singlesud.php

Pourquoi l'internet mondial tourne au ralenti depuis 24 heures

Préfectures, impôts, Météo-France, banques… Depuis hier après-midi, de nombreux sites web du quotidien restent inaccessibles. Il ne s'agit pas d'un piratage, mais d'un « coupe-circuit » préventif afin de corriger une faille de cybersécurité mondiale. Explications.

Si vous avez tenté hier de consulter la météo, de payer vos impôts ou de prendre rendez-vous en préfecture, vous êtes forcément tombés sur une page de maintenance. Depuis hier après-midi, les sites des préfectures, de l'administration fiscale, de Météo-France, de la CNIL, de Santé publique France, de la Ville de Paris, ainsi que ceux de plusieurs banques et médias, sont hors ligne.

Premier point à retenir : aucune attaque n'est en cours. Les services concernés ont été volontairement suspendus, à la demande de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI), après la publication de deux failles critiques dans PHP, un composant essentiel du web. La France n'est pas seule : les Pays-Bas, la Finlande, le Royaume-Uni, l'Allemagne, le Danemark et la Belgique ont pris des mesures comparables.

70 % des sites web dans le monde

Pour mesurer l'ampleur de l'alerte, il faut savoir ce qu'est PHP. Ce langage informatique fait tourner, côté serveur, environ 70 % des sites web dans le monde : pages, formulaires, espaces clients. Il est aussi le moteur de la quasi-totalité des sites construits avec WordPress, Drupal ou Joomla, des outils très répandus pour créer un site. Une faille dans PHP est donc une faille potentielle dans des millions de sites à la fois.

Deux failles critiques détectées

Les deux vulnérabilités, référencées CVE-2026-109618 et CVE-2026-109619 et surnommées « PHP2Shell », sont notées 9,2 sur 10 en gravité. Elles permettent d'exécuter du code à distance sur un serveur, sans aucune authentification : un attaquant n'a besoin ni de mot de passe ni de compte. Toutes les versions de PHP et tous les modes d'hébergement sont concernés.

Concrètement, un pirate pourrait prendre le contrôle d'un site, en modifier le contenu, accéder aux données qu'il traite ou s'en servir comme porte d'entrée vers le reste du système informatique d'une organisation.

Pourquoi couper plutôt qu'attendre ?

Les correctifs ont été publiés hier à 16 heures. On pourrait penser qu'il suffit de les installer. Mais l'ANSSI a prévenu que leur « exploitation rapide est à craindre ». Dès qu'une faille et son correctif sont rendus publics, les pirates savent où chercher, alors que des milliers de sites n'ont pas encore été mis à jour. Cette fenêtre entre la publication et l'installation est la période la plus dangereuse.

Face à ce risque, la décision a été prise de couper avant que le mal ne soit fait. Un message adressé aux usagers explique que cette suspension, « indispensable », vise à garantir la protection des données et la sécurité de l'ensemble des systèmes.

Le casse-tête des vieux sites

Tout le monde ne pourra pas simplement « mettre à jour ». Les versions de PHP antérieures à la 8.2 ne sont plus maintenues par leur éditeur et ne recevront aucun correctif officiel. Pour ces sites, le CERT-FR, le centre gouvernemental de veille et de réponse aux attaques informatiques, recommande d'isoler les serveurs puis de migrer vers une version récente, une opération bien plus lourde et plus longue qu'une mise à jour classique. Les interruptions pourraient donc durer plus longtemps pour certains services.

Pas de fuite de données personnelles confirmée

À ce stade, aucune intrusion ni fuite de données liée à ces failles n'est confirmée. Pour les particuliers, le risque immédiat est ailleurs : le phishing. Les escrocs profitent volontiers de ce type de situation pour diffuser de faux messages vous invitant à « vous reconnecter » à un service administratif ou bancaire.

L'info en continu
13H
12H
11H
10H
Revenir
au direct

À Suivre
/