C'est un mini-tremblement de terre qu'a ressenti hier Roland Garros. En marge du tirage au sort du tournoi qui débutera officiellement ce dimanche avec le 1er tour, les meilleurs joueurs et joueuses mondiaux ont réitéré leurs menaces de boycott des 4 Majeurs du Grand Chelem si leur prize money n'est pas revalorisé proportionnellement aux gains générés.
Afin de mettre une pression maximale sur les organisateurs, ils ont décidé aujourd'hui que leurs échanges avec la presse internationale dans le cadre du Media Day n'excéderont pas les 15 minutes chrono.
Une « injustice » à réparer
Depuis début mai et la prise de parole de la 1ère joueuse au classement WTA, Aryna Sabalenka, cette fronde anti-Grand Chelem ne cesse d'enfler dans le monde du tennis. Et aujourd’hui, le gratin mondial commence à dérouler très concrètement son plan d'action. Mais jusqu’où peut-il aller ?
Si l’idée du boycott est nouvelle, les revendications sur le pourcentage distribué aux joueurs lors des tournois du Grand Chelem font réagir depuis plusieurs années déjà. Avec comme meneur de la fronde, un Novak Djokovic - plus discret cette fois-ci – qui a constamment lutté contre ce que la première joueuse mondiale nomme « l’injustice ».
Sabalenka : « Nous méritons d'être mieux payés »
Mais depuis un mois, les déclarations s’enchaînent et s'intensifient : « Nous faisons le show. Sans nous, il n'y aurait pas de tournois, pas de divertissement, je pense que nous méritons d'être mieux payés », a déclaré Sabalenka.
Sinner, lui, parle de « respect » : « Je pense que nous donnons beaucoup plus que ce que nous recevons. » Mais, au-delà des déclarations publiques, les joueurs veulent construire « un partenariat plus collaboratif avec les Grands Chelems ». C’est du moins ce qu’ils signifiaient dans une lettre consignée par de nombreux joueurs en avril 2025.
Combien d’argent vont toucher les joueurs ?
La dotation globale de Roland-Garros, cette année, s’élève à 61,7 millions d’euros, soit presque 10 % de plus qu’en 2025. Cela signifie qu’un joueur qui participe et qui perd au premier tour gagne 87 000 euros. Le gagnant, lui, remporte 2,8 millions d’euros et le finaliste la moitié.
Malgré tout, le tournoi parisien est celui qui paie le moins des 4 Majeurs. L'an passé, la dotation de l’US Open s'élevait à 77 millions d’euros, soit 4,3 millions d’euros pour le vainqueur. Alors, avec de telles sommes astronomiques, difficile de comprendre les revendications des joueurs et joueuses.
Un pourcentage de revenus trop faible ?
Ils ont pourtant bien un argument massue à faire valoir. Sur l’ensemble des gains générés par le tournoi de Roland-Garros soit plus de 400 millions d'euros, moins de 15 % seulement est redistribué aux joueurs et joueuses. Ces derniers souhaitent donc que l’ensemble des tournois du Grand Chelem s’alignent sur 22 % de redistribution.
Les joueurs déplorent aussi la faiblesse des augmentations : 10 % de plus de 2025 à 2026 alors que l’année dernière, Roland-Garros a augmenté ses bénéfices de 14 %.
Des revendications peu compréhensibles pour certains anciens joueurs
L’organisation du Grand Chelem français dit être « prête à un dialogue direct et constructif », même si la dotation du tournoi ne va pas augmenter cette année, selon la directrice Amélie Mauresmo. La Fédération française de tennis (FFT) participe activement à la discussion et avance un chiffre marquant. Depuis 2019, la dotation pour les joueurs a augmenté de « 45 % ».
Ces réclamations des joueurs hérissent a fortiori le poil de certains anciens joueurs, notamment Guy Forget ou Fabrice Santoro. Ce dernier explique, au micro de Tennis Actu, que les joueurs devraient plutôt lutter pour que « 300, 400, 500 joueurs » puissent pratiquer et vivre correctement du tennis.