Les feux en Gironde sont à peine éteints que la région s’enflamme à nouveau. Cette fois-ci, ce sont les habitants qui fulminent. La raison de cette colère ? Un projet de méga usine porté par l’entreprise EMME, qui doit sortir de terre sur les communes de Blanquefort, Parampuyre et Saint-Louis de MontFerrand au bord de l’estuaire.
Cette usine de raffinage de nickel et cobalt devrait permettre la conception de produits, utilisables notamment pour les batteries de véhicules électriques. Malgré une promesse d’emploi à la clé, le chantier ne convainc pas et suscite de vives inquiétudes.
« Faute d’être écoutés, on se radicalise ! »
Cette construction recouvrira des zones humaines et pompera l'eau de la Garonne. Révoltés les habitants ont déposé hier, un référé suspension devant le tribunal administratif de Bordeaux. Mais le pire est à venir : les produits manipulés dans l’usine se retrouveront tôt ou tard dans l’air. Au micro de Sud Radio, Sylvie Labaurie le constate avec dépit, « on est arrivés à un point où faute d’être écoutés, on se radicalise ». Comme tous les habitants, elle s’affole. « C’est nous qui allons respirer 5,5 tonnes de particules de nickel, de cobalt et de solvant par an. »
Crues et zone inondable
Immense, l’usine sera installée au bord de l’estuaire de la Garonne. Problème ? La zone est inondable. « Il y avait plus d'un mètre d'eau cet hiver, en février, sur cette zone. Ils vont faire un remblai de 6 mètres de haut et construire une usine qui va peser des tonnes sur un marais. On croit rêver. »
Autre souci : ses terres servent de déversement aux crues régulières de la Garonne. À la mairie de Blanquefort le ton monte. Thierry Boutin, élu à la mairie perd patience. « Où va aller cette eau qui était naturellement absorbée par ce terrain ? Lors de l'enquête publique, il y a eu je ne sais plus combien d'avis défavorables : on n'en a pas tenu compte. »
« Pendant qu'on dépose des recours, le projet continue d'avancer à marche forcée »
D'autres recours sont engagés, mais en attendant, le projet grandit. Seul moyen pour les habitants de se faire entendre ? Agir. Les délais de traitement prennent du temps. Florence Bourgaud le sait : « Pendant qu'on dépose des recours, le projet continue d'avancer à marche forcée. Les porteurs de projets veulent démarrer le chantier au plus vite possible. » Si le tribunal accepte ce référé suspension, les travaux seraient stoppés immédiatement. Une course contre la montre est engagée.