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-21% d’optimisme : le moral des artisans s’effondre et n'a jamlais été aussi bas

Par La rédaction

Le savoir-faire français est-il en danger ? Les artisans n'ont sans doute jamais vécu une crise aussi profonde.

artisans
Quel est le moral des artisans dans l'Hexagone ? (c) AFP

Dans un contexte de forte incertitude économique et politique, le moral des artisans s'effondre avec une chute spectaculaire de 21 points d'optimisme par rapport à l'année dernière, selon le réseau des Chambres de Métiers et de l’Artisanat. Un moral en chute libre qui révèle la détresse d'un secteur où près de quatre professionnels sur dix envisagent désormais de jeter l'éponge.  

Par ailleurs, on observe également :

  • Une chute marquée du moral des artisans : L'optimisme des artisans accuse un net recul (-21 points). Désormais, 46 % d'entre eux se déclarent pessimistes pour les 6 prochains mois (contre 34 % chez les porteurs de projets).
  • Un trio d'inquiétudes majeures : Les 3 principales préoccupations pour l'avenir des entreprises sont l'instabilité économique/l'inflation (39 % des artisans / 44 % des porteurs de projets), le contexte politique français (39 % / 27 %) et le pouvoir d'achat (38 % / 46 %).
  • Une accumulation de contraintes financières et administratives : Les principales difficultés ayant un impact important sur l'activité sont les impôts et taxes (91 % des artisans), la hausse du prix des matières premières (88 %), le coût de l'énergie (81 %) et la complexité administrative (80 %).
  • Un gel quasi généralisé des recrutements : En raison des incertitudes, la grande majorité n'envisage pas d'embaucher de salariés ou d'apprentis dans les 6 prochains mois : 86 % des artisans et 74 % des porteurs de projets prévoient de ne recruter personne.
  • Lassitude et hausse des intentions d'arrêt d'activité : Si la passion pour le métier reste présente, 91 % des artisans trouvent qu'il est plus difficile d'exercer aujourd'hui qu'il y a 10 ans, 39 % ont déjà envisagé de cesser leur activité (+18 points), et 64 % attendent davantage de soutien des pouvoirs publics.
  • Priorité à l'équilibre et à la rentabilité : Pour les prochains mois, 55 % des artisans et 57 % des porteurs de projets ont pour priorité de trouver un équilibre entre rentabilité et investissement. Les investissements prioritaires se tournent d'abord vers le marketing/publicité (24 %), la relation client (22 %) et la formation (20 %).
  • Baisse attendue des effectifs en apprentissage (-7,7 %) : Dans un contexte économique et démographique contraint, une baisse de 7,7 % des effectifs en apprentissage est anticipée à la rentrée 2026 dans le réseau CMA Formation, malgré certaines avancées sur le financement des NPEC (niveaux de prise en charge).

"Les artisans sont dans une crise profonde"

Pourquoi cette chute soudaine ? "En fait, les artisans sont dans une crise profonde, estime Joël Fourny, président de CMA France au micro de Jacques Cardoze, sur l’antenne de Sud Radio. Ce n’est pas une question de foi dans leur métier. C’est parce que la conjoncture est difficile. Aujourd’hui, nous en sommes à un point de rupture."

"Une situation critique"

"La situation géopolitique et la politique nationale ne donnent pas suffisamment confiance pour prévoir l’avenir. Le décrochage s’est fait sur l’année 2025. L’année dernière, les artisans étaient encore optimistes. Fin 2025, les choses se sont rapidement dégradées. D’ailleurs, on constate beaucoup de défaillances d’entreprise. Des artisans qui n’ont plus confiance, dans une situation critique."

"Je n'ai jamais vu cela"

"Je n’ai jamais vu cela, je n’ai jamais vu une crise aussi profonde, estime Joël Fourny, président de CMA France, sur l’antenne de Sud Radio. La première entreprise de France va très mal ! Les crises ont amené une augmentation des matières premières. À cela s’est ajouté le coût de l’énergie et la baisse de la consommation. À un moment, vous ne pouvez plus répercuter les coûts sur les prix de vente. Bouchers, charcutiers, maçons, coiffeurs, sous-traitants de l’industrie… Vous avez beaucoup de métiers différents."

"Les coûts d’augmentation du carburant jouent aussi sur la rentabilité de l’entreprise"

"Les coûts d’augmentation du carburant jouent aussi sur la rentabilité de l’entreprise. Ce qu’attendent les entreprises artisanales, c’est de la stabilité politique pour avoir une vision sur le long terme. Pour pouvoir prévoir les embauches sur une période longue. Par exemple, sur l’apprentissage, nous avons sans cesse des remises en cause des prises en charge de l’alternance."

Retrouvez "Sud Radio vous explique" chaque jour à 7h40 dans le Grand Matin Sud Radio avec Jacques Cardoze

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