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« Un décès par noyade par jour » : l’alerte rouge sur les baignades interdites dans les fleuves et rivières

GROS PLAN SUD RADIO - À l’approche d’un week-end de Pentecôte où les températures pourraient dépasser les 30°C par endroits, ''Voies Navigables de France'' relance sa campagne de prévention contre la baignade sauvage. Alors que 169 personnes se sont noyées dans des cours d’eau ou plans d’eau l'été dernier, l’établissement public veut alerter sur des dangers sous-estimés : courants invisibles, phénomènes d’aspiration, collisions avec les bateaux ou obstacles immergés.

« Un décès par noyade par jour » : l’alerte rouge sur les baignades interdites dans les fleuves et rivières
(Photo by Fiona Goodall/Getty Images) (Photo by Fiona GOODALL / GETTY IMAGES ASIAPAC / Getty Images via AFP)

Chaque année, les premiers épisodes de chaleur poussent des milliers de personnes vers les rivières, les canaux et les fleuves pour tenter de se rafraîchir. Un réflexe qui inquiète particulièrement l’organisme ''Voies Navigables de France'' (VNF) à l’approche de l’été 2026, d'autant que ce week-end de Pentecôte s'annonce estival. « Le message principal, c’est que la baignade dans les canaux, les fleuves et les rivières peut être dangereuse », rappelle Jean Niquet, porte-parole de VNF Sud-Ouest.

L’établissement public gère près de 6 700 kilomètres de voies navigables en France. Un réseau immense, conçu avant tout pour le transport fluvial et la circulation de l’eau, mais qui attire de plus en plus de baigneurs lorsque le mercure grimpe.

Des voies navigables conçues pour le transport, pas pour la baignade

Au cours de l’été dernier - classé parmi les plus chauds depuis 1900 - une forte hausse des noyades a été enregistrée. Selon Santé publique France, 409 personnes sont mortes par noyade entre juin et septembre, dont 169 dans des cours d’eau ou des plans d’eau, dont 33 mineurs. « Cela représente environ une personne qui meurt chaque jour sur cette période estivale », explique Jean Niquet. Plus largement, 58 % des noyades mortelles chez les jeunes surviennent en milieu naturel.

Contrairement à l’image parfois paisible des canaux ou des fleuves, ces espaces restent des infrastructures techniques particulièrement dangereuses. « Nous gérons des voies navigables dans lesquelles on transporte de l’eau pour différents usages », explique Jean Niquet. Navigation commerciale, tourisme fluvial, péniches-hôtels, irrigation agricole ou alimentation en eau potable : ces réseaux remplissent de nombreuses fonctions qui créent des risques permanents pour les nageurs.

Les bateaux et mouvements d'eau : les premiers dangers

Le premier danger reste la circulation des bateaux. Comme sur une route, les embarcations disposent d’une visibilité limitée et « ne peuvent pas s’arrêter rapidement. La décélération est très lente », souligne le porte-parole de VNF. La présence de baigneurs dans les chenaux navigables expose donc à d’importants risques de collision.

À cela s’ajoutent les mouvements d’eau liés au fonctionnement hydraulique des infrastructures. Les écluses, les barrages ou les pompages agricoles peuvent provoquer des phénomènes d’aspiration extrêmement puissants. « Près d’une écluse, on peut être aspiré », avertit Jean Niquet.

Véhicules, vélos, blocs de béton : ces pièges invisibles sous l’eau

Il explique également qu’un des principaux pièges de la baignade sauvage réside dans le faux sentiment de sécurité qu’offrent certains canaux. Peu profonds, ils paraissent moins dangereux que la mer ou certains lacs. Pourtant, cette faible profondeur peut devenir mortelle. « Des déchets sont parfois jetés. Cette eau peut provoquer de graves blessures », rappelle Jean Niquet évoquant des véhicules abandonnés, des vélos, des pieux ou des blocs de béton comme dangers invisibles pour les plongeurs.

Les sauts depuis les ponts figurent également parmi les comportements les plus à risque. Entre la profondeur insuffisante et l’eau trouble, les blessures graves sont fréquentes. Les berges compliquent également les secours. « Une personne qui se met en difficulté ne peut pas toujours sortir facilement », explique le porte-parole de VNF. Souvent glissantes et difficiles d’accès, elles rendent les sorties de l’eau particulièrement compliquées. À cela s’ajoutent certains courants, zones d’aspiration ou végétations aquatiques capables de piéger les nageurs et de provoquer des mouvements de panique.

Logique de prévention et opérations de sensibilisation

Pour VNF, cette surreprésentation s’explique par la recherche de lieux de baignade improvisés lors des fortes chaleurs, mais aussi par une méconnaissance des dangers réels des voies navigables. La campagne « #CoulePasTonEté » cible donc prioritairement les adolescents et jeunes adultes, ainsi que leurs parents.

Sur le terrain, les agents de VNF multiplient les opérations de sensibilisation le long des canaux et des rivières. Les équipes interviennent lors de contrôles liés à la navigation ou à l’entretien des ouvrages pour rappeler les risques aux baigneurs rencontrés. « L’objectif n’est pas la sanction », insiste toutefois Jean Niquet. « Nous sommes vraiment dans une logique de prévention avant tout ».

Un enjeu de santé publique

Au-delà du risque immédiat de noyade, les autorités sanitaires alertent également sur les conséquences sanitaires liées aux baignades non encadrées. La chaleur favorise le développement de bactéries, d’amibes ou de cyanobactéries pouvant provoquer gastro-entérites, infections neurologiques ou leptospirose.

Le message de VNF est donc simple : privilégier les zones de baignade aménagées et surveillées plutôt que les canaux, fleuves ou barrages. « Ne te mets pas en danger en allant te baigner dans des endroits qui ne sont pas faits pour ça », résume Jean Niquet.

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