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"On veut relancer l'industrie automobile en Europe, mais ce n'est pas une aide aux taxis"

DÉCRYTAGE SUD RADIO - Face à la flambée des prix de l’énergie liée à la guerre au Moyen-Orient, le gouvernement annonce une nouvelle aide destinée aux chauffeurs de taxi. À partir d’octobre 2026, ils pourront bénéficier d’un soutien renforcé pour l’achat de véhicules électriques.

"On veut relancer l'industrie automobile en Europe, mais ce n'est pas une aide aux taxis"
Julie SEBADELHA - AFP/Archives

Cette mesure s’inscrit dans une double logique : atténuer l’impact de la hausse du carburant sur la profession et accélérer la transition écologique du secteur. Mais sur le terrain, les représentants des taxis dénoncent une réponse largement insuffisante.

Les taxis pris en étau par la hausse du carburant

La crise énergétique, aggravée par la guerre au Moyen-Orient, continue de peser lourdement sur les professionnels de la route. Les chauffeurs de taxi figurent parmi les plus exposés, en raison de leur forte dépendance au carburant. Depuis plusieurs mois, les coûts explosent, rognant directement les marges des artisans comme des petites entreprises. Selon les représentants du secteur, la facture supplémentaire atteint désormais plusieurs centaines d’euros par mois. Dans ce contexte, le gouvernement a décidé de renforcer les dispositifs existants. Une aide à l’achat de véhicules électriques sera ainsi élargie à partir d’octobre, avec un plafond relevé pour mieux correspondre aux modèles utilisés par les taxis.

Une aide jugée inadaptée par la profession

Si cette annonce va dans le sens d’une modernisation du parc automobile, elle suscite de vives critiques. Le président de la Fédération nationale des artisans taxis, Bernard Crébassa, dénonce au micro de Sud Radio une mesure déconnectée des réalités économiques du terrain :

"Aujourd'hui, vous parlez à un chef d'entreprise ni aidé, ni soulagé. À aucun moment je considère que c'est une aide aux entreprises aujourd'hui. L'aide aux grands rouleurs va passer à 100 euros, c'est très bien. Ça va, ça ne prend en compte que nos artisans, et ça ne prend pas en compte nos salariés, qui sont au-dessus du seuil requis pour pouvoir en bénéficier, puisqu'il faut toucher moins de 1.500 euros net. Aucun de nos salariés avec une convention collective à plein temps est à 1.500 euros par mois aujourd'hui. Pour les entreprises, 100 euros, je dirais que c'est rien du tout, puisqu'on est à 1.600 euris par trimestre aujourd'hui de carburant en plus par rapport à il y a trois mois. On sort les entreprises de l'eau avec une épuisette."

Une transition écologique encore difficile

L’élargissement de l’aide à l’achat de véhicules électriques constitue néanmoins une évolution attendue. Jusqu’ici, les plafonds excluaient de nombreux modèles adaptés au transport de passagers.

"Il ne faut pas oublier que cette aide existe déjà. Sauf qu'elle était plafonnée avec des véhicules à 47.000 euros qui correspondaient pas au marché du taxi, ni au transport de personnes. Donc là, on passe sur des véhicules à tarif plus élevé. On verra quels véhicules sont éligibles, puisque j'ai cru comprendre qu'il fallait que le véhicule soit fabriqué en Europe avec des batteries européennes. Si on veut relancer l'industrie en Europe, c'est la bonne solution. Mais là, parlons des bonnes choses : on veut relancer l'industrie en Europe, ce n'est pas une aide aux taxis", estime Bernard Crébassa dans "Sud Radio C'est à la une".

Pour les professionnels, la priorité reste toutefois la baisse immédiate des coûts du carburant, jugée indispensable pour préserver l’activité. "J'entends un ministre de l'Économie qui nous explique que c'est n'est pas possible. Quand on vend un carburant trop cher, on comprend que le Français ne l'achète plus. Les achats de carburant ont baissé de 30%. Baissez le prix, et vous verrez que les gens reconsomment. Vous l'entendez tous les jours : quand c'est trop cher, on ne consomme plus", lance Bernard Crébassa au micro de Sud Radio.

Retrouvez "C'est à la Une" chaque jour à 7h10 dans le Grand Matin Sud Radio avec Maxime Lledo

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