1958 - Demi-finale : France 2-5 Brésil
Coupe du monde 1958 en Suède. La France de Kopa et Fontaine arrive en demi-finale portée par un football offensif inédit. À Göteborg, elle affronte un Brésil en pleine métamorphose, mené par Pelé, 17 ans. Fontaine ouvre son compteur du jour, mais la blessure de Jonquet fracture la défense française. Pelé signe un triplé, Vavá ajoute son empreinte, et le Brésil déroule. L’enjeu est immense : une première finale mondiale. Le match devient un choc de styles, un passage de témoin entre une France brillante mais fragile et une Seleção qui s’apprête à dominer le monde. Une défaite fondatrice, presque initiatique.
1982 - Demi-finale : France 3-3 RFA
Coupe du monde 1982. Séville, 8 juillet 1982 : une nuit qui marque à jamais la mémoire collective. Le “carré magique” Platini–Giresse–Tigana–Fernandez impose son tempo, mais le drame surgit lorsque le gardien de but Schumacher percute viollement Battiston, laissé inconscient, et qui sortira sur une civière. Sans sanction, pas même un carton jaune. Les Bleus, transcendés, mènent 3-1 en prolongation grâce à Trésor et Giresse. La France y croit, se voit déjà en finale. Mais Fischer et Rummenigge ramènent la RFA. Aux tirs au but, Six puis Bossis échouent. Fin du rêve d'une première finale mondiale et rehgrets éternels. Un chef d’œuvre brisé net. Une injustice devenue mythe national.
1986 - Quart de finale : France 1-1 Brésil (4-3 t.a.b.)
Coupe du monde 1986 au Mexique. Sous la chaleur écrasante de Guadalajara, deux écoles s’affrontent : le Brésil romantique de Zico et Sócrates contre la France technique de Platini. Careca ouvre le score, Platini égalise avant la pause. En seconde période, Zico manque un penalty décisif, Bats repousse. La prolongation est un duel de nerfs, Tigana y brille. Aux tirs au but, Sócrates échoue, Platini aussi, mais Bellone marque malgré un rebond sur le poteau. Fernandez conclut et expédie la France en demi-finales. Une bataille d’esthètes, un sommet absolu.

1998 - Demi-finale : France 2-1 Croatie
Coupe du monde 1998 en France. Le 8 juillet 1998, le Stade de France tremble. Šuker, futur Soulier d’or, ouvre le score dès la reprise. Une minute plus tard, Thuram, défenseur muet jusque là, égalise d’un tir croisé. Puis, dans un geste presque irréel, il marque encore, après une récupération haute. Son unique doublé en Bleu en 142 sélections, au moment le plus capital. La France, solide derrière Blanc et Desailly, rejoint sa première finale mondiale et prolonge l'idée du rêve d'écrire l’histoire à domicile en décrochant sa première étoile. Un héros inattendu, une nation en apnée qui y croit dur comme fer.
1998 - Finale : France 3-0 Brésil
Coupe du monde 1998 en France. Le 12 juillet 1998 au Stade de France, la France bascule dans une autre dimension. Ronaldo, victime d’un malaise avant le match, est diminué. Zidane, lui, est incandescent : deux coups de tête sur corner, deux éclairs qui crucifient la Seleção. Barthez rassure, Desailly verrouille, Petit parachève le triomphe dans les arrêts de jeu. Et 1, et 2 et 3-0. Et surtout, la première étoile. Pour l'éternité. Une démonstration collective, presque clinique. Et le : un pays entier qui chavire, une équipe qui devient légende.

2006 – Quart de finale : France 1-0 Brésil
Coupe du monde 2006 en Allemagne. Le 1er juillet 2006, la France affronte le Brésil de Ronaldinho, Kaká et Ronaldo. Mais Zidane, en état de grâce et plus brésilien que jamais, orchestre un récital. Il domine techniquement, ralentit le jeu, dicte chaque tempo. Sur un coup franc millimétré, il trouve Henry au second poteau, qui crucifie la Seleção. Les Bleus, portés par Vieira et Makelele, tiennent jusqu’au bout et prolonge le bail d'une partie de la génération 1998-200. Zidane est au sommet de son art. Son dernier acte de magie.
2006 - Finale France : 1-1 Italie (5-3 t.a.b.)
Coupe du monde 2006 en Allemagne. Berlin, 9 juillet 2006. Zidane ouvre le score d’une panenka magistrale, geste d’un maître, insensé, inouï et jamais-vu dans l'histoire de la Coupe du monde. Materazzi égalise de la tête, puis provoque Zidane qui pète les plombs et lui donne un coup de boule. La sentence est irrévocable : carton rouge, expulsion alors que les Bleus semblaient avoir la main sur cette finale et dernier match international pour l'idole. A 10, les Bleus, héroïques, tiennent malgré tout jusqu’aux tirs au but, mais Trezeguet frappe la barre. Le rêve d'une seconde étoile s'éteint après un duel étouffant, tactique, presque oppressant, marqué à jamais par l’adieu sportif tragique de Zidane.

2018 - Huitième de finale : France 4-3 Argentine
Coupe du monde 2018 en Russie. Le 30 juin, la France affronte l'Argentine de Messi dans un match devenu mythique. Griezmann ouvre le score sur penalty, Di María égalise d’une frappe lointaine, Mercado donne l’avantage. Puis Mbappé déclenche un ouragan : accélération folle qui transperse le terrain et provoque un penalty. Puis deux buts en quatre minutes et Pavard qui signe une volée historique, élue plus beau but du tournoi. Les Bleus étouffent les Argentins et voient l’avènement en mondovision d'un prodige de 19 ans nommé Kylian Mbappé.
2018 - Finale France : 4-2 Croatie
Coupe du monde 2018 en Russie. Le 15 juillet à Moscou, la France affronte la Croatie. Mandžukić marque contre son camp, Perišić égalise, puis concède un penalty transformé par Griezmann. Pogba creuse l’écart, Mbappé parachève le triomphe. Lloris offre même un but gag aux Croates, mais la France maîtrise et décroche sa seconde étoile à l'issue d'une finale électrique, rythmée, spectaculaire. La génération Griezmann-Pogba-Lloris-Kanté est au sommet, Deschamps rejoint Zagallo dans la légende.
2022 - Finale France : 3-3 Argentine (2-4 t.a.b.)
Coupe du monde 2022 au Qatar. Le 18 décembre, l’Argentine domine outrageusement une France méconnaissable et amorphe. Messi ouvre le score, Di María double la mise. À dix minutes de la fin, Mbappé surgit : penalty, puis reprise fulgurante une minute plus tard. La France recolle miraculeusement au score. En prolongation, Messi marque, Mbappé égalise encore pour un triplé historique en finale de Coupe du monde. Un match fou, dingue même ! Mais aux tirs au but, c'est l'Argentine qui aura le dernier mot à l'issue d'une finale dantesque. La troisième étoile attendra.