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Mehdi Laribi, chef de la DZ Mafia, interpellé en Algérie

Un chef présumé de l'organisation criminelle DZ Mafia, Mehdi Laribi, a été interpellé en Algérie fin juillet sur exécution d'un mandat d'arrêt de la justice française dont il était "une cible prioritaire", selon le ministre de la Justice Gérald Darmanin.

Sculpture représentant la justice, symbolisant l'arrestation de Mehdi Laribi
JACQUES DEMARTHON - AFP/Archives

Un chef présumé de l'organisation criminelle DZ Mafia, Mehdi Laribi, a été interpellé en Algérie fin juillet sur exécution d'un mandat d'arrêt de la justice française dont il était "une cible prioritaire", selon le ministre de la Justice Gérald Darmanin.

Ce Franco-Algérien originaire de Marseille, fief de la DZ Mafia, a été interpellé le 20 juillet puis placé sous contrôle judiciaire, a précisé à l'AFP une source judiciaire.

Le procureur de la République de Marseille Nicolas Bessone s'est félicité sur franceinfo, qui a révélé l'information, de l'arrestation de celui qui assumait un rôle "d'importateur" et de "logisticien" au sein du clan.

L'organisation criminelle contrôle le trafic de drogue à Marseille et ses activités se sont étendues à d'autres villes de France.

Selon une convention signée entre la France et l'Algérie, aucun des deux pays n'extrade vers l'autre ses ressortissants. Le narcotrafiquant peut toutefois être poursuivi en Algérie si les autorités françaises le demandent.

"Une cible prioritaire de la justice française dans la lutte contre la drogue et la criminalité organisée, a été interpellée en Algérie", a salué le ministre de la Justice Gérald Darmanin sur X.

"Merci aux autorités algériennes pour cette avancée et cette coopération en lien avec le parquet national anti-criminalité organisée (PNACO) et le parquet de Marseille", a-t-il ajouté.

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a également salué dans un message sur X l’interpellation "de l’un des membres fondateurs de l’organisation criminelle DZ mafia".

- "Octopus" -

Ce geste des autorités algériennes intervient après la visite à Alger, en mai, de Gérald Darmanin qui souhaitait notamment aborder la lutte contre la DZ Mafia, nom faisant référence à Djazair (l'Algérie). Après des mois de crispations, une détente s'est amorcée entre les deux pays.

La justice française a formulé une dizaine de demandes d'entraide visant des dirigeants de la DZ Mafia qui se trouveraient de l'autre côté de la Méditerranée.

Mehdi Laribi, connu sous le surnom de Tic, était visé par un mandat d'arrêt émis dans le cadre de la vaste enquête baptisée Octopus menée par la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Marseille.

Il est notamment poursuivi des chefs de direction d'un groupement ayant pour objet le trafic de stupéfiants, trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs et blanchiment, a précisé le parquet de Marseille à l'AFP.

Les investigations avaient conduit à un important coup de filet dans le sud de la France en mars, avec 41 interpellations, selon le ministre de l'Intérieur. Dont 26 personnes ont été mises en examen.

Autres patrons présumés de la DZ Mafia, Amine Oualane et Gabriel Ory, détenus et soupçonnés de piloter leurs activités criminelles depuis la prison, ont également été mis en examen dans cette enquête.

Malgré plusieurs coups porté au clan, "la DZ mafia existe toujours" et reste "puissante", a mis en garde le procureur de Marseille, ajoutant : "Il y en a qui sont à l'extérieur et que nous devons encore arrêter".

- Recomposition ? -

Mehdi Laribi a plongé dans la délinquance dès l'adolescence avant de devenir une figure du grand banditisme. Il avait fait une brève incursion dans le cinéma en jouant l'un des rôles de "Khamsa" (2008), un film de Karim Dridi racontant les 400 coups d'une bande de gamins de Marseille.

Tic a de nombreuses mentions à son casier dont une condamnation à dix ans de réclusion pour un triple assassinat en 2011, sur fond de guerre de la drogue. Il s'était chargé d'incendier la voiture dans laquelle les trois victimes avaient été abattues par son frère Lamine, surnommé Tac, selon le mode opératoire dit du barbecue marseillais.

Sa cité d'origine, Bassens, dans les quartiers nord, a longtemps été l'un des plus importants points de stupéfiants de Marseille et passe pour le berceau de la DZ Mafia. Le nom de cette organisation a émergé en 2023, année d'un bain de sang lié notamment à la guerre l'opposant aux rivaux du clan Yoda.

La même année, selon des rapports d'enquête, une altercation dans une boîte de nuit en Thaïlande aurait avivé le conflit entre la DZ et le clan Yoda, dont l'un des chefs, Felix Bingui, aurait jeté un glaçon au visage de Laribi.

Les activités de la DZ Mafia, sans hiérarchie structurée selon des sources policières, se sont "diversifiées" au-delà du trafic de drogue, avec des extorsions de commerces ou des "prestations de service" criminelles.

En janvier, le nom de Laribi a refait surface dans sa cité d'origine, théâtre d'une opération d'intimidation diffusée sur les réseaux sociaux. Plusieurs hommes masqués avaient battu un jeune guetteur et l'opération avait été accompagnée d'une inscription traitant Tic de "balance". Le tout signé de la mention "DZNG", soit DZ nouvelle génération, laissant penser à une possible recomposition de l'organisation.

Par Sophie MAKRIS / Marseille (France) (AFP) / © 2026 AFP

#DZMaifa #Algeria #Crime #DrugTrafficking #France

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