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Présidentielle 2027 : comment les candidats draguent les professeurs et l’école 

GROS PLAN SUD RADIO - En cette semaine de rentrée pour 11,6 millions d'élèves, l'éducation s'impose déjà comme l'un des grands thèmes de la campagne présidentielle. Salaires des enseignants, autorité, effectifs, autonomie des établissements, lutte contre les inégalités : les candidats à l'Élysée rivalisent d'idées et de propositions.

Les candidats à la Présidentielle avant le grand débat face au Medef

Plus de 850 000 enseignants ont fait leur rentrée cette semaine. Un climat idéal à la mise en avant de propositions pour l’école de la part des, nombreux, candidats à l’élection présidentielle. Si les propositions divergent, un point semble faire consensus : la nécessité de mieux payer les professeurs, dont la rémunération - plutôt dans la moyenne de l'OCDE en début de carrière - décroche nettement par la suite et reste inférieure à celle de plusieurs voisins européens comme l'Allemagne ou l’Espagne. Voici les différentes propositions des principaux candidats. 

Bruno Retailleau : entre 135 et 300€ supplémentaires pour les enseignants

Bruno Retailleau bâtit un programme sur l’école autour de quatre piliers : les enseignants, la transmission des savoirs, l'autonomie des établissements et l'autorité. Il propose notamment de rapprocher les salaires des enseignants de la moyenne européenne tout en réformant un système d'affectation et de carrière encore très marqué par l'ancienneté. Il a notamment annoncé une augmentation de 300 euros nets pour les professeurs en milieu de carrière et de 135 pour ceux qui la débutent.

Édouard Philippe : 20% d’augmentation

Pour le candidat d'Horizons, il faut d'abord sur l'attractivité du métier, avec une augmentation de 20 % de la rémunération moyenne des enseignants sur l'ensemble du quinquennat. Il souhaite aussi donner plus de liberté aux établissements, qui pourraient adapter leurs méthodes et leurs horaires, imposer l'uniforme, fixer leurs propres règles disciplinaires ou participer au recrutement des enseignants, en contrepartie d'une publication de leurs résultats.

L'ancien Premier ministre souhaite également renforcer la formation des enseignants et créer une amende visant les parents d'élèves harceleurs, absentéistes ou très perturbateurs.

Gabriel Attal : jusqu’à 500€ de plus pour les profs

Ancien ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal veut profiter de la baisse démographique pour réduire les effectifs, avec l'objectif de passer sous la barre des 20 élèves par classe en primaire. Au collège, il souhaite rétablir un certificat d'études permettant de vérifier la maîtrise des savoirs fondamentaux avant l'entrée en sixième.

Côté rémunération, il propose une revalorisation allant de 200 à 500 euros nets mensuels selon l'ancienneté, pour un coût estimé à 2,5 milliards d'euros. Il veut également garantir la stabilité du ministère de l'Éducation nationale en assurant la présence du même ministre pendant cinq ans.

Marine Tondelier : moins d’élèves par classe et +15% sur les salaires

La candidate des Écologistes place l'école primaire au sommet des priorités, avec une réduction de la taille des classes à 19 élèves d'ici 2032, et à 12 élèves dans les établissements REP et REP+. Marine Tondelier propose une hausse des salaires des enseignants de 15 % en cinq ans, en plus de l'inflation, ainsi que la création d'une filière de catégorie B pour les accompagnants d'élèves en situation de handicap.

Elle veut aussi développer des temps d'apprentissage hors des cours et transformer les établissements en « refuges climatiques » grâce à un investissement annuel de deux milliards d'euros.

Raphaël Glucksmann : une augmentation de 25% sur la fiche de paie 

Le candidat de Place publique évoque lui aussi la question salariale comme une priorité, avec une augmentation de 10 % pour tous les enseignants, pouvant atteindre 25 % selon la progression de carrière, pour un coût annoncé de six milliards d'euros.

Il propose un plan de sauvetage de l'école publique sur cinq ans, comprenant une baisse du nombre d'élèves par classe en primaire et un vaste chantier de rénovation des bâtiments scolaires. Pour Raphaël Glucksmann, l'école doit avant tout redevenir un outil de réduction des inégalités.

Marine Le Pen : pas d’augmentation en vue pour l’instant

Le Rassemblement national propose avant tout l'idée d'orienter vers des structures spécialisées les élèves ayant fait l'objet de deux exclusions. Il souhaite aussi renforcer la place de l'histoire dans les programmes, en rendant obligatoire l'affichage en classe d'une carte de France et d'une frise chronologique retraçant le roman national.

Le baccalauréat serait réformé, avec le retour des séries et des règles de notation plus strictes, tandis que l'enseignement des mathématiques serait revu. Le RN promet enfin d'abroger le Pacte enseignant et de rendre systématique le remplacement des professeurs absents. En revanche, ils n’ont pas encore fait état d’une augmentation salariale pour les enseignants.

Olivier Faure : augmenter les AESH

Le premier secrétaire du Parti socialiste, candidat à la primaire, propose d'instaurer un petit-déjeuner gratuit pour chaque enfant scolarisé, afin qu'aucun élève ne commence sa journée le « ventre vide ». Olivier Faure souhaite également mieux accompagner les élèves en situation de handicap, en améliorant la rémunération et la formation des AESH (Accompagnants des Elèves en Situation de Handicap), et garantir à chaque élève un accès à des psychologues et infirmiers scolaires. Il propose également la généralisation des classes de découverte, rappelant qu'une partie importante des enfants ne partent jamais en vacances.

Jean-Luc Mélenchon : réduire les effectifs et renforcer le service public

Le candidat de La France insoumise vise une moyenne de 19 élèves par classe en fin de quinquennat, ce qui nécessiterait, selon lui, le recrutement de 160 000 enseignants. Jean-Luc Mélenchon propose aussi la gratuité de la cantine scolaire, avec l'objectif de porter à 100 % la part de produits issus de l'agriculture paysanne et biologique, ainsi qu'un renforcement de la lutte contre le harcèlement scolaire via une meilleure formation des équipes éducatives.

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