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Pillages à Paris et Lyon : comparutions immédiates pour vols opportunistes

Effraction dans un tabac, vols de vêtements de marque, de cigarettes ou encore de jeux à gratter : des personnes soupçonnées de vols par opportunisme lors des pillages du week-end dernier en marge de la mobilisation sociale ont défilé à la barre mardi et mercredi à Paris et Lyon.

Équilibre de la justice symbolisé par une statue tenant des balances
DAMIEN MEYER - AFP/Archives

Effraction dans un tabac, vols de vêtements de marque, de cigarettes ou encore de jeux à gratter : des personnes soupçonnées de vols par opportunisme lors des pillages du week-end dernier en marge de la mobilisation sociale ont défilé à la barre mardi et mercredi à Paris et Lyon.

Instants de comparutions immédiates.

- "Merci beaucoup"

Vestes Ralph Lauren, paires de baskets Kappa, produits Tommy Hilfiger... : Valeri, mécanicien géorgien de 37 ans, est interpellé lundi dans une voiture chargée des vêtements, "garée à moitié sur la chaussée", dans le 3e arrondissement de Lyon.

L'homme nie tout lien avec les violences : "ce ne sont pas des originaux madame la présidente, c'est impossible", assure-t-il devant une salle comble, assisté d'une traductrice. Vêtu d'un haut de survêtement Adidas, il raconte avec calme avoir acheté les vêtements le dimanche au marché de Vaulx-en-Velin, en banlieue lyonnaise, pour les rapporter à des proches en Géorgie.

L'histoire de contrefaçon a du mal à convaincre le ministère public : une étiquette a permis de confirmer l'authenticité d'au moins un des vêtements pendant l'enquête.

D'autant que le trentenaire cumule déjà sept condamnations pour recel et vol. "Il n'en est ni à son premier vol, ni à son premier essai", relève l'accusation, en réclamant 18 mois de prison ferme et une interdiction définitive de se rendre en France.

Audiencée en début d'après-midi, l'affaire se conclut peu après 22H00 : Relaxe ! "Il y avait des lacunes procédurales trop importantes, notamment sur l’origine illégale" des biens saisis, a commenté le parquet.

"Merci beaucoup", a salué Valeri G., sommé toutefois de quitter la France.

- Baskets violettes

"Ça vient du magasin" mais "je n'y étais pas", explique Souleymane, 19 ans, dont le sac à dos contenait des vêtements de sport avec leurs étiquettes, des jeux à gratter et des paquets de cigarettes. Interpellé lundi peu après minuit dans le 10e arrondissement de Paris, ce jeune homme ivoirien, en situation irrégulière, a été arrêté près d'un scooter qu'il tentait de dérober, selon l'accusation.

Une voisine l'a filmé depuis son balcon tandis que la vidéosurveillance du bureau de tabac montre des dizaines de personnes s'engouffrer dans son magasin, souvent habillées en noir. L'une d'entre elles porte des baskets violettes, les mêmes que celles de Souleymane.

"Je n'étais pas habillé en noir, c'est au commissariat qu'ils m'ont habillé en noir et pris en photo", assure le plombier, placé à l’Aide sociale à l’enfance (ASE). "Oula", répond la présidente.

"Je ne vais pas être très original" dans cet "énième dossier", dit le procureur qui réclame de la prison ferme, une incarcération immédiate et une interdiction du territoire pendant 3 ans. Déjà condamné à trois reprises, il écope de 8 mois ferme et dormira en prison.

- "Bénéfice du doute"

"C'est désespérant d'avoir une défense comme celle-ci : on est habillé en noir, avec des bonnets et des cagoules et, comme par hasard, on se retrouve au milieu d'une vingtaine d'individus, victime d'une erreur judiciaire", déplore le procureur.

Dans le box, Fadi et Islem, 21 et 26 ans, sont soupçonnés d'avoir participé au saccage et au pillage d'un magasin de sacs à main de la marque Coach, à Paris, mais nient y avoir pris part.

Le genou fissuré d'Islem, depuis son interpellation, l'empêche de se lever pour répondre aux questions.

Ce jeune homme algérien a été arrêté avec des gants en caoutchouc, mais sans sac de la marque. Son voisin de box parisien non plus.

Fadi voulait seulement rentrer chez lui après avoir manifesté, jure-t-il, avant d'être pris en étau entre un groupe de policiers et des pilleurs à proximité du magasin.

"C'est vrai, j'ai couru, je me suis caché (...), j'ai eu peur de la police", explique le jeune homme aux cheveux mi-longs, qui répète qu'il est "discipliné" en temps normal.

Le tribunal décide de les relaxer au bénéfice du doute. "Merci beaucoup", s'écrie Fadi, les bras levés au ciel.

- Interpellé en vélo

"C’est quoi les faits qui me sont reprochés ?".

La présidente s’esclaffe. "Vous ne savez pas pourquoi vous avez fait 48h de GAV (garde à vue, ndlr)?", lance-t-elle à Maniame, 21 ans, poursuivi pour vol par effraction d'un tabac dans le Marais à Paris dans la nuit du 17 au 18 octobre.

"Vol ?" tente le prévenu, avant de reconnaître "avoir pillé des cartouches de cigarettes dans un sac qu'il a "trouvé devant le tabac" mais contestant tout "vol avec effraction".

Dans le sac du jeune homme, interpellé en vélo après le pillage, les policiers ont trouvé "des cigarettes, du papier à rouler, des paquets de tabac, des +puff+ et une caisse enregistreuse verrouillée", énumère la présidente.

Son avocate le qualifie de "pillard par opportunisme", coupable uniquement de "recel", et fait remarquer au tribunal que "rien, ni témoin, ni vidéo, ni téléphonie" ne permet de dire qu’il a participé au saccage du bar tabac.

"Ce bar tabac, c'est le travail de toute une vie" , souligne l’avocat de la gérante, estimant le préjudice à 80.000 euros.

La procureure requiert 10 mois d’emprisonnement avec mandat de dépôt.

AFP / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP

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