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Victoire de l'UBB : la France confirme son hégémonie européenne

En écrasant le Leinster en finale de la Champions Cup, l’UBB a confirmé la domination du rugby français sur l’Europe. Porté par un Top 14 ultra-compétitif et économiquement puissant, le rugby tricolore enchaîne les succès en club comme en sélection, même si cette suprématie n’efface pas toutes les interrogations pour le XV de France.

La Fédération Française de Rugby et la LNR se sont entendus pour la nouvelle convention 2026-2031, afin de garantir l'efficacité du rugby français Photo Victor Joly / DPPI (Photo by Victor Joly / DPPI via AFP)

Avec un 35-7 à la pause, 41-19 au final après une deuxième période maîtrisée sans trembler, l'Union Bordeaux-Bègles a remporté un deuxième titre consécutif en Champions Cup. Et a prolongé un week-end parfait pour le Top 14, après la victoire encore plus nette de Montpellier contre l'Ulster en finale de la bien plus anecdotique Challenge Cup (59-26).

Depuis 2021, les clubs français ont gagné dix titres européens sur douze, laissant seulement échapper la Challenge Cup en 2024 et 2025, année où Lyon avait échoué en finale. Cette série a mis à l'honneur six clubs, trois en Champions Cup avec deux victoires chacun (Toulouse, La Rochelle, UBB) ainsi que Montpellier, par deux fois, Lyon et Toulon en Challenge.

"En termes de niveau de compétition, la vitesse à laquelle les équipes jouent est le facteur le plus important", a tenté d'esquisser l'entraîneur du Leinster Leo Cullen après la débâcle de son équipe pour expliquer la supériorité du Top 14.

"C'est un état d'esprit que nous devons adopter dans notre ligue également", assure-t-il, citant la qualité du jeu produit par Toulouse contre la Rochelle en décembre (66-14), deux semaines avant que La Rochelle soit proche de faire tomber les Irlandais (25-24).

"Les équipes du Top 14 sont d'un tout autre calibre que nous. Nous n'avons pas accès à certains talents étrangers dont elles disposent", plaide Cullen.

- Puissance économique -

Pour Yannick Bru, l'entraîneur de l'UBB, "le Top 14 est d'une exigence incroyable, que ce soit en termes de présence physique, de préparation tactique des matches, de fraîcheur mentale des joueurs aussi. En France, on a construit quelque chose de spécial".

Il a aussi pointé l'énergie à consacrer à ce championnat, où l'UBB malgré son effectif de haute qualité, n'est pas certain de disputer la phase finale et a été confronté à une multitude de blessure de cadres (Lucu, Moefana en début de saison, Depoortere désormais) au cours de la saison. "Une des plus dures compétitions au monde", selon le pilier tongien Ben Tameifuna, arrivé en 2015 en France.

Fort de droits télévisés bien supérieurs, de stade remplis, comme celui de l'UBB, qui a la meilleure affluence d'un club de rugby au monde avec plus de 30.000 personnes, et de mécènes capables de soutenir à bout de bras certains clubs comme Toulon ou le Stade français, l'économie du rugby tricolore se porte bien, au contraire de l'écosystème de ces voisins.

"Les bons joueurs de ma génération jouaient en Angleterre. Les gros clubs étaient en Angleterre. Ces clubs se sont un peu cassés la gueule économiquement", a rappelé en zone mixte l'entraîneur adjoint de l'UBB Christophe Laussucq.

"Les Irlandais avaient trois provinces, souvent compétitives. Là, on voit que même avec pratiquement tous les bons joueurs au Leinster, on arrive à les battre (...) Les Gallois sont largués, les Écossais sont en difficulté. C'est un peu triste aussi (...) Ce n'est pas notre faute si le rugby français se porte bien", a poursuivi le technicien.

- Un frein pour les Bleus ? -

La domination du rugby français se prolonge désormais dans les sélections: la France a gagné les deux derniers Tournois des six nations, en plus de son Grand Chelem en 2022. L'obligation d'aligner un certains nombres de joueurs issus des filières de formation (JIFF) a permis de garder un espace pour les talents tricolores.

Mais le XV de France court toujours après son premier titre mondial et semble encore loin de l'Afrique du Sud, double championne du monde en titre.

Le rythme incessant auquel sont soumis les joueurs du Top 14, Louis Bielle-Biarrey ayant par exemple déjà atteint les 30 matches joués cette saison, a souvent été pointé du doigt par le sélectionneur Fabien Galthié pour expliquer les difficultés des Bleus, malgré des mesures pour protéger les internationaux.

Le premier match du Championnat des nations, contre la Nouvelle-Zélande, a ainsi lieu une semaine seulement après la finale du Top 14.

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