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"Nous sommes abandonnés" : les riverains excédés par les ravages du crack à Paris

REPORTAGE SUD RADIO - À Paris, le trafic et la consommation de crack rendent le quotidien des habitants du nord-est de la capitale insupportable. Face à l’insécurité et à l’insalubrité, une cellule de coordination judiciaire va être mise en place pour tenter de rétablir l’ordre.

Les habitants du 19e arrondissement de Paris sont fatigués de l’insécurité du quartier de Stalingrad, où le trafic de crack est très présent. © AFP

Les ravages de la drogue se lisent chaque jour dans les rues du nord-est parisien. Le tram 3TB, qui traverse le 19ᵉ arrondissement, est devenu le théâtre d’une insécurité et d’une insalubrité croissantes, au point de pourrir la vie des riverains.

Face à cette situation devenue intenable, la procureure de Paris entend frapper fort contre le crack : une cellule de coordination judiciaire rassemblant magistrats, police nationale, police municipale et services de transport sera mise en place pour lutter contre les nuisances provoquées par les dealers et les consommateurs.

"Un regard suffit à déclencher insultes ou tentatives d’agression”

Chaque matin, Dominique prend le tram avec appréhension. À 6 heures, il croise déjà des consommateurs en manque, agressifs et parfois violents : "Ils viennent se réveiller, il leur faut de l’alcool ou de la drogue. Même un regard peut suffire à déclencher des insultes ou tentatives d’agression”, raconte-t-il au micro de Sud Radio.

Pour les habitants comme Pauline, installée depuis plus de 40 ans, la situation est devenue insupportable : "Manque d’hygiène, insécurité, mendicité… ça crée une mauvaise atmosphère", raconte-elle.

"Je n'ai aucun client à cause des consommateurs de crack"

Du côté des commerçants, le constat est tout aussi alarmant. Yazid, propriétaire d’un restaurant ouvert depuis 22 ans, décrit une scène quotidienne catastrophique : "Je n'ai jamais connu une situation aussi catastrophique. À 13 heures, je n’ai aucun client, et les seuls qui passent, ce sont des consommateurs de crack. Ils viennent en masse dès que vous vous posez en terrasse, on vient au travail la boule au ventre."

Meurtri, il avoue envisager de fermer son établissement : "Ce n'est même plus un sujet pour les autorités. Tout le monde se renvoie la balle, rien ne change, et nous sommes laissés à l’abandon."

Face à ce tableau de désolation, habitants et commerçants attendent des mesures concrètes. La création de la cellule de coordination judiciaire annoncée par la procureure de Paris pourrait marquer un tournant, mais pour l’instant, la vie quotidienne sur le tram 3TB reste marquée par la peur et la détresse.

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