Ayyoub Bouaddi, le crève-cœur des Bleus
Né en 2007 à Senlis, à une heure au nord de Paris, Ayyoub Bouaddi, 18 ans, est un pur produit du centre de formation du LOSC, où il fait ses débuts professionnels dès 16 ans. Convoqué dans toutes les catégories de jeunes de l'équipe de France (27 sélections), jusqu'à en devenir le capitaine des moins de 21 ans à seulement 17 ans, il semblait promis à un avenir en Bleu.
Zinedine Zidane, futur sélectionneur des Bleus après le Mondial, l'aurait même appelé personnellement pour le convaincre de patienter. Mais en mai 2026, la Fédération royale marocaine annonce que la FIFA a validé son changement de nationalité sportive. Une perte que le directeur technique national français Hubert Fournier qualifie de « revers significatif » pour la fédération. Depuis, Bouaddi s'est imposé comme titulaire indiscutable au milieu du jeu marocain.
Neil El Aynaoui, le Nancéien oublié par la France
Fils du tennisman Younès El Aynaoui, ancien 14e joueur mondial, Neil El Aynaoui naît en 2001 à Nancy avant de passer une partie de son enfance en Espagne, où son père poursuit sa carrière. De retour en Lorraine à 8 ans, il rejoint les équipes de jeunes de l'AS Nancy-Lorraine, où il est formé jusqu'à sa signature chez les pros en 2021. Contrairement à Bouaddi, le milieu de terrain n'a jamais porté le maillot des équipes de France jeunes.
Jamais convoqué par la Fédération française malgré son éligibilité, il rejoint directement la sélection olympique marocaine en septembre 2023. Passé par le RC Lens puis l'AS Roma, il dispute son premier match avec les A du Maroc en septembre dernier avant d’atteindre la finale de la CAN en janvier, à domicile.
Issa Diop, le champion d'Europe U19, fraîchement Marocain
Né en 1997 à Toulouse d'un père sénégalais et d'une mère française d'origine marocaine, Issa Diop est formé dans la ville rose, qu'il rejoint à neuf ans et quitte en 2018 pour l’Angleterre. Véritable patron des équipes jeunes des Bleus, il compte 40 sélections entre les U16 et les espoirs et remporte surtout l’Euro des moins de 19 ans en 2016, avec un but en finale, aux côtés de... Kylian Mbappé et Marcus Thuram, ses adversaires du soir chez les Bleus.
Longtemps inflexible sur son choix de représenter la France ou aucune autre sélection, le défenseur de Fulham finit par se tourner vers le Maroc en mars 2026 en vue de la Coupe du monde, sans avoir été appelé une seule fois par Didier Deschamps. Il honore sa première sélection le 27 mars dernier contre l'Équateur et devient l'un des héros du Mondial marocain en égalisant de contre les Pays-Bas à la 91e minute, en seizièmes de finale.
Samir El Mourabet, le rescapé du futsal
Né en 2005 à Strasbourg d'un père d’origine marocaine et d'une mère française, Samir El Mourabet est écarté du centre de formation du Racing en raison de problèmes de poids en 2017 avant de se relancer en futsal. Il est convoqué en équipe de France U19 de futsal en 2022, mais retiré de la liste avant la compétition sans avoir joué.
Il se relance à onze au Racing Mutest Académie à 17 ans puis réintègre l’effectif strasbourgeois, en réserve, change de nationalité sportive en 2023 et rejoint les moins de 20 ans marocains. Depuis 2024, il a intégré l’effectif professionnel alsacien et reçoit, un an plus tard, sa première convocation en A avant d’honorer, lui aussi, sa première sélection contre l'Équateur.
Gessime Yassine, ramasseur de balles au Vélodrome
Né en 2005 à Salon-de-Provence, Gessime Yassine grandit à Avignon, rêve de l'Olympique de Marseille et devient ramasseur de balles au Vélodrome. Son parcours de formation passe par plusieurs clubs amateurs du Vaucluse et des Bouches-du-Rhône (Montfavet, Morieres, Thoroise, Avignon), rejoint Istres, puis Marignane et signe pro à Istres où il joue deux matchs avant de signer à Dunkerque puis à Strasbourg en 2026.
Jamais convoqué en équipe de France de jeunes, il choisit le Maroc dès 2024, avec lequel il devient champion du monde U20 en 2025. En inscrivant son premier but en sélection contre Haïti, il devient, à 20 ans et 213 jours, le plus jeune buteur de l'histoire du Maroc en phase finale de Coupe du monde.
Redouane Halhal, le Montpelliérain de la Paillade
Natif de Montpellier en 2003, Redouane Halhal grandit à la Paillade avant d'intégrer le centre de formation du MHSC en 2015, où il évolue jusqu'en 2023. Sans sélection en équipe de France de jeunes, il représente le Maroc dès les moins de 20 ans à partir de 2022. Il s’engage ensuite à l'Atlético Madrid puis au KV Malines en Belgique, avec un prêt aux Pays-Bas.
Convoqué pour la première fois avec les A marocains en mars dernier, il pourrait débuter le quart de finale contre la France en cas de forfait confirmé de Chadi Riad.
Amine Sbaï, de la National 3 à la Coupe du monde
Seul de ce groupe à être né au Maroc en 2000, Amine Sbaï grandit à Nîmes, dans les pas de son frère aîné Salaheddine, lui aussi international marocain (1 sélection). Écarté du centre de formation du Nîmes Olympique en 2016 faute de gabarit suffisant, il redémarre en National 3 avec Alès, puis passe par Sète, avant de percer en Ligue 2 à Grenoble. Il s’envole ensuite pour une pige en Arabie saoudite à Al-Fateh avant de revenir dans l’Hexagone, à Angers.
Jamais appelé pour le Maroc, y compris chez les jeunes, il est appelé in extremis en juin dans la liste des 26 pour remplacer le blessé Ez Abde.