« Un réveillon et la sensation d'un jour sans fin. Chaque année, c'est la même scène. En réalité, on s'apprête à fêter, célébrer, trinquer, s'embrasser sous les confettis. Et dans le même temps, le ministère de l'Intérieur se prépare à autre chose. Une nuit de tensions, de débordements et de violences.
Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, avait prévenu tolérance zéro, fermeté, quadrillage des forces de l'ordre. Et pourtant comme le chantait Charles Aznavour, le réveillon a encore ressemblé à ce qu'il est devenu en France depuis plusieurs années. Une sorte de jour sans fin où l'histoire se répète, année après année, avec une précision presque mécanique.
"Un enfant de 12 ans s'est arraché trois doigts avec un engin pyrotechnique"
Du côté de Strasbourg, de Rennes, du côté des Yvelines, des CRS blessés, des policiers visés délibérément, des centaines de mortiers saisis, parfois entre les mains de gamins de 15, de 16, et même de 12 ans. Par exemple, un enfant s'est arraché trois doigts en manipulant un engin pyrotechnique. Et on appelle ça fêter la nouvelle année.
Puis, il y a ce qui dépasse le désordre, ce qui quitte le registre de l'incident festif, pour entrer dans celui de la violence ordinaire. Des coups de couteau mortels à Marseille, des tirs à Bagnolet et des blessés par balles du côté de Trappes. Ces scènes, sur le papier, devraient appartenir à des contextes extrêmes, mais finissent par s'inviter, de façon banale, dans un 31 décembre à la française.
🗣️L'édito de @MaximeLledo : "Le #NouvelAn est devenu un jour sans fin où l'histoire se répète. Chaque année, c'est la même scène : une nuit de tensions et de violences !" #GrandMatin
— Sud Radio (@SudRadio) January 2, 2026
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"Des dizaines de policiers blessés"
Le bilan est pire que celui qui a été prévu, c'est-à-dire pire que l'année dernière. 1113 véhicules ont été brûlés en France lors du Nouvel An, selon le ministère de l'Intérieur, plus que les 984 incendiés l'an passé. Il y a eu plus de 505 interpellations et 403 placements en garde à vue contre 420 et 310 il y a un an.
Ces interpellations duent aussi aux conséquences de dizaines de policiers blessés, de commissariats pris pour cible, de quartiers également sous les mortiers d'artifice, transformés en réalité en petites zones de guérilla. Mais enfin, dans quel pays trouve-t-on normal que le passage à la nouvelle année implique nécessairement une hécatombe de voitures brûlées, des forces de l'ordre attaquées, des enfants quasiment mutilés, des armes qui circulent avec une violence ritualisée ?
"Le choc d'autorité doit être une résolution"
La question, la vraie, reste la même inlassablement posée. Combien de temps encore allons-nous accepter que la Saint-Sylvestre ressemble chaque année un peu plus, non pas à une nuit de fête, mais à une nuit de vérification. Vérifier l'état du pays, la solidité de l'autorité, vérifier tristement jusqu'où peut aller cette violence devenue presque saisonnière le 1er janvier au matin.
La France se réveille toujours un peu groggy, mais elle se réveille avec cette impression lourde, tenace, qu'une partie de la nation est en réalité coincée dans une permanente tension. Plus que jamais, si nous devions faire un vœu pour cette année 2026, c'est que le choc d'autorité doit être une résolution. »
Retrouvez l’édito de Maxime Lledo du lundi au vendredi dans Le Grand Matin Sud Radio de 7h à 10h.