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Brigitte Lahaie : « Le corps ne nous ment jamais »

INTERVIEW SUD RADIO - Invitée au micro de Judith Beller dans l'émission Parlons Femmes sur Sud Radio, l'animatrice emblématique Brigitte Lahaie présente son dernier ouvrage, « 50 nuances de bonheur », publié chez Fayard. Dans un entretien sans tabou, celle qui a marqué la libération sexuelle livre un véritable plaidoyer pour l'épanouissement personnel, fondé sur l'idée que « nous sommes tous pour nous-mêmes les personnes les plus importantes ».

Brigitte Lahaie : « Le corps ne nous ment jamais »

Figure emblématique au parcours singulier, Brigitte Lahaie – que l'on peut retrouver du lundi au vendredi sur Sud Radio de 14h à 16h – dévoile un nouvel ouvrage, 50 nuances de bonheur, publié chez Fayard. Dans une interview sans tabou accordée à Judith Beller sur sa radio fétiche, l’animatrice livre une réflexion profonde sur la connaissance de soi, le rapport au corps et l'impérative nécessité de se placer au centre de sa propre vie pour atteindre une forme de sérénité. Entre confidence sur son passé et conseils pratiques, elle dessine les contours d'une existence affranchie du jugement d'autrui.

L’impératif de se choisir soi-même

Au cœur de la philosophie que Brigitte Lahaie développe dans son livre se trouve un postulat qui peut paraître provocateur : l'égoïsme sain. Elle affirme avec conviction que « nous sommes tous pour nous-mêmes les personnes les plus importantes ». Pour illustrer ce propos, elle utilise l'image du masque à oxygène dans un avion en dépressurisation : la mère doit d'abord s'équiper elle-même avant d'aider son enfant, car « si elle veut pouvoir s'occuper de lui », elle doit d'abord être en état de le faire. 

Selon elle, le bonheur n'est pas une destination fixe, mais « un chemin sur lequel il y a des carrefours sans cesse », où chaque épreuve est une occasion d'apprendre puisque « c'est toujours dans les épreuves qu'on avance le plus ».

Le corps comme boussole de vérité

Brigitte Lahaie insiste sur le lien indéfectible entre le physique et le psychisme : « Sentir, c'est choisir, penser, c'est décider », explique-t-elle. Pour l'auteure, nos pensées peuvent être polluées par l'éducation ou les médias, tandis que les sensations physiques sont irréfutables : « Ce qu'on ressent ne nous ment jamais, le corps ne nous ment jamais ». 

Elle encourage ainsi les femmes à faire la paix avec leur image, non pas à travers le miroir, mais par la sensation interne. « Comment est-ce qu'on fait pour aimer un corps qu'on n'aime pas regarder ? Il faut le ressentir », poursuit-elle, précisant que c’est par l’intérieur qu’il faut passer pour s’accepter réellement.

S’affranchir du passé et de la culpabilité

L'entretien est aussi l'occasion pour Brigitte Lahaie d'évoquer son parcours dans le cinéma pornographique des années 70. Si elle reconnaît que ce passé lui a valu de subir « l'opprobre du cinéma français », elle assume chaque étape de sa vie. Cette liberté, elle l'a puisée dans une absence de culpabilité héritée de ses valeurs : « J'ai la chance de ne pas trop comprendre ce que signifie la culpabilité », confie-t-elle. 

Elle analyse son entrée dans le X comme une forme de revanche inconsciente sur une histoire familiale complexe et une mère sensuelle mais contrainte par les non-dits de la petite bourgeoisie : « C’est peut-être aussi pour la venger que j'ai voulu moi faire du porno ». Aujourd'hui, elle se définit par sa capacité à créer plutôt qu'à simplement procréer, estimant que « nous avons tous besoin de se créer » pour donner du sens à notre existence.

Un regard critique sur une société pressée

Observatrice privilégiée de l'âme humaine depuis plus de 25 ans à la radio, Brigitte Lahaie note une montée de l'individualisme et de l'anxiété. Elle fustige le zapping permanent et le besoin de « remplir un vide abyssal » par le numérique. Pour elle, le bonheur nécessite de réapprendre la lenteur : « Ralentir c'est aussi une condition du bonheur. C'est même essentiel pour profiter pleinement d'un moment ». 

Concernant les relations de couple, elle préfère substituer le concept de loyauté à celui de fidélité, s'interrogeant sur ce que l'on met réellement derrière l'acte sexuel : « Est-ce que c'est plus grave d'avoir une relation d'un soir ou d'avoir son meilleur ami à qui on raconte tout plutôt que sa partenaire ? ». En fin de compte, son message reste une invitation à l'authenticité et à la réconciliation, car si l'on n'est pas en paix avec soi-même, on finit irrémédiablement par chercher des « boucs émissaires ».

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