée de libérer le peuple iranien, comme en témoigne le nom de l'opération menée par les Israéliens : ''Lion rugissant''. Difficile de voir une « victoire totale et complète » de ce côté-là. Il en découlait évidemment l'ambition de faire tomber le régime en place, ce qui est en effet partiellement réussi. Il y avait également la volonté d'anéantir l'arsenal nucléaire iranien.

Une première tentative ratée en juin 

L'ambition d'éradiquer la totalité des capacités nucléaires iraniennes avait déjà fait l'objet d'une opération en juin dernier durant la guerre dite des Douze Jours : épisode durant lequel les États-Unis ont largué des bombes pénétrantes (GBU-57A/B) de 13 tonnes sur trois sites majeurs du nucléaire iranien.

Le premier site, Fordo, était celui de l'usine d'enrichissement d'uranium permettant la fabrication d'armes nucléaires. Le second était le site nucléaire de Natanz. Le dernier était situé à Ispahan. Mais les résultats n'ont pas été très concluants.

Un aveu d’échec de la part de Trump ?

Aujourd'hui, on aurait pu imaginer que le cessez-le-feu a été validé par les Etats-Unis en raison de l'anéantissement du programme nucléaire. Ce qui ne semble pas vraiment être le cas. Dans les faits comme dans le discours, puisque Donald Trump a affirmé que la question serait « parfaitement réglée », reconnaissant ainsi implicitement qu'elle ne l'est pas encore.

Interrogé sur Sud Radio, Jean-Paul Paloméros, ancien chef d'état-major de l'armée de l'air et ancien commandant suprême de l'OTAN affirme que « Donald Trump cherchait une voie de sortie à cette crise et pour le moins... il a pris une sorte de raccourci ! ».

« Pour l'instant les 400 et quelques kilos d'uranium enrichi sont bien cachés »

L'ancien haut gradé de l'armée française pousse même l'analyse plus loin : « ce que je constate, c'est que le potentiel de nuisance de l'Iran, pour l'instant, n'a pas sensiblement diminué. En tout cas on n'en a pas de preuve : je pense aux missiles balistiques, aux drones bien sûr. Pour l'instant les 400 et quelques kilos d'uranium enrichi sont bien cachés, sans doute au cœur de la montagne de la Pioche (située à 200km au sud de Téhéran), qui est un roc quasiment imprenable. »

Si l'un des objectifs prioritaires de cette guerre menée par les États-Unis et Israël était donc de réduire à néant les les capacités de création d'une arme nucléaire, force est de constater que la mission ne semble pas avoir été couronnée du succès espéré.

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