Impossible d'y échapper en cette rentrée : se loger dans les grandes villes françaises est devenu un défi presque insurmontable. En sept ans, le nombre d'annonces de location a chuté de 37 % à Paris, 60 % à Toulouse et jusqu'à 72 % à Montpellier. Une pénurie qui s'explique par un recul massif de l'offre locative, alors que les demandes, elles, ne cessent d'augmenter.
Des candidats à bout de nerfs
Hugo, étudiant en lettres, cherche un logement depuis des semaines, sans succès, malgré un dossier solide. Il raconte au micro de Sud Radio son parcours du combattant :
« Ça prend du temps. Quand t'es tout seul à faire les dossiers et à te déplacer à droite à gauche pour aller faire les visites d'appartements, c'est pas facile » explique-t-il. « Souvent, on est des centaines à demander un dossier pour un seul appartement, donc au final, on ne te relance jamais. C'est la galère. »
Les agences immobilières submergées
Du côté des professionnels, la pression est tout aussi forte. Une agente immobilière confirme une situation intenable dès la mise en ligne d'une annonce :
« Quand on publie l'annonce en location et dès qu'elle est parue sur les sites, le téléphone est saturé. On a en moyenne une centaine d'appels dans l'heure. Et tout type d'appartement, que ce soit du studio, quatre pièces, du meublé ou du non-meublé. »
L'encadrement des loyers et le DPE pointés du doigt
Pour Martin, agent immobilier dans le 11ᵉ arrondissement de Paris, le manque d'offres est la racine du problème, et certaines mesures récentes n'arrangent rien :
« Ça ne va peut-être pas plaire à certains, mais l'encadrement des loyers, ça empêche les investisseurs d'acheter et de mettre en location. Donc forcément, l'offre diminue. Et ensuite, les règles du DPE (Diagnostic de performance énergétique), je suis d'accord qu'il faut évoluer dans nos consommations énergétiques, etc. Mais il faut aussi pouvoir loger tout le monde. »
Face à cette pénurie chronique, plusieurs municipalités envisagent de faire revenir sur le marché locatif les logements vacants, notamment via la mise en place d'une surtaxe destinée à inciter les propriétaires à louer plutôt qu'à laisser leur bien inoccupé.
Le marché du mobilier, une victime collatérale
Cette pénurie de logements dépasse largement le seul marché locatif et touche aussi les secteurs qui en dépendent. Les vendeurs de meubles pâtissent notamment du manque de clients : difficile d’équiper un logement quand on ne parvient pas à en trouver un. À cette baisse de la demande s’ajoute la concurrence croissante de la seconde main, portée par des plateformes comme Vinted ou Leboncoin. Dans ce contexte, Ikea a annoncé une baisse de prix sur 1 500 produits en Europe, dont 300 en France, avec des remises pouvant atteindre 28 %.