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Accidents au passage à niveau : une question d'argent ?

Par La rédaction

"On vit tous les jours avec la peur d’être appelés” : les maires s'inquiètent du danger des passages à niveau au quotidien.

passage à niveau
Un wagon endommagé après une collision entre un TGV et un camion à un passage à niveau à Bully-les-Mines, entre Béthune et Lens, le 7 avril 2026 dans le Pas-de-Calais (Sameer AL-DOUMY - AFP)

Il existe 15000 passages à niveau en France, franchis chaque jour par 16 millions de véhicules. Comment éviter les accidents et en assurer la sécurité ?

Passage à niveau : "Toutes les mesures ne sont pas prises"

On recense chaque année une vingtaine de mort et des blessés. Pourquoi ces passages restent-il un souci ?" C’est un carrefour très accidentogène, reconnaît Philippe Rappeneau, maire de Douzens (Aude), au micro de Patrick Roger sur l'antenne de Sud Radio.Il y a quelques années, nous avons vécu le même accident que celui d’hier à Bully-les-Mines (Pas-de-Calais). Miraculeusement, le chauffeur du poids-lourd s’en est sorti indemne. Sa cabine a été éjectée à 20 mètres de l’impact. Celui du train aussi, mais c’est une frayeur pour tous ceux qui empruntent ce passage à niveau."

"À tout moment, il peut y avoir un accident, un dysfonctionnement. Je pense que toutes les mesures ne sont pas prises par la SNCF pour sécuriser au maximum ces passages à niveau. C’est elle qui les gère. Plusieurs systèmes empêchent le franchissement des voies. Aujourd’hui, il faudrait passer à la vitesse supérieure, installer des systèmes de détection plus performants. Il existe de nouvelles technologies innovantes pour améliorer la sécurité."

"Le nerf de la guerre, c’est l’argent"

François Tierce, maire de Pavilly, en Normandie, a quant à lui rencontré Jean Castex, actuel président de la SNCF, il y a quelques jours. "Nous avons un passage à niveau répertorié comme dangereux depuis janvier 2017, explique-t-il sur l’antenne de Sud Radio. Le dernier accident a eu lieu en janvier 2025. Il y a juste eu une barrière cassée, pas d’autres dégâts humains ou matériels. Nous avions eu un accident grave en janvier 2019. Depuis, des aménagements ont été faits. Une aire de dégagement a été mise en place après la barrière, des caméras ont été installées. Un feu rouge est installé à 300 mètres du passage à niveau, et nous avons mis un détecteur anti remontée de file."

"92 trains par jour circulent sur cette ligne Le Havre-Paris, et 8800 voitures. Cela représente 745000 possibilités de collisions à cet endroit. Depuis des années, on se bat pour supprimer ce passage à niveau. Mais le nerf de la guerre, c’est l’argent. Il faudrait faire un pont souterrain. Nous avions proposé de fusionner deux gares et de le faire en 2012. Cela aurait coûté entre 15 et 20 millions. Une piscine a été bâtie de l’autre côté, les gamins traversent en bus pour s’y rendre. 240 poids lourds passent par jour, mais tant qu’il n’y a pas d’accident grave…"

Retrouvez "C'est à la Une" chaque jour à 7h10 dans le Grand Matin Sud Radio avec Patrick Roger

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