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"C'est un désastre, tout est cramé" : le choc pour les habitants de retour dans leurs villages incendiés dans les Pyrénées-Orientales

Par Christine Bouillot

REPORTAGE SUD RADIO - Alors que l'incendie qui ravage les Pyrénées-Orientales depuis samedi soir n'est toujours pas fixé, certains habitants ont enfin été autorisés à regagner leur domicile. Si plusieurs maisons ont été épargnées, les paysages alentours sont dévastés.

LIONEL BONAVENTURE - AFP

Après plusieurs jours d'évacuation et d'angoisse dans les Pyrénées-Orientales, le préfet a autorisé les habitants d'une dizaine de communes à regagner leur domicile. Une décision prise alors que l'incendie, qui a déjà détruit 5 000 hectares depuis samedi soir, n'est toujours pas fixé. Malgré six reprises de feu maîtrisées mardi, 450 sapeurs-pompiers restent mobilisés sur le terrain.

"Je suis partie en catastrophe"

À Corbère, Théo, Fanny et leur fils de trois ans ont retrouvé leur maison intacte. Mais autour d'eux, le paysage est méconnaissable : "C'est un désastre, tout est cramé, tous les champs, les maisons. Quand c'est les autres, on se dit 'les pauvres', mais quand ça arrive à nous, c'est impressionnant", racontent-ils au micro de Sud Radio.

À 78 ans, Joseph a lui aussi retrouvé son habitation. Sa priorité a été de nettoyer les traces laissées par le feu : "J'ai tout nettoyé, j'ai arrosé le devant de la maison. Il y avait de la cendre partout."

Des habitants toujours privés de leur domicile

Si certains ont pu rentrer, d'autres attendent encore le feu vert des autorités. À Ille-sur-Têt, où l'accès reste interdit depuis cinq jours, Joanna n'a été autorisée à revenir que quelques minutes pour récupérer des médicaments : "Quand je suis partie, je suis partie en catastrophe. Je suis chez ma mère, je n'avais rien, j'avais la même tenue depuis une semaine sous 40 degrés."

Avant d'entrer dans son logement, elle s'est équipée d'un masque : "Il n'y a pas le choix. J'ai pris un masque, je n'ai pas fait l'inconsciente." Les autorités demandent d'ailleurs aux habitants de porter des gants et un masque FFP2 pour nettoyer les habitations, en raison des cendres et des particules déposées par l'incendie.

Des consignes pas toujours respectées

Pour autant, malgré les ordres d'évacuation, plusieurs habitants ont choisi de rester dans leur village. C'est le cas d'Alexandre, qui assume pleinement sa décision : "C'est notre village. Ma grand-mère de 96 ans est restée ici. C'était compliqué de la sortir. Je trouvais difficile de laisser tomber ces dix dernières années de vie en espérant que les pompiers réussissent à sauver le village."

La puissance de ces incendies qui se multiplient partout dans l'Hexagone ces derniers jours n'est pas sans conséquence. Un drame est venu endeuiller les sapeurs-pompiers, puisqu'un volontaire de 22 ans est décédé en Savoie après avoir chuté dans un ravin lors d'une intervention.

Le porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, Éric Brocardi, a rendu hommage au jeune homme et à l'ensemble des soldats du feu mobilisés.

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