La France suffoque depuis bientôt quatre mois et la chaleur ne descend pas. Alors que la France devrait affronter une nouvelle canicule cette semaine, les maraîchers accusent avec peine les dégâts causés par cet été 2026 historique. 77 % du territoire a été concerné par une sécheresse à la mi-août contre 4 % au 1er juin. Un pic face auquel le secteur n'a pu lutter malgré un début de saison "supportable" et des récoltes printanières.
"Les pertes sont immenses"
"Le mauvais temps, c’est le temps qui dure", constate Daniel Sauvaitre, arboriculteur et président de l'interprofession des fruits et légumes, au micro de Benjamin Glaise sur Sud Radio. Entre les canicules à répétition et la sécheresse, pas besoin d’attendre la fin des récoltes pour observer les dégâts, perceptibles dès la mi-juillet. "Il reste encore la récolte de pommes à fer, de poires, de noix et de noisettes, mais on sait que pour les maraîchers, les pertes sont immenses."
Des récoltes désastreuses en Bretagne
Les maraîchers de la façade ouest ont sonné l’alerte en premier. Avec seulement 15 à 17 % des cultures irriguées, les Bretons n’ont pas pour habitude d’irriguer leurs productions. Les voici donc face au mur, impuissants. Zone géographique la plus touchée, la Bretagne n’a pas vu beaucoup d’eau couler dans ses champs cette année. Conséquence ? "Ils n'ont, pour certains, pas récolté du tout. Pas de salades, d’ail, et puis ça va avoir une incidence sur l'automne et l'hiver pour toute une catégorie de légumes comme le poireau."
🍅 Maraîchers : “Il faut un plan exceptionnel et urgent” https://t.co/dfZJkfQIZ3 pic.twitter.com/nzpiuY8JPw
— Sud Radio (@SudRadio) September 2, 2026
Un panier toujours plus rare et cher
L’irréductible melon résiste à l’instar de nombreux fruits, "notamment les pommes, puisque les premières cueillies ont eu chaud." Les agriculteurs ont dû se contenter de variétés précoces, de plus petits calibres et moins colorées. "Elles ont beaucoup de sucre, mais ça fera des petites récoltes." Productions rares et donc, plus coûteuses. "Quand on veut vraiment quelque chose qui est rare, c'est plus cher. Après, on peut aller chez le maraîcher directement. C'est une option." Le consommateur doit être stratégique et acheter selon ses moyens face à la hausse des prix.
En cessation de paiement
Incontournable, la question de l’agriculture est un sujet brûlant pour Sébastien Lecornu. Le premier ministre parle d’un plan de sauvetage, sorte de relance pour les agriculteurs. "L'attente est très forte. À l'interprofession des fruits et légumes, toutes les familles soutiennent les demandes des maraîchers." Nombre d’entre eux sont en état de cessation de paiement, faute de rentabilité des productions. "Ils n'ont pas d'argent pour réinvestir et préparer une autre récolte." Soutien trésorier, recours à l'indemnité de solidarité nationale, les agriculteurs espèrent une annonce rapide du chef du gouvernement. Daniel Sauvaitre, lui, demande à stocker massivement l'eau de l'hiver pour affronter des étés caniculaires qui pourraient "devenir la norme".