1. René Lacoste : le Crocodile
René Lacoste c'est 7 tournois du Grand Chelem en simple (3 Roland-Garros, 2 Wimbledon, 2 US Open) et 2 Coupes Davis (1927 et 1928) en seulement cinq années de compétition au plus haut niveau, de 1924 à 1929. Il est élu à deux reprises meilleur joueur du monde en 1926 et 1927.
Son surnom de Crocodile ? Il le doit à un pari fait lors de la Coupe Davis : il avait parié une valise en peau de crocodile avec le capitaine de son équipe s'il remportait un match décisif. Malheureusement, il ne gagna pas le match mais un journaliste américain, ayant entendu l’anecdote, le décrivit comme un alligator sur le court. C’est aussi, en dehors du court, l’inventeur de Lacoste et celui de la première raquette en acier en 1963. Un nom qui jouit aujourd'hui encore d'une aura mondiale, bien au-delà du monde du sport et du tennis.
2. Henri Cochet : le Magicien
Avec 7 Grand Chelems (4 Roland-Garros, 2 Wimbledon, 1 US Open), 5 en double et 3 en double mixte, 6 Coupes Davis et 2 médailles d’argent aux JO en simple et en double, Henri Cochet est au-dessus de Lacoste sur le papier. La différence se joue sur le symbole, l'impact et l’incidence en dehors du court, ce qui explique cette deuxième place. Lui aussi était un des Quatre Mousquetaires avec le premier de ce classement.

Pourquoi le Magicien ? C’est l’homme des retournements de situation. En finale de Wimbledon en 1927, il sauve 8 balles de match contre Borotra, un record dans un Grand Chelem. On l'appelait le Magicien. Le titre était mérité.
3. Yannick Noah : l'icône populaire
Yannick Noah, c'est l’enfant du peuple, le grand frère, le repère, le seul et unique joueur tricolore de l'ère Open à avoir remporté un Grand Chelem en simple avec Roland-Garros en 1983. Mais aussi 23 titres ATP en simple et un classement de numéro 3 mondial en 1986, le meilleur d'un Français pendant l’ère Open. Cette victoire aux Internationaux de France reste aujourd'hui encore l'une des plus grandes images du sport français.
Sa troisième place s’explique par l’unicité de cet exploit. Il est aussi le capitaine de l’Équipe de France de Forget et Leconte, victorieuse en Coupe Davis en 1991 puis en 1996.
4. Jean Borotra : le showman de l’époque
Jean Borotra, le troisième et dernier mousquetaire de ce classement, a remporté 5 titres du Grand Chelem en simple, 9 en double, 5 en mixte et 5 Coupes Davis (1927, 1928, 1930, 1931, 1932) : un palmarès monumental mais pas suffisant pour déloger, selon nous, Noah du podium.
Connu pour son style aérien, ses acrobaties au filet et son béret vissé sur la tête, il fut l'un des rares Européens de l'époque à braver le voyage jusqu'en Australie pour remporter l'Open d’Australie. Son histoire est néanmoins nettement ternie par son implication dans le Régime de Vichy.
5. Jo-Wilfried Tsonga : le meilleur des années 2000
Jo-Wilfried Tsonga, c'est 18 titres ATP dont 2 Masters 1000 (Paris-Bercy 2008, Toronto 2014), une finale à l'Open d'Australie 2008, une finale au Masters en 2011 et une 5ème place atteinte au classement ATP juste derrière le Big Four.

Le plus fou, c’est son bilan contre les 3 meilleurs joueurs de tous les temps : 6 victoires contre Djokovic et Federer et 4 contre Nadal. Sa finale australienne de 2008 reste sa plus grande performance : inconnu au bataillon au début du tournoi, il élimine Nadal en demi-finale et ne s'incline que face à Djokovic après avoir gagné le premier set.
6. Cédric Pioline : l'élégance pas assez récompensée
Lorsque l’on pense à Cédric Pioline, il y a la vision des 12 défaites en finales pour 5 titres seulement. Malgré cela, il accède à 2 finales de Grand Chelem (US Open 1993, Wimbledon 1997), 1 Masters 1000, et un meilleur classement de numéro 5 mondial.
La carrière de Pioline est rare. Il intègre le top 10 avant même d'avoir remporté son premier titre ! C’est également le joueur français qui est allé le plus loin et surtout le plus de fois en Grand Chelem dans l'ère Open sans jamais en gagner un.
7. Henri Leconte : le fou génial
9 titres ATP, 1 Masters 1000, une Coupe Davis et 1 finale en Grand Chelem (Roland-Garros 1988) et 2 autres demi-finales. Henri Leconte est le seul joueur français à avoir atteint 3 demi-finales de Roland-Garros durant l’ère Open. Si le talent et la capacité à sortir des coups impossibles ne manquaient pas, ce sont les blessures mais surtout la fragilité mentale qui lui auront causé préjudice.
Sa finale de Roland-Garros 1988 contre Wilander reste son sommet malgré la défaite et les sifflets du public parisien. Surnommé le fou génial, capable du meilleur comme du pire, il fut l'un des maillons forts de la victoire française en Coupe Davis 1991, dans le double capital aux côtés de Guy Forget.
8. Sébastien Grosjean : le plus sous-estimé
Sébastien Grosjean a été numéro 4 mondial, a gagné un Masters 1000, disputé une finale au Masters en 2001 et 4 demi-finales en Grand Chelem. Seulement, il n'a accroché que 4 titres à son palmarès en carrière. Et c’est précisément ce paradoxe qui résume sa carrière : un niveau de jeu exceptionnel, rarement traduit en titres.
Pour cette raison, il est difficile de le classer mais les 3 demi-finales dans des Grands Chelems différents témoignent d’une régularité et d’un niveau de jeu capables de faire déjouer les meilleurs. Grosjean était le joueur que les autres n'aimaient pas affronter, capable de battre n'importe qui dans ses grands jours.
9. Gaël Monfils : le showman
Le showman Gaël Monfils mérite cette place. Avec un palmarès de 11 titres ATP dont deux ATP 500, plus de 500 victoires en carrière, un meilleur classement de numéro 6 mondial, des demi-finales à Roland-Garros et à l'US Open, il a réussi à faire rêver la France.

Gaël Monfils c’est des plongeons, des sauvetages impossibles et des points qui font lever les stades même au bout du monde. Il est l'athlète le plus spectaculaire que le tennis français ait jamais produit avec yannick Noah, peut-être le plus grand showman de tous les temps. Du moins, il y a débat.
10. Richard Gasquet : le plus beau revers du monde
Quand on pense au plus beau revers du tennis, Richard Gasquet fait partie des noms qui arrivent immédiatement en tête. Le Biterrois a remporté 16 titres ATP et gagné plus de 600 matchs sur le circuit. Il a également disputé 3 demi-finales en Grand Chelem (Wimbledon 2007 et 2015, US Open 2013).
Cependant, tous ses titres ne sont « que » des ATP 250. Alors qu’il aurait pu être l'adversaire n°1 de Nadal avec qui il rivalisait dans les catégories jeunes, il fera nourrir auprès des fans de tennis des regrets éternels. Sa longévité au plus haut niveau force néanmoins le respect. Il n'a jamais quitté le top 100 pendant près de vingt ans.
Mention spéciale : Guy Forget
Guy Forget c'est 11 titres dont 2 Masters 1000. Un palmarès qui, sur le papier, rivalise avec n'importe qui dans cette liste. Mais l'absence totale de résultats en Grand Chelem (pas mieux qu'un ¼ de finaliste à l'Open d'Australie et Wimbledon) l'empêche d'y figurer pleinement, même si le débat est pleinement ouvert. Le collectif chevillé au corps, il était avant tout un joueur d'équipe, un guerrier de Coupe Davis.