Elle pallie aux déserts médicaux et limite nos déplacements, la téléconsultation médicale apparaît comme une "solution miracle", notamment depuis le COVID-19. En avril 2020, date du premier confinement, les médecins généralistes libéraux ont réalisé 3,6 millions de téléconsultations. En France, 29 % des Français ont déjà eu recours à la téléconsultation : la pratique est en pleine expansion.
"C'est un pur scandale !"
Une ineptie pour Jean-Paul Hamon, médecin généraliste et ex-président de la fédération des Médecins de France, qui a développé ses arguments au micro de Jacques Cardoze sur Sud Radio : "C'est un pur scandale. Ça dure trois minutes et c'est une dégradation totale de l’offre de soin. Il y a de la pub partout à la télévision. Depuis un peu plus de 5 ans, on assiste à une désorganisation totale de la médecine en France et de l’accès aux médecins généralistes."
‼️ "Du désespoir et de la colère ! On en voit fleurir partout !"
— Sud Radio (@SudRadio) September 2, 2026
🗣️Le coup de gueule de Jean-Paul Hamon, médecin généraliste, contre la prolifération des cabines de téléconsultation #GrandMatin
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"La téléconsultation est un détournement total"
21 % des usagers estiment avoir évité un passage aux urgences grâce à la téléconsultation. Une aubaine pour le secteur déjà saturé. Problème ? Les rendez-vous s’enchaînent plus rapidement, au détriment de la qualité de prise en charge du patient. Le généraliste observe cette tendance médicale avec dépit. "Ça devient n’importe quoi. Les téléconsultations avec des médecins dans des cabines, ça n’a aucun sens. La téléconsultation, c’est bien entre professionnels. Moi par exemple, je demande un avis à un collègue spécialiste. Mais les Français veulent voir des médecins en vrai." Ni contact humain, ni expertise approfondie étant donné l'absence d'examen physique : "La téléconsultation est un détournement total.”
"Une atteinte aux exigences déontologiques"
Malgré tout, la téléconsultation traite surtout les cas non vitaux. 25 % des entrevues concernent les symptômes grippaux et rhumes, 24 %, la fièvre et pour 22 %, les otites. Sa progression en France reste d’ailleurs marginale avec seulement 3–4% des consultations en France. Bien en deçà du Royaume-Uni ou du Danemark qui avoisine lui, les 30 % de consultation à distance.
Le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) et plusieurs instances professionnelles se sont exprimés en faveur de cette pratique, avec prudence tout de même car "la prise en charge de patients exclusivement en téléconsultation porte atteinte aux exigences déontologiques de qualité, de sécurité et de continuité des soins." Celle-ci doit être vue comme un complément à la consultation physique, pas comme un remplacement systématique. Pour l'instant, entre inégalités d’accès au numérique, besoins d’examen physique et coordination interprofessionnelle, la généralisation de cette pratique n’est pas prévue pour demain.