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Gianni Infantino, le président de tous les excès qui fait vaciller la FIFA

GROS PLAN SUD RADIO - Ingérence de Donald Trump dans l'affaire Balogun, arbitre somalien refoulé, supporters privés de visas, sélection iranienne sous surveillance, bilan carbone explosif, trio arbitral argentin controversé, plaintes déposées au CIO et à la FIFA : à chaque jour suffit une nouvelle polémique pour le président de la FIFA durant cette Coupe du monde, Gianni Infantino. Retour sur une accumulation de scandales qui interroge la gouvernance de la plus haute instance du football.

Gianni Infantino, le président de tous les excès qui fait vaciller la FIFA
Sam Hodde - GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives

Une Coupe du monde qui aurait dû célébrer le grand retour du football mondial sur le sol américain s'est transformée, au fil des semaines, en une succession de crises pour la FIFA et Gianni Infantino. Ingérence présidentielle, refoulements aux frontières, restrictions de visas, envolées en jet privé et soupçons de trucage sur l'arbitrage : jamais un président de la FIFA n’a été au centre d’autant de polémiques en aussi peu de temps. Derrière chaque scandale, une même question revient avec insistance : celle de la gouvernance de Gianni Infantino et de sa supposée soumission à Donald Trump et son gouvernement.

Infantino muet dans l’affaire Omar Artan 

Tout a commencé avant même le coup d’envoi du Mondial avec l'arbitre somalien Omar Artan. Désigné meilleur arbitre africain de l'année 2025 et retenu parmi les 52 officiels de la compétition, il s'est vu refuser l'entrée sur le sol américain à son arrivée à l'aéroport de Miami, alors qu'il assurait disposer d'un visa en règle. 

Un responsable du département d'État américain a justifié ce refoulement en évoquant des liens supposés avec des personnes soupçonnées d'appartenir à des organisations terroristes. Interrogé en conférence de presse, Gianni Infantino a botté en touche, sans défendre une seconde son arbitre. "C'est malheureux ce qui lui est arrivé mais nous ne contrôlons pas tout", a-t-il déclaré, rappelant que la FIFA n'a pas vocation à s'immiscer dans la politique migratoire du pays hôte

Le scandale des visas

Mais Omar Artan n’est pas le seul à avoir manqué ce rendez-vous. Plusieurs délégations, officiels et supporters se sont heurtés à des refus de visa ou à des procédures administratives particulièrement longues, notamment dans les pays africains ou du Moyen-Orient. Ces difficultés ont relancé le débat sur le choix des pays hôtes et sur la capacité de la FIFA à garantir un accès équitable à sa compétition phare, alors même que l'organisation promet régulièrement une Coupe du monde "ouverte à tous".

Le cas de la République démocratique du Congo, de retour en Coupe du monde après 52 ans d'absence, illustre à lui seul l'ampleur du problème des visas. La RDC afficherait le taux de refus de visa le plus élevé de toute l'Afrique, avec plus de 96 % de demandes rejetées. Et là encore, Gianni Infantino et la FIFA n’ont pas désapprouvés.

L'Iran, otage du contexte géopolitique

Les relations extrêmement tendues entre Washington et Téhéran depuis la guerre au Moyen-Orient ont également pesé sur le déroulement de la compétition au point que l'incertitude a longtemps entouré la participation de la sélection iranienne. Si les joueurs et le staff ont finalement obtenu les autorisations nécessaires pour entrer sur le territoire américain, les difficultés ne se sont pas arrêtées là. Plusieurs membres de la délégation iranienne, parmi lesquels le président de la fédération Mehdi Taj, se sont vu refuser leur visa. La Fédération iranienne a également dénoncé une réduction de son quota de billets, pourtant garanti par le règlement de la FIFA à chaque nation qualifiée.

La tension est encore montée d'un cran après le premier match de l'Iran face à la Nouvelle-Zélande. Les dirigeants iraniens ont dénoncé des conditions logistiques qu'ils jugent pénalisantes, expliquant que leur sélection n'avait été autorisée à rejoindre Los Angeles qu'à la veille de la rencontre avant d'être contrainte de regagner immédiatement son camp de base, installé au Mexique. Estimant que ces contraintes, ajoutées aux refus de visas, portent atteinte à l'égalité de traitement entre les équipes qualifiées et compliquent leur préparation sportive, la Fédération iranienne a annoncé son intention de déposer une plainte officielle auprès de la FIFA.

Un bilan carbone qui vire au drame écologique

Coorganisée par les États-Unis, le Mexique et le Canada, cette Coupe du monde impose des déplacements permanents aux dirigeants de la FIFA. Selon des données relayées par la BBC, Gianni Infantino avait assisté, au 1er juillet, à 24 matches dans 16 villes différentes depuis le coup d'envoi, parcourant plus de 50 000 kilomètres en deux semaines à bord de son jet privé.

Un total équivalent, à lui seul, au bilan carbone annuel de soixante-dix-huit personnes, le tout à mi-parcours dans cette Coupe du monde. Une consommation difficilement défendable pour le patron d'une institution qui met régulièrement en avant ses engagements en matière de développement durable.

L'affaire Balogun, symbole d'une FIFA sous contrôle

La polémique la plus retentissante du tournoi, pour l’instant, est née d'un simple appel téléphonique. Donald Trump a lui-même affirmé être intervenu auprès de Gianni Infantino pour obtenir l'annulation du carton rouge infligé à l'attaquant américain Folarin Balogun, lui permettant ainsi de disputer le huitième de finale face à la Belgique. Le président de la FIFA a finalement accepté de rouvrir le dossier, une manœuvre inédite dans l’histoire de la Coupe du monde, voire du football.

Face au tollé, Gianni Infantino s'est limité à un bref communiqué, expliquant recevoir régulièrement des appels « de chefs d'État, de responsables gouvernementaux, d'acteurs du monde du football et de dirigeants d'entreprises du monde entier sur de nombreux sujets différents ». Le Suisse a également expliqué qu’il n’avait pas décidé de suspendre ce carton rouge mais qu’un conseil « indépendant » s’en était chargé. Une justification qui n’a convaincu personne, au point que Le Telegraph aille jusqu’à réclamer sa démission.

Arbitrage : l'Argentine favorisée par Infantino ?

Si la liste est déjà longue, les controverses n’épargnent pas le terrain. Après l'élimination de l'Égypte face à l'Argentine en huitième de finale, la Fédération égyptienne a officiellement saisi la FIFA afin de contester la prestation de l'arbitre français François Letexier. Elle réclame l'ouverture d'une enquête et demande qu'il ne soit plus désigné pour le reste de la compétition, dénonçant plusieurs décisions litigieuses, dont un but refusé après intervention de la VAR. 

La tension est encore montée d'un cran avec la nomination d'un corps arbitral 100 % argentin, pour le quart de finale entre la France et le Maroc. Un choix inédit durant ce Mondial qui a alimenté les interrogations de favoritisme pour l’Albiceleste, figurant parmi les principaux concurrents des Bleus dans la course au titre. Pour rappel, l’Argentine avait déjà été visée par des accusations de favoritisme après une semelle de Lionel Messi contre l’Algérie qui aurait, pour beaucoup value un carton rouge à la plupart des joueurs.

Des plaintes en cascade, jusqu'au CIO

Au-delà du terrain, c'est bien la gouvernance de Gianni Infantino qui est aujourd'hui attaquée. L'ONG de défense des droits humains FairSquare a annoncé saisir la commission d'éthique du Comité international olympique d'une plainte contre le dirigeant, l'accusant de « violations répétées de la neutralité politique » auquel il s'est pourtant engagé en tant que membre du CIO.

L'organisation pointe notamment sa présence remarquée au Conseil de la paix organisé par Donald Trump en février dernier, ou encore la remise d'un Prix FIFA de la paix au président américain en décembre 2025, qui avait déjà valu à la FIFA d'être interpellée par cinquante eurodéputés et par la Fédération norvégienne de football.

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